L'église Santa Maria Assunta de Villadossola
Selon la page du site Internet « Chiese
Romaniche e Gotiche del Piemonte »
consacrée à cette église, page écrite en italien
et obtenue en français par un programme de traduction
automatique :
« Période prédominante :
IXe siècle.
Généralités :
Ensemble composé de deux églises superposées, la plus
basse ensevelie par une inondation très ancienne. Les
travaux d’excavation ont mis au jour les murs extérieurs
des absides inférieures divisées en panneaux par des
pilastres avec des paires d’arcs suspendus
(arcatures lombardes)
et des fenêtres à une seule lancette. L’église supérieure
a une seule nef avec deux absides.
À l’intérieur : dans
l’abside orientale, des fresques du XIIIe
siècle représentant des apôtres au-dessus desquels, dans
l’abside, le Christ bénit. À la base de l'autre abside,
des fresques du XIVe siècle représentant des
scènes champêtres dont un chevalier en armes chargé de
surveiller la moisson du blé.
Clocher : roman.
Crypte : à deux
absides. En fait, l’église inférieure est accessible par
une porte extérieure située sous la sacristie, puis par un
court couloir. Elle remonte probablement au IXe
siècle et se compose de deux très petites salles couvertes
d’une voûte et prolongées par des absides semi-circulaires
décorées de fresques du XVe siècle (ou XIIIe-XIVe
siècles). »
Nous n'avons pas visité ce monument. Les images ci-dessous
sont extraites d'Internet.
Nous avons malheureusement peu d'images de l'ensemble. Il
semblerait que les photographies des images
1 et 2 soient relativement récentes car des
photographies un peu plus anciennes ne font pas apparaître
l'étage inférieur de l'église où se trouve la crypte.
L'église apparaît très décentrée, réduite à son seul chevet.
Très probablement, d'importants restes de la partie ancienne
sont enterrés. Le texte ci-dessus parle d'un enfouissement
dû à une inondation mais nous pensons que plusieurs
inondations successives ont dû contribuer à cet
enfouissement. Et soyons sûrs qu'il ne s'agit pas là d'un
cas unique.
Nous sommes surpris de voir que les deux absides sont de
dimensions presque identiques. Le cas est assez rare.
L'édifice est dédié à Sainte Marie de l'Assomption. Nous
avons constaté que, dans de nombreux cas, les églises
consacrées à Notre-Dame de l'Assomption avaient été
autrefois des cathédrales (d'ailleurs beaucoup de
cathédrales actuelles le sont) ou au moins des pieve
(paroisses italiennes correspondant à nos doyennés). Est-ce
le cas de cette église ? En tout cas, peut-être à cause des
inondations, il ne reste pas grand-chose de l'édifice
primitif.
Examinons à présent les fresques de l'abside de gauche (en
fait de droite sur les images
1 et 2).
Malgré son état délabré, cet ensemble nous apparaît
exceptionnel (image 4).
En premier lieu par son unité apparente. Dans de nombreux
autres cas, les dépôts de fresques successifs empêchent la
compréhension de l'ensemble. Ici tout semble être l’œuvre
d'une même main. S'il reste peu de chose de la partie
supérieure, par contre la presque totalité de la partie
inférieure a été conservée. Ce qui permet de faire des
comparaisons.
Ce qui reste de la partie supérieure est un lambeau de
fresque (image 5)
sur lequel on devine, au milieu, la nappe blanche d'une
table sur laquelle sont déposés trois vases liturgiques. Au
dessous de cette nappe, dépassent les robes et pieds de
trois personnages dont les bustes apparaissent au-dessus de
la nappe. Seule la tête du Christ auréolée du nimbe
crucifère est visible. Ces trois personnages
représenteraient la Sainte Trinité. On connaît l'icône de la
Trinité peinte par Andrei Roublev vers 1425 dans laquelle la
Trinité est représentée par trois hommes jeunes semblables
entre eux, mais cette forme de représentation n'est pas
nouvelle puisqu'on la voit sur une mosaïque de la basilique
Saint-Vital de Ravenne, mosaïque estimée du VIIe
siècle. Le fait que les représentations de la Trinité soient
principalement présentes dans les milieux orthodoxes fait
envisager une influence byzantine. Il ne faut cependant pas
passer immédiatement à des conclusions car nos connaissances
sur l'art du Moyen-Âge sont très parcellaires, en
particulier dans le domaine des fresques : il doit en
subsister moins d'un centième de celles qui ont été peintes
avant l'an 1200.
Dans la partie inférieure de cette abside, est réparti un
cortège de saints. Il est séparé de la partie supérieure par
un bandeau décoré d'une bande en zigzags isolant des
faisceaux de palmettes. On remarque que le cortège des six
saints (dont cinq visibles) est séparé par groupes de deux
par les deux baies. Ces baies dont le décor fait partie de
la composition (image 6)
sont constitutives de l'ensemble.
On remarque que l'artiste a dû s'inspirer du même modèle
pour les deux personnages à visage imberbe, quasi féminin (images 7 et 8), et
aussi pour le personnage barbu (images
5 et 7).
La fresque de l'image 9 a
peut-être orné un devant d'autel. Elle date selon nous du
XIVe ou XVe siècle.
La datation des fresques de cette église
se révèle être un exercice difficile car elles ne
correspondent à aucune autre vue auparavant. D'une part,
nous aurions tendance, au vu du thème de la Trinité, à
accepter une origine très ancienne mais d'autre part, elles
ne peuvent être que postérieures à la maçonnerie de l'abside
supérieure, elle-même postérieure à la maçonnerie de
l'abside inférieure. Nous estimons donc que ces fresques
doivent dater de l'an 1150 avec un écart de 100 ans.
Datation envisagée
pour l'église Santa Maria Assunta de Villadossola : an 1025
avec un écart de 125 ans.