La chapelle Saint-Ferréol de Grosso
Selon la page du site Internet « Chiese
Romaniche e Gotiche del Piemonte »
relative à cette chapelle, page traduite de
l'italien par un programme en ligne :
« Période
prédominante :
XIe siècle.
Généralités : datation
fin XIe- début XIIe siècle. La
dédicace date probablement d’une période ultérieure,
peut-être de la période angevine : Saint-Ferréol est un
saint français auquel Grégoire de Tours attribue
l’évangélisation de Besançon, et son culte, très développé
en France, est pratiquement absent en Italie. [...]
Intérieur
: les
fresques de l'abside s'inscrivent dans le courant
stylistique de Reichenau (Saint-Georges d’Oberzell)
parmi
les mille représentant le Christ Pantocrator assis sur un
riche trône, avec sur les côtés les symboles des
évangélistes, les évangélistes et les figures de Marie et
Jean debout dans une pose rigide caractérisée par la
longueur des corps. Des similitudes stylistiques peuvent
être trouvées dans l’église de San Martino di Liramo à
Ciriè. Sous l’abside, les douze apôtres, en partie
endommagés, d’un style similaire aux fresques de Briga
Novarese, sont vus frontalement. [...] »
Nous n'avons pas visité cette chapelle. Les images de cette
page proviennent d'Internet.
Nous estimons que cette chapelle doit être datée des
environs de l'an mille, et non de l'an 1100 comme l'estiment
les auteurs du texte ci-dessus. Les indices qui permettent
d'envisager cette datation sont les suivants : les «
arcatures lombardes » présentes sur tout le pourtour de
l'édifice, l'appareil de moellons ou de galets disposés en
arêtes de poisson, la polychromie de l'arc du portail
d'entrée (image 1)
et du chevet (images 3 et
4), la faible inclinaison par rapport à la
verticale des murs de la nef et de l'abside (image
3), l'étroitesse des fenêtres de l'abside (image
5).
Mais l'intérêt principal de cette chapelle réside dans les
fresques (images 6, 7, 8
et 9). Notre recherche sur les édifices du premier
millénaire nous a amenés à la conclusion suivante : les
constructeurs laissaient peu de place au décor sculpté. Les
architectes n'avaient pas la nécessité d'accoler aux parois
ou aux piliers des pilastres ou des colonnes
demi-cylindriques portant des chapiteaux, eux-mêmes porteurs
d'arcs doubleaux soutenant des voûtes, divers ajouts qui
contribuaient à fragmenter les surfaces. Si bien qu'ils
disposaient de grandes surfaces nues que des artistes
pouvaient peindre. En conséquence, l'art ne se manifestait
pas (ou peu) sur des chapiteaux mais sur des fresques. Nous
savons que les fresques sont installées sur des support
fragiles et qu'elles sont peintes avec des pigments
dégradables à la lumière. Elles sont donc assez fréquemment
renouvelées au cours du temps. Aussi il ne doit rester que
peu de fresques datant de cette période. Mais il doit
fatalement en rester. Aussi, tout renseignement concernant
des fresques anciennes, même celles qui peuvent dater du XIe
ou du XIIe siècle peut s'avérer utile. Dans le
cas présent, la représentation du tétramorphe, accompagné
des figures de Jean et Marie et surplombant une rangée de
saints, est assez classique. Par comparaison aux sculptures,
nous la daterions du XIe ou du XIIe
siècle. Cependant, il ne faut pas trop se fier à ce genre de
comparaison car il est possible que les styles aient été
différents pour les sculptures et les peintures : par
exemple, figuratif pour les fresques et symbolique ou
abstrait pour les sculptures.
Datation
envisagée pour la chapelle Saint-Ferréol de Grosso
: an 1000 avec un écart de 75 ans.