L'abbatiale Santa Maria de Cavour
Selon la page du site Internet « Chiese
Romaniche e Gotiche del Piemonte », page
écrite en italien et obtenue en français par un programme de
traduction automatique :
« Période prédominante :
Xe siècle.
Historique : construite
sous des formes romanes probablement en 1037 par Landulf,
évêque de Turin, sur les restes d’une église augustinienne
du VIIIe siècle, détruite par les Sarrasins au
Xe siècle, confiée à l’abbaye de San Michele
della Chiusa dans le Val di Susa. Tombée en commende en
1390, elle périclita et tomba en ruine. L'église actuelle
a été érigée entre 1713 et 1728, supprimée en 1867,
restaurée en 1964.
Clocher : refait
au XVe siècle sur la base du précédent. De
style romano-gothique, il se compose d’une tour avec une
base carrée de 12 mètres de haut et dotée de fenêtres à
meneaux avec un arc en ogive.
Crypte : elle se
compose de trois salles : la centrale à trois nefs
divisées par 12 colonnes lumineuses, avec des chapiteaux à
motifs floraux, peut-être des vestiges lombards, et des
plafonds voûtés. Biabsidata, élément d’origine
moyen-orientale. L’autel, vestige d’une colonne de
l’époque augustéenne, suggère qu’un temple romain se
trouvait sur le site (image
9).
Sur les côtés, deux salles rectangulaires, absidiales,
presque deux bas-côtés, qui communiquent avec le central
par deux passages étroits. Stylistiquement, la crypte est
similaire à celle de Santa Maria di Testona (Moncalieri),
également d’origine landolfienne. »
Nous n'avons pas visité ce monument, les images ci-dessous
sont extraites d'Internet.
Certaines parties du texte ci-dessus sont difficilement
compréhensibles. Tout d'abord, l'apparente contradiction
entre les termes « Période prédominante :
Xe siècle. » et
« détruite
par les Sarrasins au Xe siècle ». Il y
aussi le mot «
supprimée » de « supprimée
en 1867 ». Ce mot est directement traduit de
l'italien « soppressa
» mais il peut vouloir dire « désaffectée » ou « abandonnée
». Il y a enfin le mot « Biabsidata
» que nous ne connaissons pas et qui est pourtant écrit
ainsi dans le texte en italien. Nous pensons que ce mot
traduit l'existence de deux absides. En fait il n'y en a pas
deux, mais quatre, dont une est une contre-abside
(c'est-à-dire une abside située à l'Ouest) : voir le plan de
l'image 7. À
remarquer que ce modèle (abside + contre-abside) n'est pas
forcément d'origine moyen-orientale puisqu'on le trouve dans
les basiliques germaniques (Trèves, Mayence) ou en France, à
Saint-Plancard (Haute-Garonne).
Les images 1, 5 et 6
font apparaître les parties restaurées ou construites à
l'époque baroque.
On retrouve certains de ces éléments baroques sur les
images 2, 3 et 4. Cependant, sur ces images, des
pans de mur semblent nettement plus anciens. Il en est ainsi
des parties basses du clocher et des absides sur les images 3 et 4 et de la
façade Nord du collatéral Nord de l'image
2.
La partie la plus intéressante de ce
monument semble être la crypte aux colonnes graciles portant
des voûtes d'arêtes sur doubleaux plein cintre (images
8 et 9). L'autel cité dans le texte d'Internet est
visible sur l'image 9. Il est formé de trois
blocs de pierre. On peut voir, insérée entre une base de
colonne et un tailloir de chapiteau issus peut-être d'un
temple romain, une imposte simplement moulurée semblable à
celles que l'on voit dans des basiliques paléochrétiennes à
piliers rectangulaires, comme Saint-Aphrodise de Béziers.
Le plan de l'image 7 nous
apparaît très instructif. C'est le plan de la crypte. Mais,
selon nous, c'est mieux que cela : c'est le plan de l'église
primitive. Nous estimons en effet que la plupart des cryptes
ont été créées à l'intérieur des églises. Initialement, les
églises n'avaient pas de crypte. À partir d'une certaine
époque que nous avons encore du mal à dater, il a été décidé
de créer un sol intermédiaire séparant l'église en deux. Un
peu comme une mezzanine. Ce sol intermédiaire ne recouvrait
en général qu'une partie de la surface totale (sanctuaire et
éventuellement transept ou quelques travées de nef). La
construction du plancher intermédiaire ne nécessitait pas de
gros efforts techniques, financiers ou esthétiques. Il
suffisait de monter une forêt de colonnes et au-dessus de
celles-ci, des chapiteaux, les unes et les autres pouvant
être de réemploi. Le seul soin à apporter était réservé aux
voûtes, qui, en règle générale, sont bien assemblées.
C'est bien ce qui se passe ici. Les chapiteaux des images
10, 11 et 12, tantôt élancés, tantôt ramassés,
semblent provenir de lieux différents. Peut-être de
monuments antiques ? Voire d'habitations antiques ? Nous
sommes certains que nos connaissances en la matière sont
très réduites … et il doit en être de même pour bon nombre
d'archéologues.
Datation
envisagée pour l'abbatiale Santa Maria de Cavour :
an 900 avec un écart de 200 ans.
Remarque : cette estimation de datation n'est basée
que sur le plan de l'image
7. La basilique primitive devait avoir une nef à
trois vaisseaux avec trois absides en prolongement. Elle
était probablement dépourvue de transept.