L'église San Paolo « inter vineas » de Spolète
La page, écrite en italien, du site
Internet Wikipedia, et relative à cette église, nous apprend
ceci :
«
Les informations les plus anciennes sont rapportées par
Grégoire le Grand dans le livre III, chapitre 29, de son
œuvre Dialogues,
datées approximativement de l'an 593. Elles racontent
l’histoire d’un prodige qui s’est produit dans l’église de
saint Paul de Spoleto au détriment d’un évêque lombard,
disciple d'Arius : il semble que le prélat soit
soudainement devenu aveugle après avoir osé entrer de
force dans l’église, avec l’intention d’y célébrer son
culte sacrilège. Dès lors, les Lombards présents dans la
région n’ont plus jamais osé violer les lieux des
catholiques.
Le monastère : À
la fin du X e siècle, à côté de l’église de
“Saint-Paul en dehors des murs”, autre dénomination par
laquelle elle est indiquée, est construit un monastère,
peut-être à la demande de l’évêque Lupo, qui, en 1002,
signe un acte de don en faveur d’une certaine Berta,
ordonnée elle-même abbesse des religieuses bénédictines du
couvent. Dans l’acte, outre le monastère, d’autres biens
sont présents, y compris un terrain dans la localité de
San Boroto : des dons visant à apaiser la grave misère des
religieuses.
L’église : La
façade, les nefs, les décors mènent à une datation qui
oscille entre la fin du XII e et le début du
XIII e siècle. L’église dont parle Grégoire le
Grand a donc probablement été rénovée selon les formes du
style roman de Spolète et elle est consacrée en 1234 par
le pape Grégoire IX, venu spécialement en ville. À
l’occasion, le monastère reçoit la règle des Clarisses.
En 1771, elle subit un renouveau qui dénature surtout
l'intérieur du roman tardif : les nefs latérales ont été
divisées en chapelles du XVIII e siècle
(sic) par
des murs d’une épaisseur considérable ; l'abside a été
modifiée pour réaliser le chœur ; à côté de l’autel fut
construite la sacristie, démolissant un mur ; le transept
fut abaissé pour réaliser trois salles basses couvertes de
voûtes, au-dessus desquelles ont été cachés pendant des
années les restes endommagés d’un cycle de fresques. […]
»
Nous n'avons pas visité cette église. Les images ci-après
ont été recueillies sur Internet.
À la lecture de la phrase ci-dessus, «
La façade, les nefs, les décors mènent à une datation qui
oscille entre la fin du XII e et le début du
XIII e siècle », nous imaginerions très
facilement que l'auteur de ce texte s'est basé sur le style
de l'architecture et des décors pour évaluer la datation de
l'édifice. Ce qui, en soi, révélerait un petit exploit... si
toutefois la datation est exacte. Nous mêmes, après avoir
étudié un peu moins de 2000 églises, sommes incapables d'une
telle précision... et d'une telle certitude dans nos
affirmations qui ne sont en fait que des propositions
d'évaluation. On aimerait savoir quelles sont les
particularités architecturales qui ont permis à l'auteur
d'avancer cette datation. Ce d'autant qu'à la même époque,
en France, on assistait au plein développement de l'art
gothique. Ce qui aurait dû amener l'auteur à conclure que
les gens de Spolète de cette époque-là étaient des
sous-doués en matière d'architecture.
En fait, il faut comprendre que l'auteur ne s'est pas
inspiré de l'architecture et des décors pour dater cet
édifice. Il a seulement consulté les textes écrits de cette
époque et s'est aperçu qu'il y avait eu une consécration en
1234. Pour lui le mot « consécration » était équivalent d'«
inauguration ». Il en a déduit que l'édifice, inauguré en
1234, avait été construit peu de temps auparavant.
C'est-à-dire au début du XIIIe siècle. Mais comme
il ne ressemblait pas beaucoup à un édifice gothique, il est
remonté à la fin du XIIe siècle.
L'acte de consécration n'est pas une inauguration.
D'ailleurs, ce n'est pas une église qui est consacrée mais
l'autel d'une église. En 1234, il y a eu un changement de
communautés : un monastère de bénédictines est devenu un
monastère de clarisses. À ce changement, a dû s'associer un
autre changement : celui des dévotions. Il a fallu consacrer
des autels à de nouveaux saints. Le pape n'a pas hésité à
venir pour soutenir le nouvel ordre des clarisses.
De notre côté, nous nous efforçons d'analyser l'architecture
de l'édifice.
Pour la façade (image 1),
nous voyons deux niveaux de construction. La partie
inférieure avec son portail surmonté de trois arcs non
décorés témoigne d'un premier art roman, voire d'un art
préroman (Xe-XIe siècles). La partie
supérieure avec sa grande rosace et ses arcatures lombardes
de seconde génération, serait plus tardive (aux alentours de
l'an 1200).
En ce qui concerne la datation de la nef (images
2, 3, 4), les critères sont les suivants : nef
triple charpentée ; le vaisseau central est porté par des
colonnes cylindriques ; les chapiteaux de ces colonnes sont
corinthiens ou issus de corinthiens (chapiteaux composites)
; les arcs reliant les chapiteaux des colonnes sont simples.
Ces éléments seraient caractéristiques d'une haute
ancienneté.
Fait assez rare pour les églises de la région : il existe un
transept. Nous pensons que ce transept est plus récent que
la nef. Il faudrait cependant, pour s'en assurer, effectuer
un plan précis des lieux. Pour voir, par exemple, si le
transept a remplacé une travée ou deux travées de nef. Ou si
le transept et le chevet ont été construits simultanément en
remplacement d'un chevet ancien.
Datation
envisagée pour la nef de l'église San Paolo « inter
vineas » de Spolète : an 700 avec un écart de 200 ans.