L'abbatiale San Giuliano de Spolète
La page écrite en italien du site
Internet Wkipedia, et dédiée à cette église, nous apprend
ceci :
«
Le bâtiment dans son ensemble appartient au XII e
siècle, mais ses origines se lient au mouvement ermite sur
le Monteluco qui, entre le V e et le VI e
siècle, occupait les pentes de la montagne.
Légende de Saint Isaac :
Selon la tradition, Isaac, originaire de Syrie, est
arrivé à Spoleto vers 528, fuyant la persécution de
l’empereur Anastase, et a choisi Monteluco comme lieu
naturel d’isolement et de prière, non loin de la ville. Il
fut bientôt suivi par d’autres ermites qui occupaient des
cellules et des grottes naturelles dispersées dans la
montagne.
Une vierge nommée Gregoria offrit à Isaac ses terres
situées sur la colline, pour y fonder un monastère et une
église dédiés à saint Julien martyr, qui était une
référence pour la colonie érémitique. À l’intérieur, on y
trouverait enterrés les moines qui s’étaient le plus
distingués par leur sainteté de vie, y compris Isaac
lui-même, plus tard vénéré comme saint Isaac de Monteluco.
Premiers témoignages : Certes,
le monastère existait vers le milieu du VI e
siècle, il en a été témoigné dans deux lettres adressées à
l’évêque de Spolète par le pape Pélage I er
qui a demandé des mesures à l’encontre des moines
résidents pour leur conduite inappropriée.
Probablement au cours du VI e siècle, sous les
ducs lombards qui l’ont enrichie de divers dons, elle
devient une abbaye bénédictine, gérée pendant un certain
temps par les Cassiniens, puis par les Clunisiens, restant
un point de référence pour les ermites de Monteluco qui,
après la mort de saint Isaac, sont entrés dans la règle
bénédictine.
Description : La
façade manque de la partie supérieure, qui était
probablement à quatre pentes, comme l'église de
Sant'Eufemia (image
1).
Les
restes de sculptures, issus de la construction
paléochrétienne, sont réutilisés dans le portail (image 2) surmonté
d’un cadre sculpté de palmettes. Dans les piédroits, sont
des bas-reliefs avec des motifs d'entrelacs de feuillages,
d'animaux symboliques (deux colombes, un bœuf, une
panthère, un paon), de motifs végétaux, d'une croix, d'un
centaure. L’analyse stylistique des décorations a
identifié des références étroites à des environnements
orientaux et surtout syriens (images
3 et 4).
L’intérieur,
très bas, est à trois nefs divisées par des colonnes
trapues en pierre, toutes de la même époque, couronnées de
chapiteaux cylindriques (images
6,7 et 8). L’une
des colonnes indique une inscription, attribuée au XII e
siècle, qui rappelle un certain Nicolas Bacarelli et
l’indique comme parrain du renouveau roman de l’église. Le
chœur est surélevé, avec une crypte sous-jacente, où une
autre inscription confirme la présence antérieure du
sarcophage de Saint-Isaac (image
9). Il
y a aussi un fragment d'architrave décoré de trois formes
rectangulaires de style oriental attribuées au VI e
siècle. Le bâtiment se termine par trois absides
semi-circulaires (image
5). »
Nous ne sommes pas surpris par la
datation du XIIe siècle proposée par le texte
ci-dessus : elle est systématique et en règle générale, ne
correspond pas aux données archéologiques. Mais c'est une
datation commode pour quiconque n'a pas d'idée en matière de
datation.
La légende d'Isaac est probablement en grande partie vraie.
Tout d'abord on a semble-t-il peu d'épisodes extraordinaires
que l'on rencontre dans les habituelles vies de saints.
Ensuite la date « vers 528 » précise et relativement tardive
autorise à envisager l'existence de documents écrits qui
auraient été consultés mais éventuellement perdus. D'une
façon générale, les légendes des saints des premiers siècles
obscurs du christianisme sont peu crédibles. Elles
deviennent plus fiables durant les siècles suivants.
L'histoire d'Isaac est plausible. Un homme se réfugie dans
une contrée isolée pour vivre une vie d'ermite. Sa
réputation de sainteté attire d'autres hommes. Une
communauté se forme, puis une abbaye.
Concernant les sculptures du portail, on nous dit d'une part
qu'elles sont récupérées de monuments antiques et d'autre
part qu'elles sont d'influence syrienne. Il y a là quelque
chose que nous ne comprenons pas. Y aurait-il eu à proximité
un monument antique d'influence syrienne ? Et si c'est le
cas, quelle en est la forme ? En fait, daprès les images que
nous avons sous les yeux, ces sculptures sont parfaitement
intégrées au portail, ce qui ne sezrait pas le cas si elles
avaient été utilisées en remploi.
On découvre sur les images
6, 7 et 8 que dans la première partie de la nef,
le vaisseau central est porté par des colonnes cylindriques
et des chapiteaux cylindriques presque tous identiques. Dans
la seconde partie, côté chœur, on peut voir des piliers à
section rectangulaire. Il semblerait que, au moins pour
cette église, les piliers cylindriques soient antérieurs aux
piliers rectangulaires.
Datation
envisagée pour l'abbatiale San Giuliano de Spolète
: an 700 avec un écart de 200 ans.
À remarquer que si on se fie à la légende de Saint Isaac, on
peut imaginer la chronologie suivante :
528 : début de la vie érémitique; 550 : mort d'Isaac; 575 :
développement du culte de saint Julien, saint choisi par la
communauté; 600 : construction d'une basilique dédiée à
saint Julien. Cette date entre dans notre fourchette de
datation, tout en restant antérieure de 100 ans à la valeur
moyenne que nous avions évaluée.