L'église San Sabino de Spolète
Voici des extraits de la page, écrite en
italien, du site Internet Wikipedia, relative à cette église
:
« La tradition locale veut que Mgr Sabino ait été
arrêté à Assise avec d’autres ecclésiastiques, emprisonné
et amputé des mains. Bien qu’il ait été miraculé et qu'il
ait guéri son bourreau, il a été transféré à Spolète et
tué en cet endroit à coups de bâton. Il a été enterré à un
kilomètre de la ville, à un point autour duquel s’est
étendue ensuite une vaste zone de cimetière selon le mode
ad sanctum, c’est-à-dire un ensemble de sépultures qui,
par dévotion, étaient disposées autour de la tombe d’un
martyr, rappelé par des célébrations périodiques. La
diffusion du culte de Sabino a suivi les péripéties des
reliques de son corps qui, selon la tradition, ont été
recueillies à différentes époques et transportées à
différents endroits, car il est vénéré aussi à Faenza,
Fusignano, Ivrea, Fermo, Agliano, Terme, Monselice. Ont
écrit sur lui des historiens comme Grégoire de Tours,
Procope de Césarée et Paul Diacre. Ce dernier dans
l'Histoire des Lombards (vers 787) raconta à quel point il était vénéré tout
au long du Haut Moyen-Âge, surtout par les Lombards, et
mentionna “ la basilique du bienheureux martyr Sabino
évêque... où repose son vénérable corps... destination de
pèlerins et d’illustres personnages du duché lombard ”.
Toujours selon Diacre, le duc Ariulphe commença à
considérer Sabin comme son protecteur quand, en 601, en
visitant l’église, dans une image du saint peinte à
l’intérieur, il reconnut le vaillant soldat qui l’avait
aidé et défendu dans la bataille contre les Byzantins. Se
référant au bâtiment, le duc a utilisé l’expression “ tam
ampla
domus ”. [...]
Sur la tombe de San Sabino, est apparu un bâtiment
peut-être dès le VI e siècle, érigé sur un
vaste cimetière, attesté par de nombreuses découvertes de
sarcophages datant du
IV e au V e siècle et de la période
lombarde (outre les fosses dans le sol, des tombeaux
capucins et des sarcophages en terre cuite ont été
découverts, semblables à ceux, paléochrétiens, découverts
près de la basilique Saint-Grégoire-le-Grand et de
l'église des Saints Apôtres). [...]
L’utilisation de matériaux nus, récupérés de la
nécropole et d’autres édifices romains, rappelle la
disposition de Théodoric le Grand concernant la
réutilisation de matériaux d’anciens bâtiments en ruines.
»
Le texte sur la légende de Saint Sabin est très révélateur.
Avant de le commenter, il nous faut affirmer que toute une
légende a une part de vérité. Face aux contradictions ou aux
exagérations rapportées par les légendes, nous avons tous
tendance à croire que toute légende est entièrement fausse.
Or une légende est une histoire rapportée de bouche à
oreille. Au fur et à mesure de la communication, l'histoire
se déforme. Qui plus est, le récepteur de l'information a
tendance à ne retenir que la partie la plus extraordinaire
de l'histoire et, en conséquence, l 'émetteur a quant à lui
tendance à insister sur cette partie extraordinaire. Lorsque
nous sommes confrontés à une légende, nous devrions, au lieu
de la rejeter en bloc, nous efforcer de rechercher la vérité
à travers elle. Dans le cas présent, ce devrait être
relativement facile. L'existence d'un saint appelé Sabin est
peu probable. Par contre, il existait bien un peuple sabin
qui a longtemps combattu avec le peuple latin de Rome. On
s'est trop souvent imaginé que les peuples vaincus par Rome
avaient été très rapidement intégrés et assimilés. Or ce
n'est probablement pas le cas. L'histoire même de l'Italie
montre que ce pays était morcelé en une multiplicité de
communautés urbaines souvent concurrentes entre elles. Ceux
que l'on a appelé les « envahisseurs barbares » étaient
selon nous des peuples guerriers qui, loin de provoquer des
guerres, étaient souvent appelés par les populations pour
assurer la paix. Bien sûr, il pouvait y avoir compétition
entre « envahisseurs barbares ». Dans le cas présent, il y a
selon nous deux peuples « d'envahisseurs barbares » : les
lombards qui ont succédé aux goths et les byzantins et un
peuple implanté localement, les sabins. La légende de Saint
Sabin pourrait donc être la véritable histoire du peuple
sabin allié du peuple lombard pour rejeter la domination des
byzantins.
Nous n'avons pas visité cette église. Les images ci-dessous
sont extraites d'Internet.
Le plan est celui d'une église à nef à trois vaisseaux, avec
trois absides en prolongement des vaisseaux. On remarque sur
l'image 2 la
présence d'arcatures lombardes mais seulement sur l'abside
principale. Il semblerait que ces arcatures aient été
ajoutées postérieurement (différences de parement des
pierres), Sur la même image, on peut voir les blocs massifs
de la base des murs. Ces blocs ont été probablement
récupérés sur des monuments antiques démantelés et
retravaillés pour l'occasion.
Les vaisseau central est charpenté. Il doit en être de même
pour les vaisseaux latéraux. Les piliers porteurs du
vaisseau central sont, en alternance, cylindriques (de type
C0000) et
rectangulaires (de type R0000).
Les arcs reliant ces piliers sont simples.
Il n'y a pas de transept.
Tous ces éléments témoignent d'une ancienneté antérieure à
l'an mille.
D'après la page de Wikipedia consacrée aux Lombards, le
duché de Spolète a fait partie du royaume Lombard dès l'an
584. Et ce, jusqu'à l'an mille. La légende de Saint Sabin
tendrait à montrer qu'il existait une église en cet endroit
avant l'an 584. Il nous semble cependant que cette église
est nettement plus tardive. Mais il nous faut reconnaître
que nos connaissances en matière de datation par
l'architecture sont encore très modestes.
Datation
envisagée pour l'église San Sabino de Spolète : an
750 avec un écart de 200 ans.