L'église San Ponziano de Spolète
La page écrite en italien du site
Internet Wikipedia, relative à cette église, est très
documentée. Nous en conseillons la lecture à toute personne
qui pourrait la visiter. Nous-mêmes n'avons pu le faire.
Voici des extraits de cette page, obtenus de l'italien par
un traducteur automatique, traduction éventuellement
corrigée par nos soins :
« La tradition : Selon
la tradition hagiographique, dont les œuvres datent du V
e ou VI e siècle, un jeune homme sans
esprit nommé Ponziano, descendant d’une famille aisée de
décurions, fut enterré à cet endroit en 175, après avoir
été décapité au pont Sanguinaire.
Son martyre, qui a eu lieu pendant les persécutions des
chrétiens ordonnées par l’empereur Marc-Aurèle, s’est
enrichi au fil du temps de nombreuses légendes. Il semble
que les lions à l’intérieur de l’amphithéâtre de Spolète
ne l’ont pas assailli, mais lui ont léché les pieds. Que
les charbons ardents sur lesquels il avait été forcé de
marcher ne lui ont causé aucun dommage. Que, enfermé en
prison sans nourriture ni eau, il fut secouru par les
anges qui lui apportèrent les aliments nécessaires. Enfin,
soumis à la décapitation, il semble que sa tête
rebondissante ait parcouru un long tronçon jusqu’à arriver
sur la colline de Ciciano, où elle a jailli d'une source
d’eau très pure et où se seraient ensuite construites la
tombe et l’église romane qui lui était dédiées. On raconte
encore que pendant le martyre, un tremblement de terre a
secoué la ville, mais sans provoquer de conséquences
graves. Ponziano fut ainsi considéré comme un protecteur
des tremblements de terre et on lui attribue une prophétie
apaisante : “Spoleto tremblera mais ne s’effondrera pas”.
[...] »
Arrêtons-nous d'abord à ces diverses légendes. Tout d'abord,
disons-le tout de suite, il est peu probable que Ponziano
ait existé. Hormis peut-être un nom sur une pierre tombale
qui, au fur et à mesure du temps, serait devenue la tombe de
San Ponziano. Nous pensons que les légendes attachées à ce
saint doivent être des légendes
« vraies ». Nous voulons dire par là que ces légendes ne
sont pas le résultat d'un simple hasard. Elles ont été
créées d'une façon ou d'une autre. Ainsi, la légende du
saint protégé par les lions se retrouve sur des pierres
sculptées. Cette légende devait symboliser la soumission des
forces temporelles aux forces spirituelles. Quant à la tête
du saint qui jaillit de l'eau, c'est la légende des saints
céphalophores. Elle symboliserait la résurrection, à l'image
de celle du soleil qui, chaque matin, jaillit de l'eau.
Mais poursuivons notre lecture du site Internet :
« Histoire
:
Au X e siècle, le lieu, connu sous le nom de
cenobium beatissimi martyris Pontiani; sacratissimum
cymiterium, était gardé par des religieuses pénitentes,
parmi elles une certaine Sincleta, et par quelques moines
syriens situés dans des grottes ou des anfractuosités le
long des pentes du Monteluco. Il recueillait des
sépultures de plusieurs martyrs, comme l’a documenté un
groupe de sarcophages encore conservés dans la crypte.
L’église a ensuite été construite entre le XI e
et le XIII e siècle sur un cimetière
paléochrétien, en dehors des murs de la ville, dans le
style roman.
Deux autres édifices religieux importants avaient vu le
jour à proximité : au sommet, la pieve de saint
Michel-Archange, aujourd’hui réduite à une ruine, et plus
bas, l’église de san Concordio, actuelle église de san
Salvatore. Dans cet ensemble d’églises, des études
récentes ont identifié la zone religieuse du duché de
Spolète, hypothèse renforcée par la découverte récente
d’une dalle tombale sur l’un des sarcophages placés dans
la crypte. Dessus, est gravé un nom lombard, Agipertus :
il s’agit du premier lombard de Spolète archéologiquement
établi.
L’église a subi de lourdes périodes de restauration
intérieure au cours des années, la plus importante en
1788, quand elle a été entièrement rénovée par le jeune
architecte romain Giuseppe Valladier selon le nouveau goût
néo classique, tout en conservant l’extérieur roman.
»
La phrase « L’église
a ensuite été construite entre le XI e et le
XIII e siècle sur un cimetière paléochrétien,
en dehors des murs de la ville, dans le style roman.
», ne nous surprend pas. Elle raisonne comme un leitmotiv.
C'est toujours le même type de phrase appliqué à tout
monument, quelque soit son style et quels que soient les
témoignages d'une antiquité. Comme ici les sarcophages
antiques. S'il existait un cimetière antique, il devait y
avoir un lieu de culte associé à ce cimetière. Qu'est-il
devenu ? On n'en parle pas !
Le texte ci-dessus nous apprend néanmoins quelque chose
d'intéressant. Il existait trois églises sur ce lieu : San
Ponzanio, San Michelo Arcangelo, San Salvatore. On songe
immédiatement à un « groupe cathédral », groupe de plusieurs
églises dont la cathédrale. Ces groupes de plusieurs églises
auraient disparu après l'an mille.
La probabilité est donc forte que ce groupe d'églises ait
été édifié avant l'an mille.
Nous n'avons pas visité cette église. Les images ci-après
sont extraites d'Internet.
Passons à l'examen de l'architecture de San Ponziano. Le
chevet, à trois absides accolées (image
2), est décoré d'arcatures lombardes de première
génération. La façade Ouest (image
3) est aussi décorée d'arcatures lombardes. Mais
celles-ci sont différentes de celles du chevet (il n'y a pas
les pilastres verticaux appelés lésènes). Nous les estimons
de deuxième génération. Cette façade est ornée d'une très
belle rosace, encadrée par les symboles des évangélistes,
mais privée de ses rayons (image
4).
Les images suivantes sont celles de la nef à trois
vaisseaux. Cette nef est voûtée. Mais il s'agit probablement
d'une voûte légère, résultat de la restauration de 1788.
Nous pensons que cette restauration n'a pas détruit
l'ossature de l'église, que les piliers et les arcs qui les
relient sont d'origine, même s'ils ont été recouverts de
stuc. On devrait voir sur ces images les culs-de-four des
trois absides vues à l'extérieur. Ce n'est pas le cas. En
conséquence, ces trois absides ainsi que deux travées de
l'ancienne nef doivent subsister derrière le mur intérieur
Est de la nef actuelle.
Les images 8 et 9 sont
celles de la crypte. Pour la construire, les maçons ont
utilisé en remploi des colonnes et des chapiteaux. Ce qui
donne un ensemble dépareillé, mais seulement pour les
colonnes et les chapiteaux. Les voûtes de cette crypte,
quant à elles, forment un ensemble homogène et régulier.
Datation
Plusieurs indices tels que les arcs simples reliant les
piliers, ou l'absence de transept, permettent d'envisager
pour l'église San Ponziano de Spolète la datation suivante :
an 800 avec un écart de 200 ans.