Monastère San Vincenzo al Volturno de Castel San Vincenzo

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La page écrite en italien du site Internet Wikipedia, relative à l’histoire de cet ensemble monumental, est très documentée. En voici des extraits, obtenus de l'italien par un traducteur automatique, traduction éventuellement corrigée par nos soins :

« L’histoire médiévale du monastère apparaît dans le Chronicon Vulturnense, un manuscrit enluminé. Un moine du monastère, Iohannes, composa la Chronique vers 1130, à partir de sources des VIIIe, IXe et Xe siècles qui lui étaient accessibles, probablement dans les archives du monastère, ainsi que d’ajouts hagiographiques sur certaines des figures historiques (probablement des Vitae). Les buts de la Chronique peuvent avoir été de codifier la mémoire de la communauté et de son histoire face à l’expansion normande dans le Sud de l'Italie. Le manuscrit ... est conservé à la Bibliothèque Apostolique du Vatican.

Le monastère a fait l’objet d’une enquête archéologique de longue durée,

Le monastère a été fondé sur un site qui avait été occupé dans la période pré-romaine par les peuples samnites qui y avaient installé une villa ou un domaine. 
{...] Le domaine fortifié antique tardif a été abandonné au Ve siècle, puis au milieu du cinquième siècle, une église funéraire y a été construite.

Selon le Chronicon Vulturnense, le monastère a été fondé par trois nobles du Bénévent nommés Paldo, Tato et Taso, en 731. L’histoire raconte que le choix du site leur a été suggéré par l'abbé de la puissante abbaye de Farfa, Thomas de Maurienne, parce que, selon la Chronique, il abritait un oratoire fondé par Constantin 1er. L’accent mis par la Chronique sur l’origine bénéventaine des fondateurs suggère que le monastère des débuts jouissait du patronage des ducs du Bénévent.

Avec l’essor des Francs et le développement des États pontificaux, l’emplacement du monastère à la frontière du territoire lombard et papal franc est devenu de plus en plus stratégique. Les abbés du monastère à la fin du VIIIe siècle alternent entre Francs et Lombards. Ambrosius Autpertus élu en 777, était un franc ; Poto, élu en 781, était lombard. Il a été accusé de déloyauté pour avoir refusé de chanter un hymne en l’honneur de la famille franque. Le reste des moines était obligé de prêter serment de loyauté. Charlemagne concéda des privilèges fiscaux et juridictionnels à la communauté, ce qui en fait l’une des abbayes les plus indépendantes et les plus puissantes d’Europe. Les abbés Iosue, Talaricus et Epiphanius au début du IXe siècle ont augmenté le nombre de moines à plus de 300 et élargi les territoires et les possessions dans tout le centre et le sud de l’Italie. Entre 779 et 873, le monastère était en conflit constant avec les paysans de la vallée Trita au sujet des corvées et des redevances. [...]

Le Chronicon rapporte qu’en 848, l’abbaye a été endommagée par un tremblement de terre. En 860, Sawdan, émir de Bari, a reçu un tribut afin de ne pas saccager le monastère. En 881, cependant, les Sarrasins, payés par le duc de Naples Athanasius, brûlent et pillent le monastère. Les moines survivants s'enfuient à Capoue. Ils reviennent en 914 pour reconstruire un monastère, mais ce n’est qu’à la fin du Xe siècle qu’ils rétablissent une communauté de façon permanente avec l’aide des empereurs Otton II et Otton III. L’emplacement du monastère a été transféré à une nouvelle position plus défendable sur le côté est de la rivière. En 1115, le pape Pascal II consacre la nouvelle église abbatiale. La conquête normande des Abruzzes au XIIe siècle finit par conduire à l’effondrement du pouvoir du monastère. En 1349, un nouveau tremblement de terre détruisit le monastère et laisse le champ libre à l’expansion de l’abbaye Monte Cassino.

Le monastère a été bombardé pendant la Seconde Guerre Mondiale.
»

Nous n'avons pas visité cet ensemble. Les images ci-dessous proviennent d'Internet.



Lorsque nous avons démarré l'étude de cet ensemble, nous ignorions l'existence du Chronicon Vulturnense et l'intérêt qu'il pouvait représenter. Nous ne disposions que de quelques images de la galerie d'images d'Internet : une belle rangée d'arcades mais difficile à identifier (images 1 et 2), une église à l'arrière-plan (image 3) et quelques images de fresques dont on ignorait la localisation exacte (images 8, 9 et 10). En bref, une moisson d'informations peu importante et donc peu susceptible d'alimenter une page de ce site Internet. L'église a cependant attiré notre attention (image 3). Son plan est celui d'une basilique romaine des premiers siècles. Date-t-elle pour autant du premier millénaire ? À l'intérieur (image 4), l'arc triomphal est brisé, ce qui fait envisager une datation postérieure à l'an mille. Mais cette datation ne concerne que cet arc car, à l'inverse, les arcs porteurs du vaisseau central sont en plein cintre et simples. Les piliers sont de type R0001 (ou éventuellement R0101). Au vu des piliers, des arcs et des voûtes, la nef devait être à l'origine charpentée. Les piliers devaient être de type R0000. Ultérieurement, sans doute aux débuts de la période gothique, des pilastres auraient été plaqués contre les piliers, les transformant en piliers de type R0001. Des arcs doubleaux auraient été posés sur ces pilastres, et par dessus, les voûtes d'arêtes du vaisseau central.

Cette analyse suffisait à justifier un examen plus approfondi de cette église. À cela on pouvait ajouter l'absence de transept dont les premiers commencent à apparaître selon nous avant l'an mille.

Nous en étions, semblait-il, arrivés au point final de nos recherches lorsque nous sommes tombés un peu par hasard sur l'image 5. Une image que nous n'avons pas comprise, car elle révélait un monticule fortifié (une motte féodale ?) à proximité immédiate d'une basilique tout à fait semblable à elle que nous venions d'étudier. Nous avons vainement cherché ce monticule sur les images que nous possédions jusqu'au moment où  en consultant les images de Google Maps, nous avons compris qu'il n'existait pas une basilique mais deux. Et que ces deux églises appartenaient à un vaste complexe archéologique.

Ce complexe archéologique contiendrait des ruines de la période samnite (Ve siècle avant Jésus-Christ), des restes d'une villa romaine ou tardo-antique, la crypte de l’Épiphanie, la basilique en ruines, la basilique subsistante et le monastère San Vincenzo.



La crypte de l’Épiphanie

Nous n'avons pas de plan de cette crypte. Nous sommes cependant très surpris du peu d'importance qui semble lui être attachée. Les images 8, 9, 10 révèlent l'existence de très belles fresques que nous estimons préromanes. Examinons par exemple la crucifixion de l'image 10. Le Christ a les bras étendus en forme de T (et non de Y), forme très caractéristique que l'on peut voir sur des images très anciennes comme l'évangéliaire de Rabula, daté du VIe siècle. La croix est encadrée par les disques du soleil et de la lune. Le Christ est vêtu d'un long pagne. Aux pieds de la Croix, la tête du donateur est encadrée d'une auréole rectangulaire, preuve que le donateur est encore vivant.

La datation envisagée pour cette fresque est l'an 900 avec un écart de 100 ans.


En résumé

Une des questions que nous nous sommes posés a été de localiser les divers édifices. Pour cela, la carte de Google Maps (image 11) ne s'est pas révélée une aide très précieuse. En effet, sur cette carte, le drapeau en haut à gauche intitulé « Complesso Monumentale di San ... » ne désigne pas l'emplacement d'un monument mais l'ensemble de la carte. À sa gauche, celui intitulé « Cripta di Epifanio » pourrait désigner l'emplacement réel de cette crypte, mais nous n'en sommes pas certains. En ce qui concerne celui juste au-dessous, « Basilica San Vincenzo Minore », nous pensons qu'il devrait en fait se trouver sur le bâtiment situé en haut à l'extrême droite (basilique de l'image 4) en remplacement de la légende intitulée « Abbazia di San Vincenzo al Volturno ». Laquelle légende devrait être placée sur le bâtiment à deux ailes à angle droit situé au dessous. S'il existe une basilique San Vincenzo Minore, il devait exister une basilique San Vincenzo Majore que l'on doit trouver en bas à l'extrême gauche sous le carré gris. L'image 12 permet d'avoir une vue aérienne plus précise de cette basilique reconnaissable à sa nef à trois vaisseaux. Cette image fait cependant apparaître un problème : on a bien une nef à trois vaisseaux avec trois absides en prolongement, mais … les trois absides sont situées à l'Ouest du bâtiment et non à l'Est. Nous n'avons pas de réponse à cette question.

Autre question : nous avons dit que selon nous, la basilique San Vincenzo Minore pourrait être antérieure à l'an mille. L'auteur du texte ci-dessus ne semble pas de cet avis puisqu'il écrit : « mais ce n’est qu’à la fin du Xe siècle qu’ils rétablissent une communauté de façon permanente avec l’aide des empereurs Otton II et Otton III. L’emplacement du monastère a été transféré à une nouvelle position plus défendable sur le côté est de la rivière. En 1115, le pape Pascal II consacre la nouvelle église abbatiale. ». Un tel enchaînement de phrases mérite à tout le moins une explication. Si nous interprétons bien ce qui est ici signifié, le monastère est créé à la fin du Xe siècle, soit en l'an mille, et son abbatiale est inaugurée en 1115, 115 ans plus tard. Ami lecteur, vous ne voyez pas le problème ? Réfléchissez un peu. Votre maison est située d'un côté de la rivière. Mais elle est sujette aux inondations. Vous décidez d'en construire une autre, de l'autre côté de la rivière, à un endroit plus sûr. Cette décision a été prise en 2021. Et vous espérez que l'inauguration de cette maison aura lieu en 2136. Vous voyez le problème à présent ?

L'erreur vient selon nous du fait qu'on confond la consécration d'un autel avec l'inauguration d'un nouveau bâtiment.

Nous pensons aussi que l'explication selon laquelle un nouveau monastère a été installé « à une nouvelle position plus défendable sur le côté est de la rivière » est, sauf preuve du contraire, insuffisante. Toutes les hypothèses sont possibles, mais l'une d'entre elles est la suivante : la division en deux de la communauté monastique. Une division peut-être facilitée par le fait que la rivière pouvait séparer deux états différents.

En tout cas, la conclusion que l'auteur du texte ci-dessus semble tirer, c'est que cette église, la basilique mineure, pourrait dater des débuts du XIIe. Nous ne pensons pas que ce soit le cas.


Datation envisagée
pour l'église San Vincenzo Minore al Volturno : an 800 avec un écart de 150 ans.

Remarque : la page actuelle ne décrit qu'un monument, la basilique San Vincenzo Minore, et brièvement, quelques autres. Une étude plus fine devrait être accomplie sur 3 autres monuments : la basilique San Vincenzo Majore, la crypte de l'Épiphanie, et sans doute aussi le Monastère San Vincenzo.


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