L'église San't Elena de Serra San Quirico  

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La page du site Internet Wikipedia relative à cette église, obtenue de l'italien par un traducteur automatique, nous apprend ceci :

« Histoire : Les historiens attribuent la fondation de la première abbaye bénédictine, entre 1005 et 1009, à saint Romualdo, moine et missionnaire de Ravenne. Apparemment, il existait déjà une petite église sur le site.

Les premiers documents écrits remontent à 1180, quand l'abbaye est passée à la Congrégation des Camaldules. L’église a été radicalement reconstruite et consacrée en 1212, comme écrit sur une pierre tombale. C’était une abbaye prospère et autonome, à tel point qu’au XIIe siècle, elle atteignit une importance de première ordre en ce qui concerne les aspects religieux, politiques et sociaux de la Vallesina.
[...}

Description : l’abbaye de Sainte-Hélène est un bâtiment roman-gothique avec une masse serrée et fortifiée. Elle a été construite en pierre à partir de la fin du XIIe siècle, en utilisant tous les matériaux possibles de récupération de l’ancien bâtiment érigé par San Romualdo.

La façade simple de l’église, couronnée d’un clocher-mur, est centrée sur le portail d’entrée, de style roman, mais aux influences tantôt gothiques, tantôt byzantines (?). Il se compose de quatre arcs en plein cintre concentriques, reposant sur des demi-colonnes par l'intermédiaire de chapiteaux
(image 1). Dans la lunette (tympan) se trouve le bas-relief représentant une croix grecque gemmée encadrée par deux lions, ce qui symbolise l’expulsion des forces du mal (image 9). À l’intérieur (images 3 et 4), l’église a un plan basilical, divisé en trois nefs par de puissants piliers carrés composites qui supportent de grands arcs brisés et des voûtes d'arêtes. Les beaux chapiteaux sculptés des demi-colonnes adossées aux piliers se détachent, faisant référence au répertoire zoomorphe et géométrique du XIIe siècle, parmi lesquels se distinguent dragons, lions et sirènes. Le presbytère, élevé au-dessus de la crypte (image 5), [...]

La crypte (image 6), divisée en sept nefs, a été reconstruite en 1925 d’une manière simplifiée, sur la base des quelques traces restantes. Quatre beaux chapiteaux du XIe siècle y sont conservés. [...]».

Nous n'avons que peu modifié cette traduction automatique, l'estimant parfaitement compréhensible malgré certaines imperfections.

Nous n'avons pas visité cette église. Les images ci-après proviennent d'Internet.


Le texte ci-dessus est devenu pour nous un classique. Presque à chaque église que nous étudions, les commentaires sont du même genre : « Les premiers documents écrits remontent à 1180,... L’église a été radicalement reconstruite et consacrée en 1212, .. ». Les phrases reviennent comme un leitmotiv du genre « ... L’église a été radicalement reconstruite … au XIIe siècle ». Bien sûr, il est fort possible qu'une église soit totalement reconstruite. Mais quand il s'agit de toutes les églises, on commence à se poser des questions. Surtout lorsqu'on voit dans une même église des éléments de styles différents les uns des autres. Dans le cas présent, le chevet (image 2) présente des caractères archaïques : les baies de l'abside protégées par des arcs en anse de panier pourraient dater du XVIIe siècle. Elles auraient remplacé des ouvertures plus étroites. Or au XIIe siècle, on commence à voir de grandes ouvertures.

L'étude de l'édifice ne doit pas s'arrêter là. On constate sur les images 3 et 4 de l'intérieur de la nef que les chapiteaux romans ne se trouvent pas en sommet du pilier, en soutien des arcs, mais au milieu des piliers. Ces chapiteaux ne servent à rien : on aurait pu s'en passer ! Il faut bien comprendre qu'au Moyen-Âge, l'architecture était purement fonctionnelle. Il n'y avait pas de place pour l'originalité. En conséquence, l'emplacement de ces chapiteaux en milieu de piliers doit être expliqué. La seule explication qui nous semble convenable est que l'église ait été surélevée ; des arcs en plein cintre devaient être installés sur les chapiteaux. Les piliers primitifs devaient être de type R1010 et l'église devait être charpentée. Elle aurait été voûtée ultérieurement, immédiatement après la surélévation des piliers et l'installation d'arcs brisés au-dessus des piliers surélevés.


L'image 7 représente les chapiteaux de gauche du portail d'entrée. On y voit l'aigle impérial.

Sur l'image 8, on découvre la représentation classique d'une sirène à deux queues.

Le tympan du portail d'entrée est visible sur l'image 9. La croix pattée gemmée est entourée de deux lions. Contrairement à ce que dit le texte, cette représentation ne symboliserait pas « l’expulsion des forces du mal », mais plutôt la protection de la religion chrétienne par les forces terrestres. Cette sculpture serait préromane. À ce sujet, la plupart des historiens attribuent aux croisades la création des divers ordres militaires. Donc, après l'an 1100. Nous pensons que l'origine doit être plus ancienne encore. Grégoire de Tours, qui vivait à la fin du VIe siècle, nous apprend que des hommes de main défendaient des monastères de moniales. Et que les heurts pouvaient être mortels.

Datation envisagée pour l'église San't Elena de Serra San Quirico : an 850 avec un écart de 150 ans.