L'église Santa Croce al Chienti de San't Elpidio a Mare  

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La page du site Internet Wikipedia relative à cette église, obtenue de l'italien par un traducteur automatique, nous apprend ceci (extraits) : « La tradition date la consécration de l’abbaye au 14 septembre 887, en présence de l'Empereur Charles III Le Gros, de l’Évêque de Fermo, Théodose, et de 19 autres évêques et de 27 chanoines. En 968, l’empereur Otton Ier soustrait le monastère bénédictin de la dépendance à l’évêque de Fermo et le prend sous sa propre protection. ... Les documents qui nous permettent de reconstruire la plus ancienne histoire de l’abbaye sont conservés aux archives secrètes de Sant’Elpidio. Commandés par la municipalité qui revendiquait des droits royaux sur le territoire, ils furent rédigés en 1413 par Francesco di Vanni. D’autres parchemins sont conservés aux Archives d’État de Rome. Les diplômes mentionnés dans ces archives concernent des documents mentionnés ou originaux attribués à Charles III le Gros (881-887), à l’évêque de Fermo, Théodose, à l’empereur et roi d’Italie Lambert II (980-998), à l’empereur Otton Ier (962-973), à Otton II (973-983) et à Otton III (983-1002). [...] »

Le texte poursuit un peu plus loin : « La construction remonte au 24 juin 883. Elle s'effectue au-dessus d’une basilique chrétienne préexistante, du Ve siècle. La première église (de 883) a été construite grâce aux moyens mis à disposition par la munificence de Charles III le Gros : un bâtiment avec trois nefs très simples, la nef centrale ayant deux fois la largeur de celle des côtés. Une transformation évidente du bâtiment a dû avoir lieu entre les XIe et XIIe siècles, à l’époque romane, avec l’allongement de l’église pour agrandir et élever la zone du presbytère. Au XVIIIe siècle, à l’instigation du cardinal Borgia, archevêque de Fermo, les nefs et les absides furent surélevées, et la façade fut modifiée. [...] »

Nous n'avons que peu modifié cette traduction automatique, l'estimant parfaitement compréhensible malgré certaines imperfections.

Nous n'avons pas visité cette église. Les images de cette page sont extraites d'Internet.


Le texte ci-dessus est très intéressant car il révèle l'existence d'archives remontant à la fin du IXe siècle. Le fait est assez rare pour être mentionné. Les dates du «14 septembre 887» et du «24 juin 883» sont très probablement issues de documents écrits datés avec précision. Et de même, les références à des princes de la fin du Xe siècle doivent elles aussi être issues de textes écrits remontant à cette époque. Par expérience, nous savons qu'il ne faut pas tirer de ces textes des conclusions hâtives. Ainsi la date du 24 juin 883 n'est peut-être pas une date de début de construction et la consécration du 14 septembre 887 ne signe pas obligatoirement la fin de la construction. Cela ne doit pas diminuer tout l'intérêt de ces documents. Bien souvent, ils n'ont été utilisés que dans le but de dater les monuments. Or ils peuvent apporter beaucoup d'autres enseignements. Ainsi dans le cas présent, nous apprenons que cette abbaye était royale. Ce renseignement peut paraître anodin. Mais il ne l'est sans doute pas. Il faut en fait réaliser que notre vision du Moyen-Âge est très simpliste. Notre conception des relations entre les puissances temporelles et spirituelles est calquée sur celles de maintenant alors que ces puissances étaient autrefois plus imbriquées et plus diversifiées, Une situation certainement plus complexe qu'on ne l'imagine.

Malgré les réserves que nous avons émises sur la datation à 883 pour un début de construction et à 887 pour la fin de construction (datations implicitement données), nous estimons que ce texte répond en grande partie à nos attentes. Nous avons même envie de dire : enfin! Nous découvrons un texte qui ne nous dit pas : « Une église est mentionnée en 883 et 887. Mais ce n'est pas l'église que l'on voit, puisque l'église que l'on voit est du XIe ou XIIe siècle. » Enfin ! un texte qui admet que certaines parties d'une église peuvent être antérieures à l'an mille. Mais ce n'est pas tout, car le texte désigne les autres parties de l'édifice, celles qui auraient été reprises (selon l'auteur) au XIe ou XIIe siècle. Et ce faisant, il conforte plusieurs de nos idées. Tout d'abord, en réalisant très probablement une analyse de l'architecture de l'édifice (malgré le manque de netteté des images de cette page, on peut repérer les traces de restaurations anciennes). Et ensuite, en désignant le sanctuaire (presbytère pour les italiens) et la crypte comme objets de ces restaurations. C'est ce que nous ne cessons de dire ; dans de nombreux cas, le chœur, considéré comme plus important que la nef, est le corps de bâtiment d'une église le plus fréquemment rénové, la crypte étant elle-même considérée comme partie prenante de ces rénovations.



Pour la datation de cette église, nous nous basons sur l'étude de la nef et de ses éléments caractéristiques : nef à trois vaisseaux charpentés, dépourvue de transept, avec trois absides en prolongement des vaisseaux. Le vaisseau central est porté par des colonnes cylindriques. Les arcs reliant ces piliers sont simples.

Datation envisagée pour la nef de l'église Santa Croce al Chienti de San't Elpidio a Mare : an 750 avec un écart de 150 ans.

Datation envisagée pour le chœur de l'église Santa Croce al Chienti : an 1025 avec un écart de 75 ans.