L'église Saint-Christol de la Couvertoirade
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Cette page est incomplète. Il manque en effet la visite de
l'intérieur de l'église Saint-Christol qui recèle peut-être
des éléments intéressants.
Dans une semi-pénombre, Anne-Marie Le Stang a pu prendre
quelques photos des stèles discoïdales déposées dans le
cimetière (en fait ce ne seraient que des copies, les stèles
originales ayant été placées à l'intérieur de l'église).
Nous ignorions à ce moment-là tout l'intérêt que pouvaient
représenter ces stèles que nous n'arrivions pas à dater.
Nous avions auparavant étudié celles de Loiras et de Soubès.
Plus récemment, nous avons partiellement décrit celles de
Belpech (Aude). Il reste à étudier la collection la plus
importante, les stèles de Usclas-du-Bosc déposées au musée
de Lodève.
Ces stèles ont posé une série d'énigmes aux historiens de
l'art. De quand datent-elles ? Pourquoi y en a-t-il dans le
périmètre restreint du Lodévois et pas ailleurs, si ce
n'est dans le pays basque ? Certains historiens de l'art ont
estimé qu'elles dataient du XIVesiècle (
probablement à cause du motif « fleur de lys » examiné
ci-dessous). Pour expliquer la localisation, on a estimé
que c'étaient probablement des œuvres de carriers soucieux
de laisser une trace de leur passage sur terre.
Après avoir étudié celles de Loiras, nous avons émis l'idée
qu'elle devaient être antérieures à l'an mille. Cette idée
est confortée par la présence sur certaines de ces stèles de
croix pattées hampées (images
3 et 4). Ce type de croix imite les croix
processionnelles portées par une hampe : des croix aux
branches évasées. Ces croix dateraient du VIIeou
VIIIesiècle. On peut les voir sur le symbole de
l'Agneau Pascal. Elles auraient succédé au symbole de croix
pattée aux branches égales. Ce dernier symbole a pu
cependant continuer à exister avec les croix pattées hampées
(image 5).
Les images 6 et 7 montrent
des croix dont les branches sont terminées par trois bosses.
Peut-être ce type de croix est-il l'ancètre de la Croix du
Languedoc ? À remarquer sur l'image
7 que la bosse située en bas à droite a été
remplacée par un pictogramme. Venons en maintenant à l'image 8.
Nous avons appelé « fleur de lys » le symbole ici
représenté. En fait, ce symbole ne représente pas du tout
une fleur de lys. On y verrait plutôt une figure féminine
très stylisée. Jusqu'à présent, nous n'étions pas arrivés à
dazter ce symbole. Mais, par chance, nous venons tout juste
d'étudier l'église de Sylvanès. Et dans cette église, un
linteau portail que nous estimons préroman. Et sur ce
tympan, coexistant avec le signe de l'Agneau Pascal, est
représenté le même symbole de « fleur de lys » (image
12 de la page
consacrée à Sylvanès). On voit donc l'enchaînement
des correspondances : le linteau et l'Agneau Pascal
permettent de dater le symbole « fleur de lys » vers l'an
750 avec un écart de plus de 200 ans. Et à son tour le
symbole permet de dater les stèles, à la même période.
Concernant la localisation de ces stèles, nous notons que le
Lodévois n'est pas seul concerné. Il y aussi les environs de
Belpech dans l'Aude. Et peut-être aussi d'autres endroits
non encore répertoriés. Nous pensons que ces stèles ont été
érigées par des populations barbares appelées en renfort
pour protéger la Narbonnaise. Ces populations auraient
voulu, par l'intermédiaire de ces stèles, exprimer leur
identité spécifique.