Autres églises de l’Hérault susceptibles de dater du 1er Millénaire : Page 5/6
Cette page référencie les 10 édifices
suivants : Pailhès :
Église paroissiale, Puéchabon : Chapelle de
Saint-Sylvestre-des-Brousses, Roquessels : Église
paroissiale Notre-Dame, Roujan : Abbatiale
Sainte-Marie-de-Cassan, Brissac : Chapelle Saint-Étienne
d’Issensac, Saint-Hilaire-de-Beauvoir : Église
paroissiale, Saint-Vincent-de-Barbeyrargues : Église
paroissiale, Sainte-Croix-de-Quintillargues : Église
paroissiale, Sautey : Chapelle d'Aleyrac, Sauteyrargues :
Église paroissiale.
Pailhès
: Église paroissiale
Nous avons visité l’intérieur de cette église il y a
quelques années. Hormis des fresques de Nicolas Greshhi,
peintre de la seconde moitié du XXesiècle,
elle ne présentait, à nos yeux, aucun intérêt particulier et
nous n’avons même pas pris de photographies. Aussi avons
nous été surpris de découvrir un peu plus tard l’existence,
dans la façade Ouest (image
1), d’une porte murée (image
2). La forme de cette porte (linteau en bâtière
surmonté d’un arc qui s’appuie directement sur les
extrémités du linteau), son emplacement dans la partie
médiane de la façade, surélevée par rapport au sol, font
penser à une réalisation de l’antiquité tardive (VIeou
VIIesiècle). Le chevet (image
3) a été surélevé à l’époque moderne. Ce chevet
est un excellent contre-exemple d’une erreur fréquente. On
aurait en effet tendance à s’imaginer que, la technique
s’améliorant au fil des années, il y a progrès dans la
taille des pierres. Et donc que le travail des parties
supérieures est plus soigné et plus régulier que celui des
parties inférieures. On assiste ici au résultat contraire.
De quand date la partie inférieure? La décoration à
incrustation de basalte incite à avancer une datation aux
alentours de l’an 1000.
Puéchabon
: Chapelle de Saint-Sylvestre-des-Brousses
Nous n’avons pu visiter l’intérieur de cette église. Il
s’agit d’une église à nef unique et abside semi-circulaire
(le cas est fréquent à l’Est du fleuve Hérault).
Pour en revenir au chevet, son diamètre est important, mais
moins que celui de la nef. Il est précédé d’un avant-chœur
rectangulaire et décoré d’arcatures lombardes surmontées
d’un bandeau à dents d’engrenage. La datation de ce chevet
est estimée au XIesiècle.
Roquessels
: Église paroissiale Notre-Dame
L’absence de décoration à l’intérieur et à l’extérieur de
cet édifice (images 7, 8
et 9) empêche toute identification. Seule
l’existence d’impostes au lieu de chapiteaux et de tailloirs
pourrait faire envisager une datation du premier millénaire.
On ne peut déduire une datation du XIIIesiècle
par la présence d’arcs brisés : ils ont pu avoir été
construits après, et sur les murs de la première
construction.
Roujan
: Abbatiale Sainte-Marie-de-Cassan
Nous n’avons pu visiter l’intérieur de cette église. Les images 10 et 11 de
l’extérieur font apparaître un grand nombre de modifications
(telles que les fenêtres de dimensions différentes) qui font
envisager une ancienneté dans l’art roman.
Quant au clocheton de l'image 12, il est décoré d’incrustations de basalte en
forme d’étoiles. Une telle particularité pose un réel
problème. En effet ce clocheton est aussi décoré de
colonnettes et de chapiteaux. Or jusqu’à présent, les
incrustations de basalte des monuments du biterrois
constituaient les seuls éléments de décoration. Une
décoration d’ailleurs assez fruste telle que le dessus («
sourcil ») d’une arcade. Et nous avions envisagé pour ce
type de décoration une datation aux alentours de l’an mille.
En ce qui concerne le clocheton, la décoration pourrait être
plus tardive d’au moins un siècle. En conséquence il y
aurait au moins deux périodes dans la décoration polychrome
(ou marquèterie de pierre). Une première période, plus
particulièrement en biterrois ou en Italie du Sud, avec une
décoration simple, en général bicolore noir et blanc. Une ou
plusieurs autres périodes, principalement dans d’autres
régions comme l’Auvergne ou la Sicile, avec une décoration
plus évoluée, plus baroque. Alors que la première période
concernerait un art « préroman », la seconde caractériserait
la fin de l’art roman (XIIesiècle).
Brissac
: Chapelle Saint-Étienne d’Issensac
Nous n’avons pu visiter l’intérieur de cette église. Il
s’agit d’une église à nef unique et abside semi-circulaire.
Extérieurement, l’absence de décoration ne permet pas de
conclure.
Saint-Hilaire-de-Beauvoir
: Église paroissiale
Il en est de même pour l’église de
Saint-Hilaire-de-Beauvoir. Par rapport à l’église de
Saint-Étienne d’Issensac, le seul élément distinctif semble
être le décor d’arcatures lombardes au chevet. Mais les
pierres éléments de ce décor semblent avoir été fraîchement
taillées et on peut s’interroger sur l’état de l’édifice
avant les restaurations.
Saint-Vincent-de-Barbeyrargues
: Église paroissiale
Il en est de même aussi pour cette église que nous n’avons
pas pu visiter. La façade occidentale (image
19) est probablement due à une restauration à la
suite de divers événements comme les guerres de religion. Le
chevet (images 20 et 21
) a été en grande partie restauré (image
21). La colonnade qui l’entoure (image
20) n’a semble-t-il pas d’équivalent dans la
région. La fenêtre axiale ainsi que la fenêtre du bâtiment
Nord (image 20)
semblent dater d’un premier art roman (XIesiècle).
Sainte-Croix-de-Quintillargues
: Église paroissiale
Nous n’avons pu visiter l’intérieur de cette église. Il
s’agit d’une église à nef unique et abside semi-circulaire.
D’après son plan (image
24), elle serait voûtée. Elle a été surélevée aux
alentours du XVesiècle (voir l’échauguette).
Cette surélévation est apparente par la couleur grise des
pierres (images 22 et 23
). Les fenêtres, à simple ressaut, seraient les
témoins d’un premier art roman (XIesiècle ?).
Sautey
: Chapelle d'Aleyrac
Nous n’avons pu visiter l’intérieur de cette église. Selon
nous, seule l’abside principale pourrait être antérieure à
l’an 1200. Le reste, nef et abside secondaire, pourraient
être nettement postérieurs. Il est néanmoins possible que
ces parties aient été édifiées sur des bases antérieures.
Sauteyrargues
: Église paroissiale
Nous n’avons pu visiter l’intérieur de cette église. La
fenêtre axiale (image 29) présente des éléments archaïques qui pourraient
avoir été récupérés sur un autre monument. On constate en
effet que les bases des colonnes sont différentes. Par
ailleurs, les plans en coupe horizontale supérieure et
inférieure du chapiteau de l'image
30 ne coïncident pas avec les coupes horizontales
inférieure du tore qui le surplombe, et supérieure de la
colonne qu’il surplombe. Une telle anomalie fait envisager
que le tore, les chapiteaux et les colonnes ont été
installés ultérieurement. Par ailleurs, le chapiteau semble
antérieur à l’an 1000 (sous toutes réserves).