Le prieuré de Saint-Martin-de-Londres
Nous avons visité cette église il y a
près de dix ans avant d’avoir envisagé d’effectuer une étude
sur la Premier Millénaire et d’avoir évalué l’importance du
nombre d’édifices attribuables à cette période. Nous
n’avions même pas pris des photographies de l’intérieur tant
il nous semblait quelconque, dépourvu des sculptures qui,
pour nous, faisaient la principale richesse des églises
romanes, au détriment de l’ancienneté, invariablement
estimée du XIeou XIIesiècle par
la documentation mise à notre disposition.
Nous pensons à présent qu’il est nécessaire de revoir cet
édifice. Et ce, pour plusieurs raisons. La première de ces
raisons vient du fait qu’il s’agit d’une église à arcatures
lombardes. Nous estimons que le modèle d’architecture à
arcatures lombardes est apparu tardivement … en architecture
du Premier Millénaire. Ceci signifie que bon nombre
d’églises à arcatures lombardes qui étaient auparavant
datées du XIepourraient en fait être
antérieures d’au moins un siècle. C’est-à-dire dater du Xesiècle
voire même de la seconde moitié du IXesiècle
(Voir à ce sujet la démonstration qui en est faite
concernant l’abbatiale de Saint-Guilhem-le-Désert).
Une seconde raison vient du plan de l’église (image
3) : un plan centré, cruciforme. On donne le nom
de plan tréflé à ce type de plan qui à ceci de particulier
que chaque branche de la croix est terminée par une abside
semi-circulaire. Ce plan déjà vu à l’abbatiale Sainte-Croix
de Quimperlé en Bretagne (voir sur ce site) est rare en
France. Il est par contre plus fréquent en Proche Orient, en
Géorgie et en Arménie. Il serait issu du plan de l’église de
la Vraie Croix de Jérusalem. Ces églises cruciformes
d’Orient dateraient du IXeou Xesiècle
(voir les pages sur la Géorgie prochainement sur ce site).
La datation est quasi certaine puisque la dédicace est
inscrite sur les murs mêmes de ces édifices.
L’actuelle page sera réécrite après une étude plus
approfondie du prieuré de Saint-Martin.