Chapelle Saint-Cyr-et-Sainte-Julitte de Canac 

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Cet édifice présente certaines caractéristiques laissant envisager une datation bien antérieure à celle estimée auparavant. Il nécessite un examen très approfondi que nous espérons pouvoir faire dans les mois qui viennent.


Ajout d'images (et de quelques commentaires) le 3 janvier 2020

Le plan photographié in situ (image 7) est très révélateur de plusieurs constructions successives : en traits noirs, des murs datés du XIesiècle, en traits bleus, la nef attribuée au XIIesiècle, en traits rouges, des constructions datées du XIVeau XVIesiècle.

Nous devrions normalement nous étonner d'une telle datation. Comment se fait-il en effet qu'on sache effectuer une différence entre des constructions anciennes du
XIeou XIIesiècle et que l'on soit incapable d'évaluer avec une aussi grande précision des constructions plus récentes ? En fait, une telle datation ne nous surprend plus du tout. Elle se déduit facilement à partir d'un raisonnement très simple que nos lectyeurs assidus doivent commencer à connaître. Il y a dans cette église, dans la nef et le chœur, des arcs en plein cintre caractéristiques de l'art roman. Or, d'après le dictionnaire Petit Larousse, les constructions romanes datent du XIe et XIIesiècle (les auteurs du Petit Larousse, inspirés par les Immortels de l'Académie Française, ne définissent pas le style des constructions antérieures à l'an mille : ils savent qu'il n'y en a pas. Tout a été détruit par les invasions barbares. Quels barbares ? Peu importe ! L'oracle a parlé!). Nous disons donc que cette église date, selon le Petit Larousse, du XIe ou XIIesiècle. Disons du XIIesiècle. Mais il y a dans cette église deux constructions différentes, la nef et le chœur et il semble bien que la nef soit plus récente que le chœur. Donc le choeur est du XIesiècle et la nef du XIIesiècle.


Notre estimation de datation sera très certainement moins précise mais mieux étayée que celle décrite ci-dessus. Toujours est-il que nous disposons grâce à cette
image 7
d'un plan bien structuré et riche en renseignements divers. Un plan qui nous révèle pas mal de détails que nous n'avions pas repérés lors de notre unique visite en mai 2015. Il faut dire qu'à cette date de mai 2015, notre site n'existait pas (il a été conçu par Alain le Stang 6 mois plus tard). La construction de ce site a eu deux conséquences : la découverte d'un grand nombre de monuments (2 fois plus que ceux repérés auparavant), la nécessité d'une étude approfondie. Cette nécessité d'une étude approfondie a amené à la découverte d'originalités ; ces originalités devenant à leur tour des éléments essentiels dans la recherche. Concernant l'église Saint-Cyr-et-Sainte-Julitte de Canac, nous avons trouvé trois originalités.


Un ouvrage Ouest


L'image 1 et l e plan de l'image 7 montrent qu'il existait un ouvrage Ouest distinct d la nef. Il faut savoir que toutes les églises ne possèdent pas d'ouvrage Ouest. Il en est même de grandes dimensions qui en sont dépourvues. Nous pensons que ces ouvrages Ouest symbolisaient la puissance temporelle : puissance spirituelle à l'Est, puissance temporelle à l'Ouest. Ces ouvrages Ouest devaient être réservés au seigneur du lieu. Pas forcément une résidence mais un endroit du haut duquel il manifestait son pouvoir sur la contrée. Le seigneur n'était d'ailleurs pas nécessairement un laïc. Ce pouvait être un évêque ou l'abbé d'un monastère.


Des absides accolées


Une telle originalité (images 4 et 5 , plan de l'image 7) n'apparaît pas au premier abord. En fait, elle est révélatrice d'une pratique architecturale fréquente dans le monde occidental et, selon nous, très antérieure à l'an mille. Les absides sont accolées parce qu'elles se situent dans le prolongement des vaisseaux d'une nef triple. Il arrive fréquemment, comme c'est le cas ici, que la nef originale a disparu, remplacée par une autre nef différente. Mais plus souvent encore, c'est le contraire : la nef a été conservée et le chœur remplacé par un transept et un chevet à trois absides séparées (une abside centrale et deux absidioles greffées sur les croisillons du transept). Mais revenons à l'église de Canac. Il devait donc y avoir primitivement une église à nef triple et à chevet à trois absides situées dans le prolongement des vaisseaux. Nous pensons que ce type de plan est très ancien, antérieur à la création des transepts. Ceux-ci ont été soit ajoutés plus tard à une construction préexistante, soit créés en même temps que la construction d'une église à absides accolées. Nous pensons cependant que la deuxième hypothèse est la moins fréquente : très rapidement, les architectes ayant planifié la construction d'une église dotée d'un transept, ont adopté un plan de chevet à absides séparées.


Un transept bas

Les images 1 et 4 ainsi que le plan de l'image 7 montrent la présence de petits corps de bâtiments accolés à la nef et transverses à celle-ci. C'est ce que nous appelons un transept bas (plus bas que la nef). Comme il a été dit précédemment, ces deux corps de bâtiments ont été probablement ajoutés à la construction initiale. Cet ajout a-t-il été effectué entre le XIVesiècle et le XVIesiècle ? Il nous est difficile de le savoir. De toute façon, il devait y avoir un transept lors de la construction de la nef (en traits bleus). En effet, la travée du transept est plus large qu'une travée de nef et plus étroite que deux travées de nef. En conséquence, le transept n'a pu être construit sur l'emplacement d'une travée ou de deux travées de nef.

Datation envisagée concernant la nef primitive (traits noirs du plan) : an 700 avec un écart de 200 ans (en attendant une évaluation meilleure de ce type d'église).

Concernant la nef (en traits bleus sur le plan et image 8) nous avouons notre ignorance dûe à un déficit d'images (murs et chapiteaux). Il est possible qu'elle ait été à l'origine à trois vaisseaux. Auquel cas elle pourrait être antérieure au XIIesiècle. Mais ce ne sont que des hypothèses qui nécessitent un retour sur site.