Églises à fresques du département du Cher
Les églises contenant des fresques dites
« romanes » sont rares en France, mais c'est sans doute dans
le centre de la France dans les départements de l'Indre ou
du Cher qu'on en trouve le plus. Dans ce dernier
département, nous en avons sélectionné deux : l'église
Saint-Aignan de Brinay, l'église
Saint-Éloi de Chalivoy-Milon.
L'église
Saint-Aignan de Brinay
Nous venons de dire que les églises de France possédant des
fresques romanes étaient rares. Mais en plus de cela,
lorsqu'une église contient des fresques, celles-ci ne
constituent qu'une toute petite partie de l'édifice.
L'église de Brinay est une des mieux conservées. Si sa nef (images 3 et 4)
n'est pas pourvue de décor, le chœur est quant à lui presque
entièrement orné de fresques (images
5 à 9).
La datation des fresques est, selon
nous, très délicate. Bien sûr, il en est qu'il est très
facile de dater, comme celles de Pompéi et Herculanum,
villes détruites en l'an 79 de notre ère. Par comparaison
stylistique, on arrive à dater d'autres fresques romaines,
comme celles trouvées à Narbonne.
Les fresques de Brinay seraient datées par les spécialistes
du XIIesiècle. Et ce, comme la plupart des
fresques dites romanes. Il y a là quelque chose
d'incompréhensible. En effet, d'une part on nous dit que les
fresques sont soit romaines, datées majoritairement du
premier siècle, minoritairement des siècles suivants
jusqu'au IVesiècle, soit romanes du XIIesiècle.
Et entre le IVeet le XIIesiècle,
rien du tout. Mais d'autre part on constate que la technique
a peu évolué au cours des siècles. Il nous semble impossible
qu'il y ait eu une interruption pendant plus de sept
siècles. Il doit donc y avoir des restes de fresques datant
de cette période.
Nous pensons que certaines fresques situées principalement
dans les Pyrénées pourraient dater de cette période de sept
siècles. Cependant nous ne pouvons confirmer cette hypothèse
que si nous étudions l'ensemble des fresques afin d'établir
des comparaisons.
Nous avons donc recueilli des images de
Saint-Aignan de Brinay. Peut-on dater cette église ? C'est
délicat étant donné le peu d'éléments dont on dispose. On
constate cependant que l'arc triomphal est porté par des
impostes à chanfrein vers l'intrados. Ce qui signifierait
que ces impostes pourraient être de peu antérieures à l'an
mille.
Le mur Est (image 10)
est percé de trois fenêtres. Celle du milieu est nettement
plus grande que les deux autres. Ce qui apparaît
anachronique et fait envisager que cette fenêtre a été
percée postérieurement aux deux autres en agrandissant une
fenêtre centrale. Cette hypothèse est confirmée par l'examen
de chacune des fenêtres. Les deux petites fenêtres sont
encadrées par un bandeau (images
11, 12 et 13) qui s'appuie sur une frise
horizontale. Ces frises et bandeaux délimitent des scènes
qui semblent leur être contemporaines. Par contre, le
bandeau qui encadre le fenêtre centrale semble empiéter sur
une scène antérieure.
La fenêtre centrale, surmontée d'un arc brisé, pourrait
dater de la période gothique. Les deux fenêtres latérales,
quant à elles, ne sont pas protégées par un arc brisé. Elles
ont la forme d'un triangle isocèle.
Le fait que ces deux fenêtres soient de petite dimension
fait envisager la datation suivante : an 900 avec un écart
de 200 ans.
L'église
Saint-Éloi de Chalivoy-Milon
L'architecture de cet édifice, tant à l'intérieur qu'à
l'extérieur, a toutes les caractéristiques d'un art roman
relativement tardif. Les fresques ne peuvent être que
contemporaines ou postérieures à la construction de cet
édifice.
Datation envisagée
: an 1100 avec un écart de 50 ans.