La chapelle Saint-Gunthiern de Locoyarn à Hennebont
Première
partie
du
texte
(rédigée
en
août
2019)
C’est
tout
à
fait
par
hasard
que
nous
avons
eu
connaissance
de
cette
petite
chapelle.
Il
s’agirait
là,
selon
nous,
d’un
véritable
petit
bijou.
Nous
n’avons
que
quelques
photographies
de
cette
chapelle.
Mais
ces
photographies
permettent
d’envisager
des
développements
intéressants.
La
première
d’entre
elles
(image
1)
apparaît
banale.
Elle
ne
l’est
pas
du
tout.
Nous
sommes
en
présence
de
la
façade
Ouest
d’une
basilique
romaine.
Nous
avons
bien
dit
«
romaine
»,
pas
«
romane
».
Cette
façade
reproduit
le
profil
intérieur
de
l’église
:
une
nef
à
3
vaisseaux
charpentés
;
le
vaisseau
central
est
couvert
d’un
toit
à
deux
pentes.
Chacun
des
vaisseaux
latéraux
est
couvert
d’un
toit
à
une
pente
en
décrochement
avec
les
pentes
du
toit
du
vaisseau
central.
Cette
façade
est
pratiquement
inchangée
depuis
plus
d’un
millénaire.
Il
y
a
certes
eu
des
modifications,
comme
la
porte
surmontée
d’un
arc
en
plein
cintre
et
la
fenêtre
qui
la
surmonte.
Cette
façade
laisse
espérer
que,
à
l’intérieur,
on
retrouve
les
traits
caractéristiques
d’une
basilique
romaine.
Cet
espoir
est
conforté
après
observation
de
l'image
3.
On
y
voit
même
les
fenêtres
supérieures
qui
éclairaient
le
vaisseau
central
de
la
nef.
Dans
bien
des
cas
analogues,
ces
fenêtres
supérieures
ont
été
supprimées
car
il
y
a
eu
remplacement
du
système
des
trois
toits
par
un
seul
toit
à
deux
pentes.
Mais
ce
qui
nous
semble
encore
plus
intéressant
est
le
plan
d’ensemble
(image
2).
On
y
voit
en
effet
un
chevet
carré
légèrement
désaxé
par
rapport
à
l’axe
de
la
nef.
Il
faut
comprendre
que
les
églises
rurales
à
chevet
carré
sont
fréquentes
dans
le
Sud
de
la
France
(plus
d’une
centaine
ont
été
identifiées).
La
seule
différence
avec
la
chapelle
Saint-Gunthiern
réside
dans
leur
nef,
à
un
seul
vaisseau.
Il
faut
aussi
comprendre
que,
à
l’heure
actuelle
encore,
les
historiens
de
l’art
manifestent
une
très
grande
timidité
dans
l’évaluation
de
datation
de
ces
chapelles.
Vu
qu’il
est
difficile
de
les
qualifier
de
«
romanes
»,
car
elles
n’ont
pas
les
traits
caractéristiques
de
l’art
roman,
ils
les
qualifient
de
«
préromanes
».
Mais
dans
quelle
période
faut-il
situer
le
«
préroman
»
?
Il
y
a
quelques
années,
une
historienne
de
l’art
répondait
à
la
question
:
«
Pour
moi,
l’art
préroman
se
situe
entre
l’an
950
et
l’an
1050
».
Il
ne
faut
donc
pas
s’étonner
si
la
plupart
des
auteurs
des
sites
Internet
sur
ces
églises
les
datent
du
Xeou
XIesiècle.
Mais
sur
quelles
données
objectives
se
basent
ces
auteurs
pour
asseoir
leur
jugement
?
Nous
l’ignorons.
Et
nous-mêmes
sommes
incapables
de
dater
de
tels
types
d’églises
à
nef
unique.
Par
contre,
nous
devenons
de
plus
en
plus
capables
de
dater
l
‘évolution
dans
la
construction
des
nefs
à
trois
vaisseaux.
Ce
qui
va
nous
permettre,
grâce
à
l’évaluation
de
cette
église
Saint-Gunthiern,
de
dater
les
églises
à
chevet
carré.
Ce
qui
devrait
faire
remonter
la
datation
de
ces
églises
de
quatre
ou
cinq
siècles
par
rapport
à
l’évaluation
du
Xesiècle
qui
nous
était
proposée.
Il
s’agit
là
d’une
des
plus
petites
églises
à
plan
basilical
que
nous
ayons
rencontrée.
Peut-être
même
la
plus
petite
église.
Cette
église
pose
question
dans
la
mesure
où
l’architecte
qui
a
fait
son
plan
aurait
très
bien
pu
construire
une
église
à
nef
unique,
sans
doute
moins
coûteuse.
Jusqu’à
présent,
il
était
possible
d’envisager
que
les
premières
basiliques
avaient
été
construites
à
trois
nefs
ou
cinq
nefs
à
cause
de
l’impossibilité
d’élargir
à
volonté
le
vaisseau
principal.
S’il
n’y
avait
eu
qu’un
seul
vaisseau,
on
aurait
été
obligé
de
construire
une
nef
deux
fois
plus
longue.
Ce
qui
aurait
entraîné
quelques
problèmes,
comme
celui
de
ne
pouvoir
communiquer
avec
les
paroissiens
du
fond
de
l’église
trop
éloignés
pour
entendre
les
discours
ou
pour
participer
aux
célébrations.
Mais
une
telle
explication
ne
tient
pas
en
ce
qui
concerne
cette
chapelle
qui
aurait
pu
être
à
nef
unique.
Il
faut
donc
envisager
que
la
construction
d’une
nef
à
trois
vaisseaux
correspondait
à
des
exigences
liturgiques.
Il
y
aurait
plusieurs
chapiteaux
analogues
à
celui
de
l'image
4.
En
fait,
il
ne
s’agit
pas
d’un
chapiteau
mais
d’une
imposte
déposée
sur
un
pilier
rectangulaire
de
type
R0000.
Cette
imposte
est
décorée
sur
la
face
avant
de
deux
dragons
adossés
(image
5).
Dans
un
premier
temps,
nous
avons
été
désarçonnés
par
le
décor
de
ces
chapiteaux.
D’une
part
la
structure
de
cette
église
(nef
à
trois
vaisseaux)
est
typiquement
romaine.
D’autre
part,
le
décor
des
chapiteaux
(exemple
:
dragons
adossés)
est
typiquement
barbare.
En
dépit
de
tout
ce
qui
a
pu
être
raconté
sur
les
«
invasions
barbares
»,
nous
pensons
qu’il
a
pu
y
avoir
une
coexistence
pacifique
entre
populations
romaines,
populations
barbares
et,
ne
l’oublions
pas,
populations
locales
non
romanisées.
Mais
nous
pensons
aussi
qu’il
a
fallu
un
certain
temps
avant
que
les
romains
adoptent
certaines
coutumes
barbares
et
réciproquement.
Et
il
nous
a
semblé
étonnant
qu’un
décor
barbare
ait
pu
coexister
avec
une
structure
romaine.
Une
étude
plus
détaillée
de
ces
impostes
pourrait
permettre
de
lever
un
coin
du
voile.
Les
images
4
et
5
d’une
même
imposte
ainsi
que
l’image
6
d’une
autre
imposte
montrent
qu’il
existe
à
la
partie
inférieure
de
chaque
imposte
un
décor
simplement
mouluré.
On
retrouve
le
même
type
de
décor
mouluré,
mais
cette
fois-ci
sur
toute
l’imposte,
à
Saint-Aphrodise
de
Béziers,
de
mêmes
éléments
caractéristiques
que
Locoyarn.
D’où
l’idée
que,
à
l’origine,
les
impostes
de
Locoyarn
étaient
simplement
moulurées.
Les
décors
historiés
de
dragons
ou
autres
animaux
fantastiques
auraient
été
sculptés
ultérieurement
en
supprimant
partiellement
le
décor
mouluré.
L'image
7
ci-dessous
met
en
évidence
deux
voussures
d’un
arc.
Sur
l’une
d’entre
elles,
un
personnage
est
représenté,
les
bras
levés
:
il
s’agit
d’un
orant.
Sur
l’autre,
on
peut
voir
une
croix
pattée
hampée.
Ce
n’est
pas
la
première
fois
que
nous
rencontrons
une
voussure
d’arc
décorée
d’une
croix
pattée.
Précédemment
nous
en
avons
vues
à
San
Juan
de
Banos
(Castille-et-León),
et
à
Saint-Couat
d’Aude
(Aude).
La
première
de
ces
églises
est
qualifiée
de
wisigothique.
La
seconde
est
située
dans
le
territoire
de
l’ancienne
Gothie.
Serait-il
possible
à
une
époque
donnée
qu'une
partie
du
territoire
breton
ait
été
occupée
par
des
wisigoths
ou
des
peuples
adeptes
du
culte
arien
?
Les
textes
n’en
parlent
pas.
Mais
il
y
a
beaucoup
de
lacunes
dans
l’histoire
écrite
du
premier
millénaire
et
des
événements
importants
ont
pu
se
passer
sans
qu’un
seul
texte
n’en
parle.
Datation
envisagée
pour
la
chapelle
Saint-Gunthiern
de
Locoyarn
à
Hennebont
:
an
550
avec
un
écart
de
200
ans.
Deuxième
partie
du
texte
(rédigée
en
novembre
2021)
Cette
deuxième
partie
du
texte
a
été
écrite
à
la
suite
d'une
visite
effectuée
en
septembre
2021
en
compagnie
d'Alain
et
Anne-Marie
Le
Stang,
qui
ont
pris
les
photographies.
Toutes
les
images
autres
que
celles
portant
les
numéros
2,3,
et
7
sont
issues
de
cette
visite.
Nous
remercions
vivement
Monsieur
Jaffré,
propriétaire
de
cette
chapelle,
pour
nous
avoir
permis
de
visiter
et
de
photographier
ce
monument.
En
visitant
cette
chapelle,
nous
espérions
que
grâce
à
l'expérience
acquise
depuis
plus
de
six
ans,
nous
résoudrions
sans
trop
de
difficultés
d'éventuels
problèmes
concernant
la
datation,
une
datation
déjà
en
partie
évoquée
auparavant.
Les
images
que
nous
allons
voir
montreront
que
l'affaire
est
un
peu
plus
compliquée
que
ce
que
nous
avions
prévu.
Le
plan
de
l'image
2
et
les
images
de
8
à
15
n'apportent
pas
de
trop
grandes
modifications
au
texte
ci-dessus.
Notons
seulement
que,
concernant
le
plan
de
l'image
2
trouvé
sur
Internet,
l'orientation
indiquée
est
Nord-Nord-Est
alors
que
d'après
les
images
satellites
(image
43)
elle
est
plein
Est.
Notons
aussi
que
les
légendes
de
ce
plan
indiquent
des
«
parties
romanes
»
et
des
«
parties
remaniées
».
Bien
malin
serait
celui
apte
à
faire
le
distinguo
entre
ces
parties.
Il
est
possible
(mais
pas
certain)
que
l'entrée
d'origine
ait
été
située
sur
la
façade
Ouest
(image
1).
Et
donc
le
portail
Sud
(image
15)
serait
plus
tardif.
Il
est
par
contre
plus
probable
que
les
grandes
fenêtres
du
chevet
(images
9,
13
et
18)
ont
été
percées
ultérieurement,
peut-être
durant
la
période
moderne
(XVIIe
ou
XVIIIe
siècle).
Mais
nous
ne
pouvons
prouver
tout
cela
au
seul
examen
des
matériaux
utilisés.
Remarquons
la
curieuse
plaque
gravée
d'une
tête
humaine
qui
a
probablement
servi
à
obstruer
une
fenêtre
(image
12).
Malgré
son
aspect
archaïque,
nous
ne
sommes
pas
certains
d'une
grande
ancienneté.
Venons-en
à
présent
aux
images
16
à
24
de
l'intérieur.
A
priori,
rien
ne
permet
de
penser
que
les
piliers
dits
«
romans
»
sont
plus
anciens
que
les
murs
extérieurs
appartenant
aux
parties
dites
«
remaniées
».
Nous
pensons
même
que
le
plan
est
bien
celui
d'origine
car
il
respecte
les
règles
de
symétries
et
de
translations
(s'il
y
avait
eu
des
modifications
globales,
ces
règles
n'auraient
pas
été
préservées).
Le
fait
que
tous
les
piliers
soient
de
type
R0000
(à
plan
rectangulaire)
et
que
les
arcs
reliant
les
piliers
soient
à
simple
rouleau
nous
font
envisager
une
haute
datation.
Sur
l'image
22,
on
remarque
que,
dans
la
première
travée
à
partir
de
la
gauche,
une
poutre
en
bois
est
posée
sur
les
impostes
des
piliers.
On
revoit
cette
poutre
sur
les
images
23
et
31.
Sur
ces
deux
dernières
images,
on
constate
la
présence
d'une
rainure
sous
la
poutre.
Comme
s'il
s'agissait
d'une
tringle
de
rideau.
Cette
poutre
reliant
deux
piliers
n'est
d'ailleurs
pas
la
seule.
Il
en
existe
une
située
sous
l'arc
triomphal
(image
17).
Mais
cette
poutre
connue
sous
le
nom
de
«
poutre
de
gloire
»
est
plus
nettement
fréquente
que
la
précédente.
Enfin
il
en
existait
une
autre
barrant
l'arc
Nord
de
la
travée
la
plus
proche
du
sanctuaire.
Il
en
reste
un
morceau
visible
sur
l'image
37.
L'existence
de
ces
poutres,
datables
par
dendrochronologie,
pourrait
se
révéler
intéressante.
Il
est
selon
nous
probable
que
ces
poutres
portaient
autrefois
des
rideaux
permetant
de
séparer
le
vaisseau
principal
des
collatéraux.
L'existence
de
ces
séparations
durant
le
Haut
Moyen-Âge
est
prouvée
dans
divers
endroits,
comme
par
exemple,
Ravenne
en
Italie.
Jusqu'à
présent
tout
semblait
à
peu
près
clair.
Mais
l'affaire
devient
un
peu
plus
compliquée
lorsqu'on
observe
plus
attentivement
les
impostes
des
piliers
de
la
nef.
Nous
les
avons
toutes
photographiées
successivement
d'Ouest
en
Est
en
commençant
par
le
côté
Sud.
Ce
sont
tout
d'abord
les
images
de
1S,
2S,
3S,
4S,
5S.
Puis
celle
du
chapiteau
Sud
de
l'arc
triomphal,
6S
(images
de
25
à
30).
Puis
les
images
de
1N,
2N,
3N,
4N,
5N.
Puis
celle
du
chapiteau
Nord
de
l'arc
triomphal,
6N
(images
de
31
à
36).
On
constate
sur
les
images
26
et
27
que
les
impostes
situées
au
sommet
des
piliers
sont
différentes
à
gauche
et
à
droite.
Ce
n'est
pas
le
cas
pour
l'imposte
de
l'image
28,
ni
bien
sûr,
pour
celles
des
images
25,
29
et
30
sculptées
d'un
seul
côté.
Ces
images
26
et
27
révèlent
une
importante
anomalie.
Pourquoi
importante
?
Nous
estimons
en
effet,
que
comme
dans
le
cas
d'une
enquête
policière,
toute
anomalie
est
importante
car
son
explication
peut
permettre
de
résoudre
l'enquête.
Constatons
d'abord
qu'on
ne
retrouve
pas
cette
anomalie
(plus
exactement
ces
deux
anomalies)
sur
les
deux
piliers
côté
Nord
faisant
face
aux
piliers
2S
et
3S
(images
32
et
33).
Dans
un
premier
temps,
nous
avons
envisagé
qu'il
y
avait
eu
plusieurs
étapes
de
travaux
(au
moins
trois).
Mais,
d'une
part,
cela
supposait
que
les
piliers
situés
sous
les
impostes
avaient
subi
des
transformations.
Ce
qui
ne
semble
pas
avoir
été
le
cas.
Et,
d'autre
part,
cela
n'expliquait
pas
pourquoi
ces
anomalies
ne
se
retrouvaient
pas
du
côté
Nord.
Une
autre
étape
de
travaux
côté
Nord
?
Ça
fait
beaucoup
d'étapes
de
travaux
!
Actuellement
nous
privilégions
une
autre
hypothèse
:
l'ensemble
a
été
réalisé
en
une
seule
étape
de
travaux.
Les
disparités
d'impostes
sur
un
même
pilier
ne
seraient
pas
fortuites
mais
volontaires.
Si
l'on
observe
chacune
de
ces
impostes,
on
remarque
que
:
celle
de
droite
de
l'image
26
a
une
forme
peu
différente
de
celle
de
l'image
25
;
celle
de
droite
de
l'image
27
a
une
forme
peu
différente
de
celle
de
gauche
de
l'image
26
;
celle
de
l'image
28
a
une
forme
peu
différente
de
celle
de
gauche
de
l'image
27.
Nous
pensons
donc
que
chacune
des
baies
protégées
par
les
arcs,
côté
Sud,
devait
être
réservée
à
un
personnage
ou
une
famille
ou
un
clan.
Le
thème
des
personnages
situés
sous
des
arcades
est
relativement
fréquent
sur
des
sarcophages
antiques.
Il
est
d'ailleurs
présent
sur
une
des
images
déroulantes
de
notre
page
d'accueil.
Il
reste
cependant
une
anomalie
que
nous
ne
pouvons
expliquer
:
la
présence
sur
les
piliers
1S
et
5S
d'une
colonne
demi-cylindrique
engagée,
interrompue
brutalement
sous
chacune
des
impostes
(images
25
et
29),
et
corrélativement,
l'absence
de
la
même
anomalie
côté
Nord.
Venons-en
à
présent
à
une
nouvelle
anomalie
concernant
l'imposte
du
pilier
4N.
C'est
la
seule
qui
soit
historiée,
les
autres
étant
simplement
moulurées
ou
ornées
de
denticules,
billettes
ou
motifs
géométriques.
Nous
étudions
en
détail
quelques
images.
Image
37
:
sur
la
face
Ouest
du
pilier
4N,
une
tête
humaine
émerge
au-dessus
d'arcs
de
cercles
entrelacés.
Images
4
et
5
:
sur
la
face
Sud
du
pilier
4N,
deux
hybrides
à
corps
de
lion
et
pattes
d'oiseau
sont
adossés
(dragons
?
cheval
solaire
?).
Leurs
têtes
se
font
face.
À
remarquer
que
les
images
de
ces
deux
dragons
ne
sont
pas
symétriques
(ce
qui
est
une
règle
générale
dans
l'art
roman).
Image
38
:
sur
la
face
Est
du
pilier
4N,
un
autre
hybride
à
queue
de
serpent
et
aile
d'oiseau.
Il
a
la
même
gueule
en
forme
d'accent
circonflexe
que
les
deux
hybrides
précédents.
Ces
deux
faces
d'un
même
pilier
sont
caractéristiques
d'un
art
barbare
de
peuples
nordiques
:
bretons
?
saxons
?
autres
peuples
?
Le
modèle
de
gueule
en
forme
d'accent
circonflexe
est
nouveau
pour
nous
(comparaison
avec
le
portail
de
l'église
d'Urnes
en
Norvège
?).
Images
30
et
36
:
on
retrouve
sur
ces
images
de
chapiteaux
de
l'arc
triomphal
la
même
tête
humaine
que
celle
de
l'image
37.
Image
28
:
c'est
l'imposte
du
pilier
4S
en
regard
avec
celle,
historiée,
du
pilier
4N.
Remarquer
que,
bien
que
non
historiée,
elle
est
de
facture
plus
évoluée
que
les
autres
impostes.
Images
40
et
41
:
cette
fois-ci,
ce
ne
sont
pas
des
impostes
mais
des
bases
de
piliers.
Et
ces
piliers,
ce
sont
toujours
les
piliers
4N
et
4S
!
Ces
bases
sont
décorées
d'arcs
de
cercles
concentriques
qui
symboliseraient
le
ciel.
Interprétation
de
ces
anomalies
:
nous
pensons
que
les
piliers
4N
et
4S
sont
plus
importants
que
les
autres.
Ils
seraient
selon
nous
symboliques
d'une
clôture,
d'une
frontière
précédant
une
autre
frontière
qui
n'est
autre
que
l'arc
triomphal.
Cette
clôture,
nous
la
devinons
sur
l'image
37
(arcs
de
cercles
entrelacés
qui
séparent
le
simple
fidèle
de
l'image
de
Dieu
qui
s'est
fait
Homme
(tête
humaine
que
l'on
retrouve
sur
l'arc
triomphal,
sur
les
images
30
et
36).
On
retrouve
l'idée
de
clôture
pour
accéder
au
Ciel
dans
les
bases
(images
40
et
41).
Plus
difficile
est
l'explication
du
thème
des
deux
hybrides
(images
4
et
5).
Ils
symboliseraient
peut-être
l'alternance
(jour-nuit,
été-hiver).
Peut-être
en
lien
avec
une
forme
de
métempsychose
liée
aux
cultes
solaires.
La
plupart
des
religions
primitives
avaient
théorisé
l'idée
que,
dans
son
parcours
céleste,
le
soleil
était
porté
par
un
cheval,
un
char
ou
une
barque.
Il
était
donc
inévitable
qu'à
l'origine,
un
syncrétisme
se
soit
produit
entre
ces
religions
et
la
religion
chrétienne
et
que
le
dragon
porteur
du
soleil
et
messager
des
dieux
ait
été
en
partie
adopté
par
les
chrétiens.
L'image
38
est,
quant
à
elle,
plus
significative.
Car
il
semblerait
bien
que
ce
dragon
des
païens
dévore
l'Arbre
de
Vie
des
chrétiens.
Saint
Gunthiern
Nous
avons
profité
de
notre
visite
pour
aller
à
la
grotte
de
Saint
Gunthiern,
située
à
un
peu
plus
de
500
mètres
de
cette
chapelle.
Nous
avons
pu
constater
que
cette
grotte
et
la
chapelle
étaient
situées
à
proximité
immédiate
du
Blavet
(images
43,
44,
et
45).
Qui
était
Saint
Gunthiern
?
Le
site
Wikipédia
qui
lui
est
consacré
ne
permet
pas
de
distinguer
les
faits
historiques
de
la
légende
:
«
Saint
Gurthiern
ou
saint
Gunthiern
est
un
saint
originaire
de
Grande-Bretagne,
fondateur
de
la
première
abbaye
de
Quimperlé,
et
dont
la
vie
plus
ou
moins
légendaire
nous
est
connue
grâce
à
des
hagiographies.
»
Une
des
questions
que
nous
nous
sommes
posée
est
l'origine
du
mot
«
Locoyarn
».
Selon
l’article,
La
toponymie
du
canton
de
Port-Louis
de
Henri-François
Buffet,
qui
explique
quelques
noms
de
lieux
commençant
par
«
Loc
»,
mot
breton
signifiant
«
Lieu
de
saint
»,
Saint
Gunthiern
aurait
été
à
l'origine
du
mot
«
Locoyarn
»
:
«
[...]
On
pourrait
ajouter
à
cette
liste
Gurthiern
(honoré
en
Galles),
éponyme
de
Locoyard
(Locoziern
en
1412)
naguère
en
Kervignac,
aujjourd'hui
en
Hennebont.
[...]
»
.
Un
autre
article
donne
la
même
interprétation
toponymique
:
«
[...]
on
ne
manquera
pas
de
se
rendre
à
Saint-Gilles,
à
3km
à
l'Est
de
la
ville
(Hennebont)
[...]
Dans
le
sanctuaire
roman
qui
s'y
dresse,
on
peut
admirer
d’intéressants
chapiteaux.
[...]
Une
ornementation
analogue,
œuvre
de
la
même
école,
sinon
du
même
sculpteur,
se
voit
dans
l'ancienne
chapelle
de
Saint
Gouziern
(ou
Gunthiern)
à
2
km
au
Sud
de
Hennebont,
dans
le
village
de
Locoyarn.
[...]
».
Nous
avons
cité
cet
article
dans
son
ensemble
pour
pouvoir
le
contester
au
moins
en
partie.
L'église
Saint-Gilles
d'Hennebont
est
décrite
sur
ce
site.
On
peut
donc
consulter
sa
page
et
vérifier
qu'il
n'y
a
aucune
comparaison
possible
entre
les
deux
ornementations,
sauf
à
imaginer
que
toutes
les
églises
romanes
de
France
sont
l'oeuvre
d'un
seul
et
même
sculpteur.
Cette
contestation
amène
à
douter
de
la
validité
du
restant
du
texte.
Comment
le
mot
«
Saint
Gunthiern
»
a
-t-il
pu
évoluer
en
«
Locoyarn
»
?
Certes,
les
deux
textes
suggèrent
une
approche
:
«
Gunthiern
»
se
transforme
en
«
Gounziern
»
(comme
en
anglais
le
son
«
th
»
se
transforme
en
«
z
»),
puis
en
«
goziern
»
ou
«
coziern
».
Ensuite,
«
Loc
Coziern
»
devient
«
Locoziern
»
et
enfin
«
Locoiern
»
par
suppression
du
son
«
z
».
Est-ce
là,
la
seule
explication
?
Nous
avions
envisagé
une
succession
plus
courte
de
«
Saint
Jean
»
en
«
Loc
Yan
»,
devenant
«
Locoyan
»
puis
«
Locoyarn
».
Datation
envisagée
pour
la
chapelle
Saint-Gunthiern
de
Locoyarn
à
Hennebont
Après
réexamen
de
cette
chapelle,
nous
proposons
de
retarder
la
datation
par
rapport
à
l'évaluation
précédente
:
an
650
avec
un
écart
de
200
ans.