L'abbatiale Saint-Sauveur de Redon (Ille-et-Vilaine) 
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Étude architecturale
En attendant cette analyse, admettons l’hypothèse d’une nef primitivement charpentée établie sur des piliers rectangulaires de type 1010. Une nef analogue à celle de Daoulas. Pas tout à fait analogue cependant car la forme des piliers est un peu différente. A Daoulas les piliers sont presque carrés; ils sont flanqués de pilastres (piliers adossés de plan quadrangulaire) ; et l’imposte couvre l’ensemble pilier-pilastres. De plus, à Daoulas, les arcades entre piliers sont des double arcades (une arcade de la largeur du pilastre soutient une arcade de la largeur du pilier. A Redon les piliers sont vraiment rectangulaires. Ils sont flanqués de colonnes demi-cylindriques adossées. Il n’y a pas d’imposte mais des entablements surmontant les colonnes sans l’intermédiaire d’un chapiteau. La différence avec Daoulas est surtout sensible au niveau des arcades reliant les piliers. Ce sont en effet de simples arcades. Ces constatations sont un peu troublantes. Remarquons tout d’abord que le pilier 1010 type « Daoulas » est plus fréquent que le pilier 1010 type « Redon ». D’une manière générale on observe que le pilier flanqué de pilastres semble plus ancien que le pilier flanqué de colonnes demi-cylindriques. Mais, inversement, la double arcade est plus récente (car plus évoluée) que la simple arcade. On est donc en plein dilemme. Des deux constructions, Daoulas et Redon, laquelle est la plus ancienne ? Il semblerait bien que ce soit Redon. Ce à cause de l’absence de chapiteau sur les demi-colonnes engagées.
Cependant, on découvre pourtant qu’il existe deux chapiteaux sur colonnes engagées. Ils soutiennent la dernière arcade, la plus proche du transept, de part et d’autre de l’arc triomphal (toujours sur l’image 2). Ces deux chapiteaux montrent que le transept est plus récent que la nef.
Sur la mêmeimage 2 on voit que l’arc triomphal est légèrement outrepassé.
Sur l’image 4 montrant la croisée du transept on voit que l’arc de séparation entre la croisée et le bras sud du transept, est, quant à lui, non pas outrepassé mais surhaussé . Quelle est l’explication de cette différence ? En effet tout conduit à penser que les deux arcs (arc triomphal et arc du bras sud) ont été construits à la même époque. Autre question : quelle est l’utilité des deux poutres en bois située sous la voûte en berceau du bras sud ? Enfin dernière remarque : la coupole de la croisée s’appuie sur une base octogonale.
Le chapiteau de l’image 6 est à volutes comme d’autres de la même église. On trouve des chapiteaux semblables à Landévennec.
La dernière image 7 est celle de la tour de croisée. Celle-ci est à base carrée très massive. Elle est formée de trois étages tous à base carrée en retrait les uns par rapport aux autres. Cette disposition est un peu surprenante. Car, dans la plupart des églises romanes , la tour à base carrée est surmontée d’étages à plan octogonal. C’est d’ailleurs ce qui se passe à l’intérieur : la coupole de croisée est sur base octogonale. Il faut donc envisager que la coupole de croisée à plan octogonal a été construite à l’intérieur et après la construction des étages supérieurs à plan carré visibles de l’extérieur. Ces étages supérieurs sont décorés de rangées de fenêtres à arcatures polychromes.
Essai de datation
En résumé on peut envisager pour cette partie de l’église Saint-Sauveur de Redon au moins deux étapes de construction.
Durant la première étape pouvant être datée de l’an 650 avec un écart estimé de 150 ans il y aurait eu construction de la nef à 3 vaisseaux.
Durant la seconde étape il y aurait eu la construction du transept. Au vu des chapiteaux la construction du transept serait de peu antérieure ou contemporaine au premier millénaire : an 975 avec un écart estimé de 125 ans.
Étude architecturale
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Image 1
Église Saint-Sauveur de Redon.
Vue extérieure.
- L’image
1 ci-contre fait apparaître en premier plan le
clocher gothique de l’édifice.
On peut voir en arrière la nef qui précède la tour de croisée à plan carré. La nef est la partie la plus intéressante. On constate qu’elle est couverte d’un toit à deux pentes. Mais sur celle observée on observe une rupture de pente en son milieu. On verra plus loin qu’il y avait probablement sur chacune des deux pentes, deux autres pentes de directions parallèles et avec décrochement. Le tout suivant le modèle classique des basiliques paléochrétiennes.
Image 2 ci-dessous : A l’intérieur on voit que c’est une église à nef à trois vaisseaux voutés en plein cintre et sans doubleaux. Les murs de séparation entre le vaisseau principal et les collatéraux sont portés par des piliers de type 1010. Il semblerait que le vaisseau principal soit voûté en pierre. Une telle particularité a de quoi surprendre. En effet une voûte de pierre exerce une importante pression sur les murs latéraux et exige des contrebutements. Or ceux-ci ne sont pas visibles à l’extérieur.
En attendant cette analyse, admettons l’hypothèse d’une nef primitivement charpentée établie sur des piliers rectangulaires de type 1010. Une nef analogue à celle de Daoulas. Pas tout à fait analogue cependant car la forme des piliers est un peu différente. A Daoulas les piliers sont presque carrés; ils sont flanqués de pilastres (piliers adossés de plan quadrangulaire) ; et l’imposte couvre l’ensemble pilier-pilastres. De plus, à Daoulas, les arcades entre piliers sont des double arcades (une arcade de la largeur du pilastre soutient une arcade de la largeur du pilier. A Redon les piliers sont vraiment rectangulaires. Ils sont flanqués de colonnes demi-cylindriques adossées. Il n’y a pas d’imposte mais des entablements surmontant les colonnes sans l’intermédiaire d’un chapiteau. La différence avec Daoulas est surtout sensible au niveau des arcades reliant les piliers. Ce sont en effet de simples arcades. Ces constatations sont un peu troublantes. Remarquons tout d’abord que le pilier 1010 type « Daoulas » est plus fréquent que le pilier 1010 type « Redon ». D’une manière générale on observe que le pilier flanqué de pilastres semble plus ancien que le pilier flanqué de colonnes demi-cylindriques. Mais, inversement, la double arcade est plus récente (car plus évoluée) que la simple arcade. On est donc en plein dilemme. Des deux constructions, Daoulas et Redon, laquelle est la plus ancienne ? Il semblerait bien que ce soit Redon. Ce à cause de l’absence de chapiteau sur les demi-colonnes engagées.
Cependant, on découvre pourtant qu’il existe deux chapiteaux sur colonnes engagées. Ils soutiennent la dernière arcade, la plus proche du transept, de part et d’autre de l’arc triomphal (toujours sur l’image 2). Ces deux chapiteaux montrent que le transept est plus récent que la nef.
Sur la mêmeimage 2 on voit que l’arc triomphal est légèrement outrepassé.
Sur l’image 4 montrant la croisée du transept on voit que l’arc de séparation entre la croisée et le bras sud du transept, est, quant à lui, non pas outrepassé mais surhaussé . Quelle est l’explication de cette différence ? En effet tout conduit à penser que les deux arcs (arc triomphal et arc du bras sud) ont été construits à la même époque. Autre question : quelle est l’utilité des deux poutres en bois située sous la voûte en berceau du bras sud ? Enfin dernière remarque : la coupole de la croisée s’appuie sur une base octogonale.
Le chapiteau de l’image 6 est à volutes comme d’autres de la même église. On trouve des chapiteaux semblables à Landévennec.
La dernière image 7 est celle de la tour de croisée. Celle-ci est à base carrée très massive. Elle est formée de trois étages tous à base carrée en retrait les uns par rapport aux autres. Cette disposition est un peu surprenante. Car, dans la plupart des églises romanes , la tour à base carrée est surmontée d’étages à plan octogonal. C’est d’ailleurs ce qui se passe à l’intérieur : la coupole de croisée est sur base octogonale. Il faut donc envisager que la coupole de croisée à plan octogonal a été construite à l’intérieur et après la construction des étages supérieurs à plan carré visibles de l’extérieur. Ces étages supérieurs sont décorés de rangées de fenêtres à arcatures polychromes.
Essai de datation
En résumé on peut envisager pour cette partie de l’église Saint-Sauveur de Redon au moins deux étapes de construction.
Durant la première étape pouvant être datée de l’an 650 avec un écart estimé de 150 ans il y aurait eu construction de la nef à 3 vaisseaux.
Durant la seconde étape il y aurait eu la construction du transept. Au vu des chapiteaux la construction du transept serait de peu antérieure ou contemporaine au premier millénaire : an 975 avec un écart estimé de 125 ans.