La crypte de la cathédrale Saint-Bénigne de Dijon
Première étude de 2018
Cette crypte constitue un monument exceptionnel. C’est, à
notre connaissance, la seule crypte dont la partie centrale
est entièrement à plan circulaire (image
3). On distingue sur ce plan trois cercles
concentriques. Le premier cercle est formé de 8 colonnes
cylindriques. Le second de 16 colonnes. Le troisième est
constitué d’un mur à plan circulaire sur le quel sont
accolées 24 colonnes semi-cylindriques coté intérieur. Côté
extérieur, il existe aussi des demi-colonnes adossées. Mais
en nombre réduit, car la plupart ont disparu par suite des
transformations de ce mur extérieur et de son enfouissement.
Primitivement, il devait y en avoir 24 disposées en ordre
régulier.
Mais il existe d’autres salles enterrées jouxtant cette
rotonde. Ainsi, à l’Est (en haut du plan), un espace que
nous avons appelé « sanctuaire » (mais qui est appelé
« oratoire Sainte Marie »), formé d’une abside et d’une
salle rectangulaire (image
33). À l’Ouest, un autre espace que nous avons
appelé « chevet » (image
34).
La page Internet du site Wikipedia
consacrée à cet édifice nous révèle ceci : « Une
première église fut commencée vers 510 et consacrée en
535. La translation des reliques à la crypte de l’église
eut lieu en 511 ... Une nouvelle basilique carolingienne
fut construite et achevée en 877. La réformation
clunisienne de 989 fut organisée par Mayeul, abbé de
Cluny, et Brun de Roucy, évêque de Langres. Douze moines
arrivent de Cluny avec Guillaume de Volpiano qui devint
leur abbé en 990. L’illustre italien est considéré comme
constructeur de l’énorme église lombarde érigée au début
du XIe siècle par des ouvriers d’Italie.
Commencée le 14 février 1001, la basilique fut consacrée
le 30 octobre 1016 par l’évêque Lambert. La rotonde
orientale dédiée à Sainte-Marie fut consacrée le 13 mai
1018 et la basilique fut largement achevée vers 1025-1030
...
Cinq basiliques se sont succédées depuis le VIe
siècle sur le lieu du tombeau de Saint-Bénigne. On ne sait
pas grand-chose des deux premières églises. La basilique
mérovingienne, construite au VIe siècle par
Grégoire, était dédiée à Saint Maurice et à Saint Bénigne
... La basilique carolingienne fut construite vers 870 par
Isaac. Elle comprenait la crypte dédiée à Saint Bénigne et
intégrait l’oratoire Sainte-Marie situé à l’Est, dont des
parties du IXe siècle ont encore été
conservées. La grande basilique lombarde de Guillaume de
Volpiano était la troisième église abbatiale. C’était un
édifice colossal, construit en grande partie entre 1001 et
1026, dans le style italien du premier art roman.
... La rotonde était dédiée à Sainte Marie et ses trois
étages vénéraient Saint Jean-Baptiste, la Vierge et les
apôtres, et la Trinité. Les deux premiers étages avaient
des déambulatoires doubles et de multiples colonnes,
tandis que le dernier étage n’avait qu’un seul
déambulatoire. Son architecture s’inspirait peut-être du
Panthéon de Rome avec ses coupoles à lunette (oculus,
opaion ou trou Saint-Bénigne) qui faisaient communiquer
les trois étages. Des tourelles d’escaliers avec bandes
lombardes et baies géminées flanquaient la rotonde au Nord
et au Sud. Une chapelle ou martyrium à trois étages, en
partie encore carolingienne, mais rehaussée d’un étage
avec tour, terminait la basilique à l’Est. Des mosaïques
présentant un bestiaire faisaient partie du décor de la
basilique.
L’ensemble qu’on visite actuellement comprend l’église
gothique, la crypte romane située derrière le chœur, et
les bâtiments monastiques situés au Nord de l’église et
abritant le musée archéologique. La crypte, seule partie
conservée de la grande abbatiale de Volpiano, était
l’étage inférieur de la grande rotonde. Elle date de
1001-1018 et n’était pas souterraine à l’origine. Comblée
à la Révolution, elle fut dégagée et restaurée au milieu
du XIXe siècle. Des vestiges du portail sont la
seule partie conservée de l’église romane du XIIe
siècle. Les autres parties de l’église datent de la
reconstruction gothique de la fin du XIIIe
siècle au début du XIVe siècle. Le grand
bâtiment monastique abrite la salle capitulaire et le
scriptorium du XIe siècle et le dortoir
gothique à l’étage. »
Nous reviendrons à la fin de cette page sur la datation de
cette crypte. Mais d’ores et déjà, nous pouvons faire part
de nos convictions : la rotonde dont nous voyons l’étage
inférieur est nettement antérieure à l’an 1001.
Notre visite, effectuée en avril 2007
(donc bien avant que nous commencions notre recherche
systématique sur le premier millénaire), a été trop rapide
pour que nous puissions faire une analyse exhaustive. Aussi
les commentaires suivants ne permettent que donner des
indications et non des preuves formelles. De toute façon, la
datation de la rotonde aux années 1001-1018 n’est très
probablement pas, elle aussi, associée à une preuve
formelle.
Observons tout d’abord les images
de 5 à 10. Ces images représentent toutes la même
scène : un visage d’homme vu de face encadré par deux bras
dressés. Le visage est disposé sur une sorte de corps très
stylisé et de dimensions réduites. Les bras de l’homme sont
eux mêmes encadrés par des sortes d’ailes. Des images
5 à 10, les
scènes deviennent de plus en plus stylisées. Bien qu’un peu
différent, le chapiteau de l'image
10 s’apparente fortement aux chapiteaux
précédents. Il en est de même pour les chapiteaux des images 11 et 12.
Ces chapiteaux présentent un caractère archaïque.
L’iconographie ne ressemble à aucune autre. Hormis peut-être
à certaines scènes vues sur des chapiteaux datés des
environs du XIesiècle, comme les sirènes à deux
queues ou les hommes accroupis aux jambes dressées vers le
haut. Mais s’il y a filiation des images, elle ne peut être
que très éloignée dans le temps.
Il existe une autre particularité qui rend ces chapiteaux
différents des habituels chapiteaux romans. Dans une église
romane, les chapiteaux dits historiés représentent des
thèmes tous différents entre eux. Et ce, à l’inverse des
temples romains, où les chapiteaux sont tous identiques.
Il reste à comprendre ce que peut
signifier cette image d’homme aux bras levés (images
5,6 et 7). Il existe dans l’iconographie la
représentation de l’orant, l’homme (ou la femme) aux bras
dressés. Mais cet homme est debout dressé sur ses jambes,
alors qu’ici les jambes sont absentes.
Il reste aussi à comprendre l’évolution du modèle. Car les images suivantes 8 et 9 présentent une
différence notable au niveau de la tête, qui ne ressemble
pas du tout à la tête initiale. La réponse se trouve selon
nous dans l'image 10.
La tête a été remplacée par l’image très stylisée de deux
oiseaux opposés dont la tête est plongée dans un vase très
allongé. Et on retrouve la même scène dans ce qui est censé
être le corps de l’homme situé juste en dessous. C’est la
scène devenue désormais très classique des « oiseaux au
canthare », une représentation religieuse de l’élévation des
âmes vers le ciel.
L'image 11 pourrait
nous aider à résoudre la totalité de l’énigme. Nous voyons
dans cette succession de représentations une évolution du
figuratif vers l’abstraction. Cette image
11 (et aussi l'image
14) serait le modèle initial. L’homme y est
représenté presque en entier (il manque les jambes). Il
émerge de palmes, symboles de sa gloire. Sa tête elle-même
est entourée de palmes. Cet homme pourrait représenter
l’Ancêtre Fondateur observé dans les tribus primitives. Sur
les images 5, 6 et 7,
la représentation devient plus abstraite, probable symbole
de l’appartenance, non à la filiation d’un seul homme, mais
à une collectivité humaine. Les images
8, 9 et 10 révèlent la dimension religieuse de
cette communauté. Enfin, dans l'image
12, la
présence d’une croix à l’emplacement de la tête pourrait
signifier l’adhésion de cette communauté à la religion
chrétienne (ce n’est pourtant pas certain : la croix a pu
être utilisée par d’autres religions que la religion
chrétienne).
À remarquer que l’évolution que nous venons d’évoquer n’est
pas forcément temporelle. Ces images peuvent traduire des
différences de convictions au sein de populations désireuses
d’exprimer ces convictions tout en continuant à vivre dans
une même communauté.
On est en droit de penser que l’analyse ci-dessus de ces
chapiteaux est complètement farfelue. Mais qu’il nous soit
permis d’affirmer que nous trouvons encore plus farfelue
l’idée qu’ils aient été sculptés dans la période 1001-1018
sans envisager les mille ans qui ont précédé cette période.
L'image
13 est celle d’une partie de ce que nous avons
appelé le « chevet », qui n’est autre que ce qui reste du
chevet de l’ancienne église romane. Nous pensons (sans en
être tout à fait certains) que les chapiteaux des images
15 à 25 appartiennent à ce chevet. Leur facture
semble nettement plus évoluée que celle des précédents.
L'image 27 est
celle d’un sarcophage paléochrétien. Il est décoré d’un
chrisme.
Nous devons à présent étudier
l’évolution de ce bâtiment. Comment l’indique le texte
d’Internet, l’édifice primitif n’était pas enterré mais
aérien. La crypte actuelle n’est que le rez-de-chaussée de
cet édifice primitif. Cet édifice primitif devait être
constitué de diverses constructions qui ont dû se succéder
dans le temps.
La première construction devait être la rotonde. L'image
26 extraite d’Internet visualise cette rotonde
telle qu’elle devait être avant la Révolution de 1789. Les images 28 et 29 permettent
d’appréhender le plan de la rotonde initiale. À remarquer
qu’il existe deux plans différents induits par deux
hypothèses différentes sur l’édifice initial. Ces deux
hypothèses sont liées au fait que les huit colonnes du petit
cercle central portent des chapiteaux non décorés. D’où
l’idée que ces colonnes et chapiteaux pouvaient ne pas
exister primitivement et qu’ils ont été ajoutés
ultérieurement afin, par exemple, de supporter le plafond de
ce rez-de chaussée devenu crypte. L'image
29 entérine cette idée. Inversement, l’hypothèse
selon laquelle ces huit piliers existaient bien à l’origine
est exprimée dans l'image
28. Nous
serions plutôt favorables à cette dernière idée, car si nous
connaissons de nombreux édifices à plan centré octogonal (8
colonnes), nous n’en connaissons pas à plan à 16 colonnes.
Cela ne signifie pas pour autant qu’il n’y a eu aucune
modification à cette partie centrale.
Sur l'image 30, nous avons indiqué en
marron la partie appelée « oratoire Sainte-Marie ».
Selon nous, cette partie aurait été ajoutée ultérieurement à
la rotonde. Si nous émettons cette hypothèse, c’est parce
qu’un tel ajout côté Est (Orient) a été effectué sur des
rotondes similaires à Aix-la-Chapelle, Ottmarsheim,
Saint-Donat de Zadar, Neuvy-Saint-Sépulchre, et ce, dans le
but probable de donner un sens religieux à un édifice
purement civil.
L'image 31, en bleu,
visualise la partie située à l’Ouest de la rotonde. Elle est
donc à l’Ouest. Mais si on l’examine bien, on s’aperçoit que
ce plan n’est autre que la partie Est d‘un autre édifice. Il
s’agit du chevet de cet édifice. On voit bien la présence de
quatre absidioles disposées deux en deux en dégradé. Il ne
manque que l’abside centrale. Mais on réalise que cette
abside centrale n’est autre que la rotonde.
L’évolution de l’ensemble se présente ainsi : la première
construction est celle de la rotonde, édifice à plan centré,
un plan idéal. Dans un second temps, on décide de donner un
sens religieux à cet édifice en ajoutant côté Est, un
sanctuaire. Dans un troisième temps, on décide de
transformer en église cet édifice devenu pleinement
religieux. La rotonde devient le sanctuaire de cette église
nouvelle. On y ajoute des chapelles latérales pour former un
chevet. Et on prolonge ce chevet vers l’Ouest par une nef.
L'image 32 est le
plan de cette église nouvelle. Plan dans lequel la nef est
absente, à jamais disparue.
À la Révolution, l’église disparaît. Ses restes sont enfouis
et on construit au dessus. Mais pour pouvoir construire au
dessus, il faut des assises solides. Ces assises
apparaissent en
jaune sur le plan de l'image
33.
Datation
envisagée
Il nous faut d’abord admettre que la ville de Dijon est une
ville de création relativement récente (mais tout de même
durant la période du premier millénaire). Elle serait citée
comme « castellum » au IVesiècle. La formule,
différente de « civitas », désignerait une sorte de
ville-frontière, non organisée en cité, mais abritant sans
doute une garnison. On assiste à son développement au cours
des siècles suivants. Nous pensons que la rotonde date de
cette période primitive : an 500 avec un écart de 200 ans.
Ce serait l’église dite « mérovingienne » (nous n’aimons pas
ce mot qui fait croire à l’existence d’un peuple, les «
mérovingiens »). Nous comptons étudier ce type d’église dans
la page « La nef centrée à étage et déambulatoire » du
chapitre « Les évolutions dans l’architecture des monuments
du Premier Millénaire/Datation ». Mais d’ores et déjà, nous
pouvons dire que ce type d’édifice à plan centré devait être
un monument civil destiné à faire dialoguer ensemble les
principaux dirigeants d’une communauté. C’était un «
parlement ». C’est-à-dire un endroit où l’on se parle.
Plus tard, il y aurait eu ajout d’un autre édifice à l’Est.
Cet édifice dédié à Notre-Dame pourrait avoir accueilli le
siège de l’évêque (beaucoup de cathédrales primitives sont
dédiées à la Vierge Marie). Ce serait la première cathédrale
de Dijon. Nous ne sommes pas certains que ce bâtiment soit
l’église « carolingienne » (même remarque que précédemment
sur ce mot) dont parle le site Internet Wikipedia. Les
textes anciens sont en général très sibyllins et difficiles
à interpréter correctement.
La partie Ouest (le « chevet ») ne date pas, quant à elle,
de cette période dite « carolingienne » (VIIIe ou
IXesiècle). Nous pensons que ce chevet est roman.
C’est-à-dire postérieur à l’an mille. C’est un exemple assez
rare de chevet de type « clunisien ». Le plan de ce chevet
est celui d’un escalier double : l’abside principale et les
absidioles sont disposées en dégradé. Le plan type est celui
de l’église de Châteaumeillant (Cher). Mais une autre église
se révèle plus intéressante encore : la Charité-sur-Loire.
En effet, dans cette église, le chevet clunisien a été
remplacé par un chevet à déambulatoire. Nous estimons que
les chevets à déambulatoire sont postérieurs à l’an 1100.
L’exemple de la Charité-sur-Loire indique à penser que les
chevets clunisiens seraient antérieurs d’au moins cinquante
ans aux chevets à déambulatoire, donc à dater des environs
de l’an 1050 (avec un écart de plus de 50 ans). Une telle
estimation se révèle très intéressante dans le mesure où
elle nous invite à penser que la fameuse construction de
Guillaume de Volpiano consacrée en 1016, dont parle le site
Internet Wikipedia, n’est pas la rotonde mais l’église
romane dont il ne reste que la base du chevet (partie Ouest
du plan).
Nous voyons par la présente analyse que le modèle institué,
dès le démarrage de notre site Internet, commence à
s’affiner.
Ajout
de texte et d'images le 19 janvier 2025
Nous avons visité ce monument en juin 2024, en compagnie
d’Alain le Stang. Les images
suivantes de 34 à 60
ont été prises lors de cette visite. Les autres proviennent
de galeries d'images d'Internet.
Cette visite, effectuée peu après la réouverture de la
crypte, en été 2024, a été pour nous la redécouverte d'un
édifice visité quinze ans auparavant. En particulier, nous
n'avions pas le souvenir de la partie souterraine ayant
probablement accueilli le sarcophage de Saint Bénigne.
La page de Wikipédia consacrée à la Cathédrale Saint-Bénigne
de Dijon, nous apprend ceci :
« En
511, sous le règne du roi mérovingien Clovis Ier,
l'évêque saint Grégoire de Langres fait construire la
crypte pour y déposer le sarcophage de Saint-Bénigne de
Dijon,(martyr chrétien du IIe siècle). Une
basilique consacrée à saint Bénigne en 535, est construite
sur la crypte.
En 871, l'évêque de Langes Isaac fonde l'abbaye
Saint-Bénigne de Dijon, régie par la règle de
Saint-Benoît, avec pour abbatiale l'église Saint-Bénigne
de Dijon.
En 990, l'évêque Brunon de Roucy fait venir Guillaume de
Volpianno de l'abbaye de Cluny pour régénérer la vie
monastique dans l'abbaye Saint-Bénigne et y introduire la
liturgie clunisienne. D'après la Vita Domi
Willelmis abbatis divionensis que
Raoul Glaber rédige peu de temps après sa mort, ce sont
Brunon et Guillaume qui décident ensemble de reconstruire
l'abbatiale. Ils se sont partagé la tâche : Brunon paie
les dépenses et fait amener des colonnes de marbre sur le
chantier, l'abbé Guillaume engage des maîtres et ordonne
la construction de l'édifice sur le modèle de Cluny II.
On
ne connaît les intentions de Guillaume de Volpiano et sa
participation à l'édification de l'abbatiale que par ce
qu'en dit Raoul Glaber : “Aussitôt, avec une très grande
ingéniosité, il commença à concevoir un plan magnifique de
reconstruction de l'église… sur un emplacement admirable,
beaucoup plus long et plus large que le précédent”, car
“comme nous l'avons dit et comme on peut le voir, il avait
conçu une construction plus admirable que n'importe quelle
autre basilique de la Gaule, et d'une situation
incomparable”. Raoul Glaber indique que les reliques de
saint Bénigne étaient au centre du projet architectural. […]
La
construction de la nouvelle abbatiale s'est déroulée dans
un temps très court après la découverte des reliques de
saint Bénigne. Le chantier s'est ouvert en 1001 et la
basilique a été consacrée en 1016 et la rotonde deux ans
plus tard. La communauté monastique s'était agrandie,
passant de douze moines de Cluny venus avec Guillaume de
Volpiano à environ quatre-vingt en 1016.
L'abbatiale
avait deux fonctions : église abbatiale et église de
pèlerinage. Le tombeau de saint Bénigne se trouvait dans
la crypte, à l'aplomb de l'autel majeur dédié à saint
Maurice et saint Bénigne. Raoul Glaber indique que la
crypte à la forme d'un T dont les branches d'égale
longueur mesuraient cinquante-trois coudées (25,90 m). Les
fouilles faites en 1976-1978 ont permis d'en retrouver
l'entrée située entre la quatrième et la cinquième travée
de la nef. La rotonde dédiée à la Vierge et à tous les
martyrs était une église en elle-même.
Les fouilles entreprises en 1976 ont montré que l’église
préromane de Saint-Bénigne et sa rotonde étaient de
tradition architecturale romaine, carolingienne,
ottonienne, en utilisant des modes de construction
lombards.
Entre 1280 et 1393, l'église Saint-Bénigne est
reconstruite en style gothique sur la précédente basilique
effondrée. La rotonde est conservée à l'est de l'église.
»
Une autre page de Wikipédia consacrée cette-fois-ci à
l'abbaye Saint-Bénigne de Dijon (l'abbatiale décrite
ci-dessus est l'église de cette abbaye) complète
l'information :
« L'origine
de l'abbaye est entourée de légendes, liées à la
personnalité de saint Bénigne de Dijon, qui serait apparu
à l'évêque Grégoire de Langres pour lui demander d’élever
un oratoire sur son tombeau. Cette histoire, rapportée par
Grégoire de Tours, petit-fils du précédent, [...]
L'établissement
religieux est donc attesté dès le VIe siècle.
Il appartenait directement aux évêques de Langres. Une
communauté de moines y est attestée dès le VIIIe
siècle, mais pourrait avoir été présente dès le VIe
siècle. Vers 870, le monastère est transformé : l'évêque
de Langres Isaac et le roi Charles le Chauve y
introduisent la règle bénédictine. [...] En
989, Guillaume de Volpiano est envoyé à Dijon par l'abbé
Mayeul de Cluny avec douze moines pour réformer l'abbaye,
à la demande de Brunon de Roucy, évêque de Langres.
[...] Brunon
et Guillaume, d'un commun accord, se lancent en 1001 dans
une ambitieuse reconstruction de l'église abbatiale, avec
une basilique doublée d'une rotonde. [...] En
1137, un important incendie ravage Dijon et l’abbatiale
(seule la rotonde est épargnée par les flammes). L’abbé
Pierre de Genève reconstruit l’église presque entièrement
en architecture romane. Entre 1280 et 1393, l'église
Saint-Bénigne de Dijon est construite en style gothique
sur la précédente basilique effondrée en 1271. ».
Commentaires
sur les trois textes précédents de Wikipédia
Ces trois textes sont comparables et semblent s'accorder (ou
se compléter) sur le principal. À savoir qu'il y aurait eu
cinq églises successives sur ce site. Ainsi, pour le premier
texte : « Cinq
basiliques se sont succédées depuis le VIe
siècle sur le lieu du tombeau de Saint-Bénigne. On
ne sait pas grand-chose des deux premières églises.
La
basilique mérovingienne, construite au VIe
siècle par
Grégoire, était dédiée à Saint Maurice et à Saint Bénigne.
[...] La
basilique carolingienne fut construite vers 870 par Isaac.
Elle comprenait la crypte dédiée à Saint Bénigne et
intégrait l’oratoire Sainte-Marie situé à l’Est, dont des
parties du IXe
siècle ont
encore été conservées. La grande basilique lombarde de
Guillaume de Volpiano était la troisième église abbatiale.
C’était un édifice colossal, construit en grande partie
entre 1001 et 1026, dans le style italien du premier art
roman. ». Ce texte est moins clair pour les deux
dernières églises mais le troisième texte complète
l'information : « En
1137, un important incendie ravage Dijon et l’abbatiale
(seule la rotonde est épargnée par les flammes). L’abbé
Pierre de Genève reconstruit l’église presque entièrement
en architecture romane. Entre 1280 et 1393, l'église
Saint-Bénigne de Dijon est construite en style gothique
sur la précédente basilique effondrée en 1271. ».
En résumé, voilà ce qui nous est dit : une première église
construite au début du VIe siècle, une seconde à
la fin du IXe siècle, une troisième au début du
XIe siècle, une quatrième au milieu du XIIe
siècle, une cinquième à la fin du XIIIe siècle.
Nous estimons que cinq édifices construits en un même
endroit, c'est beaucoup. En fait, par expérience, nous
savons que dans de nombreux cas, les constructions nouvelles
effectuées ne sont pas des reconstructions (c'est-à-dire des
constructions opérées après destruction totale d'un édifice
présent) mais des ajouts ou des modifications partielles de
l'édifice précédent (ajout d'un ouvrage Ouest, remplacement
d'un chevet, voûtement d'une nef). Ainsi, l'information qui
nous est donnée ci-dessus, « En
1137, un important incendie ravage Dijon et l’abbatiale
[...] L’abbé
Pierre de Genève reconstruit l’église [...] »,
exige selon nous une justification détaillée. Par
comparaison, en 2019, la cathédrale Notre-Dame-de-Paris a
subi un très violent incendie : elle n'a pas été totalement
reconstruite, mais restaurée.
Par ailleurs nous apprenons que « Entre
1280 et 1393, l'église Saint-Bénigne de Dijon est
construite en style gothique sur la précédente basilique
effondrée en 1271.». Si l'église s'est effondrée en
1271, il est tout à fait normal qu'elle soit reconstruite 9
ans plus tard, le temps de recueillir les capitaux. Il est
par contre beaucoup moins normal que l'on mette 113 ans pour
la reconstruire, entre 1280 et 1393 . En effet, s'il a été
décidé de reconstruire l'église à partir de 1280, il est peu
probable qu'on ait prévu qu'elle soit terminée 113 ans plus
tard, par et pour les arrière-arrière-petits-enfants. Nous
concluons de cela que si la date de 1280 correspond
probablement à une campagne de travaux de reconstruction
d'une église effondrée en 1271, celle de 1393 correspond à
une autre opération différente de la précédente.
Cependant, il nous faut retenir de tout cela une information
importante : la précédente basilique qui devait être romane
se serait effondrée en 1271. La basilique actuelle est
gothique. Donc si l'information concernant l'événement est
exacte, nous pouvons en déduire que cette basilique gothique
a été construite peu après 1271, probablement à partir de
1280 et pour une durée de temps limitée (maximum 20 ans). En
fait la durée importe peu. Ce qui est important est le plan
de base qui définit la construction de l'ensemble. En
conséquence, si l'information est vraie, cela permet de
définir le style architectural qui existait aux alentours de
1280. Une telle observation peut apparaître superflue. Mais
de telles situations sont rares et les différentes méthodes
utilisées pour dater les églises (actes de fondation, de
consécration, de paiement de dîmes) se sont avérées
inefficaces en matière de datation d'une construction.
Les images
de 43 à 48 montrent diverses faces des deux
chapiteaux de l'image 42. Pour celle de l'image 48,
le personnage central de la face centrale est un
oiseau au long bec crochu. On retrouve cette oiseau dans l'image 42 sur le
chapiteau de gauche. Le chapiteau de droite est orné d'un
centaure.
Pour les autres chapiteaux des images
de 43 à 47, le personnage central est une sorte de
monstre léonin. Dans les angles, on retrouve le thème du
monstre dévorant (ou protégeant). Il s'agit là d'une
représentation dont nous ne comprenons pas très bien la
signification.
Les images de 49 à 52 présentent
les quatre faces d'un même chapiteau. Le décor est
sensiblement le même pour chaque face : dans la partie
inférieure, une bande sculptée entoure une partie
circulaire. Les deux brins de la bande se croisent en
direction du haut et s'enroulent en volutes dans la partie
supérieure. Entre les deux volutes, un cadre carré. Les
seules parties différentes se trouvent à l'intérieur des
cadres circulaires ou carrés. On y trouve :
Pour l'image 50 :
un feuillage (arbre de vie ?) dans le cadre carré et une
croix dans le cadre circulaire.
Pour l'image 51 :
une pointe de diamant dans le cadre carré et une spirale
dans le cadre circulaire.
Pour l'image 52 :
un lion dans le cadre carré et des oiseaux dans le cadre
circulaire.
Remarquons que le symbole du ciel est un cercle et que celui
de la terre est un carré. Y-a-t-il un rapport avec les
symboles inscrits dans ces cadres ?
Pour les images
de 54 à 58, nous reprenons presque intégralement ce
que nous avions dit auparavant.
L'image 54 représente
sur chacune des deux faces un personnage aux bras levés dont
le torse émerge des feuillages.
L'image 55 représente
aussi sur chacune des deux faces un personnage aux bras
levés dont le torse émerge des feuillages. Mais le
personnage est plus stylisé. Il porte une sorte de jabot.
Sur l'image 56, le personnage,
toujours aux bras levés, est encore plus stylisé. Son visage
est strié verticalement d'une façon assez bizarre.
On réalise sur l'image 57
que les stries verticales ne définissent pas un
visage mais une scène un peu semblable à celle des « oiseaux
au canthare », les oiseaux ainsi que le canthare ayant un
corps très effilé. Remarquer que ce personnage a des bras et
des mains. Les deux feuilles qui encadrent ces bras font
penser aux jambes des
« acrobates » que l'on voit sur des chapiteaux romans.
Image 58. Nous
avons eu l'occasion de décrire ce chapiteau précédemment. L'image 10 plus claire
que celle-ci permet de repérer deux scènes de l'oiseau au
canthare, l'une à la tête, l'autre sur le ventre.
Images 59 et 60.
Nous n'arrivons pas encore à dater ce modèle de sarcophage.
Datation
Nous reprenons l'argumentation évoquée en 2018. Le premier
édifice construit aurait été la retonde, érigée aux
alentours de l'an 500. Cette rotonde aurait été prolongée à
l'Est par une abside. Puis, plus tard, par un ouvrage Ouest
qui aurait abrité le sarcophage de saint Bénigne. Plus tard
encore, au voisinage de l'an mille, on (Guillaume de
Volpianno) aurait construit à l'Ouest une grande basilique.
Cette basilique aurait été remplacée par l'actuelle
basilique gothique à partir de 1280.