Diverses églises de Saône-et-Loire susceptibles de dater du 1er millénaire (5/22) 

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Les sept églises décrites dans cette page sont : l’ancienne abbatiale Saint-Pierre de Chalon-sur-Saône, l’ancienne église Sainte-Marie de Chalon-sur-Saône, la cathédrale Saint-Vincent de Chalon-sur-Saône, l’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Chamilly, l’église Notre-Dame-de-l'Assomption de Champlecy, l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Chânes, l'ancienne église Saint-Paul de Changy.



Chalon-sur-Saône : Ancienne abbatiale Saint-Pierre

Cette église n’est examinée sur ce site qu'à cause de la présence d’arcatures lombardes. Les arcatures lombardes constituent un monde un peu à part dans l’architecture romane. Elles doivent être étudiées séparément. Elles concernent principalement les clochers, les chevets, parfois les façades Ouest et plus rarement, comme ici, les murs latéraux.

Nous estimons que leur construction s’est étendue sur plusieurs siècles. Celles-ci dateraient de la première période.

Datation envisagée pour l'ancienne abbatiale Saint-Pierre de Chalon-sur-Saône : an 970 avec un écart de 75 ans.




Chalon-sur-Saône : Ancienne église Sainte-Marie

Le décor de billettes du chapiteau de l'image 3 est, selon nous, préroman. L'image 4 montre que l’édifice a été profondément restauré. On devine néanmoins qu’il y avait là une nef à trois vaisseaux portés par des piliers cylindriques et des arcs en plein cintre.

Datation envisagée pour l'ancienne église Sainte-Marie de Chalon-sur-Saône : an 750 avec un écart de 250 ans.






Chalon-sur-Saône : Cathédrale Saint-Vincent

Voici ce sur nous apprend sur l’historique de cette église, la page de l’excellent site « Bourgogne romane » qui lui est consacrée : « La cathédrale de Chalon s’élève à l’emplacement d’un temple antique du castrum de Cabillonum. Chalon est une ville épiscopale très ancienne puisque l’évêché fut fondé en 449. La première cathédrale, dédiée à Saint-Étienne, fut élevée sur l’enceinte du castrum gallo-romain du IIIe siècle. En 542, la cathédrale est dédiée à Saint-Vincent. Sous le Roi Gontran, Chalon devient la capitale du royaume mérovingien des Burgondes. Un palais fut construit face à l’évêché en 561 et les rois et évêques partagent désormais le pouvoir. La première cathédrale fut agrandie en 580 par l’évêque saint Agricole et décoré de mosaïques fameuses. L’évêque saint Flavien fonde l’abbaye Saint-Pierre à la fin du VIe siècle. Aux époques mérovingiennes et carolingiennes, Chalon était un centre religieux important et lieu de plusieurs conciles, comme en 647 et en 813. La ville fut détruite à plusieurs reprises, d’abord par les invasions des Sarrasins en 732, puis par Lothaire en 834 et par les Hongrois en 937. La cathédrale, plusieurs fois restaurée aux VIIIe, IXe et Xe siècles, fut reconstruite en style carolingien avec l’assistance de Charlemagne. Le chapitre comptait une vingtaine de chanoines à cette époque. De 938 jusqu’en 1237, les Comtes de Chalon ont le pouvoir. Une nouvelle cathédrale romane fut construite à partir de la fin du XIe siècle par l’évêque Gauthier de Couches (1080-1120). Elle fut érigée en trois étapes, d’Est en Ouest, de 1090 à 1150. Le chantier s’étale ensuite sur plusieurs siècles puisque l’église est reprise en gothique. Le chœur vers 1230, la nef au XIVe siècle et les chapelles au XVe siècle complètent la cathédrale. La nouvelle église fut consacrée en 1403. »

Les renseignements fournis sont très denses. Néanmoins, certains de ces renseignements peuvent être soumis à une analyse critique. Il s’agit par exemple de l’attaque par les Sarrasins ou les Hongrois. Les chroniqueurs de l’époque qui écrivaient souvent longtemps après les événements ont pu déformer la réalité en attribuant aux uns les méfaits d’autres. De même les libéralités de souverains carolingiens ont souvent été attribuées au seul prestigieux Charlemagne.

Ce qui nous intéresse surtout dans ces explications réside dans les deux phrases : « Une nouvelle cathédrale romane fut construite à partir de la fin du XIe siècle par l’évêque Gauthier de Couches (1080-1120). Elle fut érigée en trois étapes, d’Est en Ouest, de 1090 à 1150. ». Concernant la nef (images 7 et 8), nous ne voyons pas de trace de construction progressive d’Est en Ouest. Il faut comprendre que la partie inférieure ce cette nef devait faire partie du plan de base de l’édifice. C’était une nef triple à piliers de type R1111. Les arcs entre piliers étaient doubles et brisés. Il s’agit là d’une constante que nous avons déjà vue en Bourgogne, à Autun et Beaune. Églises qui seraient un peu plus tardives. Nous pensons que le vaisseau principal devait être charpenté. Si l’on en croit l’information d’une construction par l’évêque Gauthier de Couches, la construction initiale daterait de l’an 1090. Le plan de la nef (du moins dans ses parties basses) devait-être envisagé dès ce moment-là, voire même peu avant.

Datation envisagée pour la cathédrale Saint-Vincent de Chalon-sur-Saône (dans son plan initial) : an 1100 avec un écart de 50 ans.






Chamilly : Église Saint-Pierre-et-Saint-Paul

Nous avons sélectionné cette église à partir de ses deux portails (images 14 et 15) qui nous semblent préromans. En particulier, le second à linteau en bâtière.

Datation envisagée pour l’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Chamilly : an 900 avec un écart de 100 ans.




Champlecy : Église Notre-Dame-de-l’Assomption

Dans cette église de Champlecy, on peut voir deux types d’arcatures lombardes. Celles du clocher (image 16) sont, selon nous, de deuxième génération. Celles du fond d’abside (image 17) seraient quant à elles de première génération.

Les impostes de l'image 18 pourraient être antérieures à l’an mille. C’est du moins ce que nous aurions dit dans le cadre Auvergne-Rhône-Alpes. Mais ici, concernant la Bourgogne, nous sommes plus dans l’expectative.

Datation envisagée pour l’église Notre-Dame-de-l’Assomption de Champlecy : an 1025 avec un écart de 75 ans.






Chânes : Église Saint-Pierre-et-Saint-Paul

Pour cette église, on peut voir deux types d’arcatures lombardes : sur le clocher (image 19) et en façade occidentale (image 20). Ces dernières apparaissent plus archaïques que les premières.

Datation envisagée pour l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Chânes : an 950 avec un écart de plus de 100 ans.




Changy : Ancienne église Saint-Paul

Ici aussi, on peut voir des arcatures lombardes de fond d’abside (image 23). Nous pensons que ces arcatures sont posées pour faciliter le voûtement en cul-de-four de l’abside. La cuve baptismale (image 24), de forme cylindrique, porte une tête sur chacune des directions principales. Nous n’arrivons pas à dater avec une certaine exactitude ce type de fabrication antérieure à l’an mille.

Datation envisagée pour l’ancienne église Saint-Paul de Changy : an 975 avec un écart de 75 ans.