L’église Saint-Étienne de Nevers
La page du site Internet Wikipedia
consacrée à cette église nous apprend ceci : « Historique
du prieuré
: L’histoire de Saint-Étienne commence au début du VII
e siècle avec la fondation d’une communauté de
femmes placée sous la règle du moine irlandais saint
Colomban, sur le site de l’église actuelle, à l'extérieur
de la ville du Haut Moyen-Âge et donc exposée aux
invasions. C'était une riche église, dédiée à
Jésus-Christ, à la sainte Vierge, à saint Étienne, premier
martyr de l'Auxerrois, à saint Jean et aux saints
Innocents. Après de nombreuses dégradations et
destructions aux siècles suivants, l’abbaye décline et
n’est plus mentionnée. Les chanoines de Saint-Sylvestre
s’y installent pendant quelques années en 1063, à la
demande de l'évêque Hugues de Champallement. Ils sont
rapidement remplacés par des moines bénédictins à la suite
de dissensions qui opposent les clercs au prieur de la
collégiale.
Le prieuré a été fondé par le comte Guillaume Ierde
Nevers qui le place alors sous l'autorité de l'abbaye de
Cluny. L'église est construite de 1063 à 1097 ; à cette
époque, l'abbé de Cluny, Hugues de Semur, envisage la
construction de Cluny III, construction qui commence en
1088. Il est probable que la construction de Saint-Étienne
a préparé la voie au gigantisme de Cluny.
Historique de
l’église : L'église Saint-Étienne de Nevers, bien
que peu connue comme beaucoup de monuments de la Nièvre,
est l'une des églises de style roman les plus belles et
les mieux conservées de France.
Les travaux commencèrent par le sanctuaire et le massif
occidental puis continuèrent par le transept, les
collatéraux et la nef. Ils furent conduits rapidement et
l'édifice pouvait être consacré en 1097 par l'évêque Yves
de Chartres. L'architecture de Saint-Étienne s'inscrit
pleinement dans le mouvement de la fin du XIe
siècle : le haut-vaisseau central est contrebuté par des
collatéraux élevés surmontés de tribunes voûtées en
demi-berceau comme en d'autres édifices majeurs
(Saint-Sernin de Toulouse) ; le chœur développe un
déambulatoire dans lequel s'ouvrent plusieurs chapelles
rayonnantes dans l'esprit de la grande abbatiale de Cluny
; et surtout, l'élévation est à trois niveaux comme à
Jumièges ou à la basilique Saint-Rémi de Reims. »
Les
images de 1 à 9 montrent que cette église est un
ensemble homogène. Il ne semble pas y avoir eu d’ajouts ou
de modifications. Un exemple : toutes les fenêtres (hormis
celles de la façade Ouest) sont identiques : mêmes
dimensions, absence de ressaut ou d’enfoncement, cordon qui
contourne leur arc et se prolonge le long du mur (images
5, 6, 7, 9).
On retrouve la même unité de style à
l’intérieur de la nef (images
11, 12, 13 et 16). La seule petite différence avec
le reste de l’édifice se détecte dans le chœur (image
17) où l’on peut voir des fenêtres encadrées de
colonnettes. Ce qui ne se voit pas ailleurs.
Les piliers de la nef sont de type R1111.
Les arcs reliant cers piliers sont doubles. Les voûtes des
bas-côtés sont des voûtes d’arêtes portées par des arcs
doubleaux. La voûte de la nef est en berceau plein cintre
porté par des doubleaux plein cintre (image
13).
À remarquer le mur du fond du croisillon Sud du transept(image 14). On y voit
un triplet (arc en mitre encadré par deux arcs en
plein-cintre. D’autres figures apparentées à des triplets
sont visibles sur les images
6 et 8. Des
triplets analogues sont visibles dans certaines églises
d’Auvergne comme Orcival. Ces triplets pourraient constituer
des éléments de datation.
Nous sommes surpris par le grand nombre
de chapiteaux non décorés. Nous pensons que, au cours des
travaux de restauration qui ont eu lieu principalement au XIXe siècle, certains des chapiteaux ont été
remplacés. Peut-être même parmi les chapiteaux que nous
présentons ici, quelques uns sont des œuvres du XIXesiècle.
Ce n’est probablement pas le cas des chapiteaux des images
18, 21, 22, 23, 24 qui nous semblent authentiques.
Un panonceau situé à l’intérieur de
l’édifice donne beaucoup d’explications et termine ainsi : « Guillaume, comte de Nevers
pouvait être légitimement fier de ce chef-d’œuvre
architectural qui fit école en Auvergne et en Bourgogne.
Le style de l’église Saint-Étienne est souvent qualifié
d’auvergnat en raison de ses dispositions rappelant celles
de Notre-Dame-du-Port, d’Issoire, de Saint-Nectaire
ou d’Orcival. Or, aucune de ces églises romanes ne
présente la même ordonnance à trois étages mais et
surtout, ces monuments sont plus récents que Saint-Étienne
de Nevers qui leur a servi de modèle. De même l’église
Saint-Étienne devance d’un quart de siècle les grandes
basiliques Saint-Lazare d’Autun, Notre-Dame de Beaune, et
Notre-Dame de Paray-le-Monial, dont on est tenté de la
rapprocher. On comprend alors pourquoi elle est l’œuvre
d’un architecte de génie. Celui-ci a non seulement su
combiner avec talent les éléments décoratifs des grandes
basiliques capétiennes et romanes, mais il a été aussi le
premier à faire preuve des plus belles qualités
d’invention pour résoudre les problèmes que posait la
construction d’une grande église voûtée, à tribunes et
éclairage direct. ».
Ce discours est dithyrambique. Et il est vrai que cette
église mérite quelques superlatifs. Cependant, la
comparaison avec les églises d’Auvergne part du fait que ces
églises auraient été construites après Saint-Étienne de
Nevers. Or nous avons vu en étudiant ces églises qu’elles
étaient plus anciennes que le XIIesiècle, date
proposée par les historiens de l’art.
Le site Internet nous affirme que l’église Saint-Étienne a
été construite entre 1063 et 1097. Nous sommes plus réservés
quant à ces estimations. Nous avons à plusieurs reprises
émis des doutes sur certaines rapprochements un peu
hasardeux du style : date de fondation d’une communauté =
date de construction de l’église de cette communauté, date
de consécration d’une église = date d’achèvement des
travaux. Cependant, ces dates sont possibles. Nous estimons
que la construction de Saint- Étienne de Nevers doit se
situer entre celle de l’abbatiale de Jumièges et celle de la
Madeleine de Vézelay.
Datation envisagée pour
l'église Saint-Étienne de Nevers : an 1050 avec un écart de
50 ans.