L’église Notre-Dame de Chamalières  

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Sur cet édifice, voici ce que nous apprend la page qui lui est consacrée sur le site Internet Wikipedia : « L'église Notre-Dame est un édifice roman, dont la partie la plus ancienne (la nef, le narthex et le massif occidental) remonte à la fin du Xe siècle. L'église a été agrandie au XIIe siècle ; de cette époque, datent le chevet, avec ses quatre chapelles rayonnantes, le porche et les voûtes de l'ensemble. Le clocher octogonal a été édifié au XIXe siècle pour remplacer l'ancien clocher détruit à la Révolution.

Elle a d'abord été la chapelle d'un monastère féminin, puis une collégiale abritant un chapitre constitué de seize chanoines réguliers et un doyen, avant de devenir l'église paroissiale au XVIIe siècle.
»

En somme, pas grand-chose qui nous incite à en connaître plus. Nous pensons que l’estimation qui nous est fournie, « ... la partie la plus ancienne ... remonte à la fin du Xesiècle », doit être déduite de la lecture d’un texte daté de la fin du Xesiècle mentionnant l’existence de cette église. Nous doutons que ce texte soit suffisamment précis pour dater chacun des éléments cités : la nef, le narthex et le massif occidental.


Nous n’avons malheureusement pas pu visiter l’intérieur de cet édifice. Une telle visite nous aurait permis de vérifier la véracité de l’information selon laquelle la partie Ouest date de la fin du Xesiècle. (images 1 et 2). Concernant le chevet (image 3), l’assertion d’une datation du XIIesiècle nous semble plus probable. C’est à ce siècle que nous attribuons la construction de ce type de chevet. Il existe cependant des indices montrant que la construction de ce chevet ne s’est pas faite en une seule opération. Le premier de ces indices se trouve être la colonnade située sur la partie centrale entre les deux absidioles (images 3 et 4). Cette colonnade devrait se poursuivre à gauche et à droite sur les absidioles. Ce n’est pas le cas. Autre indice : une corniche se déroule tout autour de ce chevet en passant au-dessus des fenêtres. Le fait que, au niveau des absidioles, elle contourne des demi-colonnes adossées, montre que cette corniche et les demi-colonnes sont contemporaines. Inversement, lorsque cette corniche passe sur la partie centrale, elle devient plus large. Très probablement, la corniche de la partie centrale a été construite à une date différente de celle des absidioles. On remarque aussi que les demi-colonnes adossées sont situées seulement sur les absidioles et non sur la partie centrale. Les chapiteaux qu’elles portent sont placés à un mètre en dessous du faîte du mur, alors qu’ils devraient être au niveau de celui-ci.

Ces diverses anomalies font envisager plusieurs étapes dans la construction de ce chevet. À l’origine, ce chevet qui a très probablement remplacé un chevet plus ancien, devait être à plan circulaire. Les absidioles ou chapelles rayonnantes auraient été construites après. Une fenêtre axiale existait dans la partie centrale. Elle aurait été agrandie et décorée d’une corniche dans la continuité de celle des absidioles. Probablement dans le même temps, le toit de l’ensemble aurait été surélevé d’un mètre. C’est cette surélévation qui aurait rendu possible l’agrandissement de la fenêtre.

À remarquer les chapiteaux imités du corinthien (images 5 et 6) qui permettent d’évaluer la construction des absidioles à la seconde moitié du XIIesiècle (an 1170 avec un écart de 30 ans).


On continue le tour de l’édifice (images 7 et 8). Et on s’arrête au niveau des trois premières travées de la nef, côté Ouest (image 9). Dans la partie supérieure, se détachent trois grands arcs.

Deux hypothèses sont envisageables au sujet de ces arcs. La première de ces hypothèses est qu’ils aient été construits après la construction initiale, dans le but d’épaissir les murs, de façon à rendre possible le voûtement du vaisseau central. C’est l’hypothèse que nous avons envisagée à Beaumont (dans une des pages précédentes), ou dans les églises à arcatures lombardes. Mais à Beaumont, il s’agit d’une arcade, une série de petits arcs (trois par travée). Alors qu’ici, il n’y a qu’un arc par travée. De plus, à Beaumont, l’arcade est proche du faîte du toit.

La deuxième hypothèse est celle d’une appartenance de ces trois arcs à la construction initiale. On serait en présence d’une basilique à nef à trois vaisseaux. Ces trois arcs seraient ceux du mur de séparation entre le vaisseau central et le collatéral Nord. Cette hypothèse nous semble la plus probable. Ultérieurement, la nef aurait été transformée en nef unique par suppression des collatéraux. Les murs du vaisseau central seraient devenus les murs extérieurs de ette nef unique. Pour ce faire, les ouvertures situées au dessous des arcs auraient été obstruées. Les maçons auraient ménagé dans ces murs des fenêtres pour éclairer la nef. On voit sur l'image 9 que les maçons ont pris peu de soin pour placer ces fenêtres à la verticale des axes des arcs.

Hormis son appareil rustique, la façade Ouest (image 10) ne fournit que peu d’enseignements. Par contre, la porte à demi enterrée située à sa base (image 11) est selon nous antérieure à l’an 1000. Sa forme, un linteau en bâtière surmonté d'un arc, est très caractéristique. Nous ne sommes pas encore arrivés à dater avec une précision suffisante ce type de porte.

La dernière image (image 12) a été recueillie sur Internet. Il s’agit d’une sirène. À deux queues. Le thème iconographique est très répandu et devrait faire l’objet d’une étude approfondie. Sa signification symbolique nous est plus mystérieuse.


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