L’église Saint-Jacques-le-Majeur de Lanobre 

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Une première analyse de cette église a été effectuée en 2018. Voici ce que nous avions écrit à cette occasion :

Cette église, que nous n‘avons pas eu l’occasion de visiter, mais que nous évaluons grâce aux images d’Internet, possède une nef à trois vaisseaux. Les piliers sont de type R1111. Les arcs sont doubles. Il semblerait que ces arcs soient brisés (image 3).

Les chapiteaux présentent des scènes déjà vues ailleurs : « les oiseaux au canthare » (image 4), « sirènes » aux pieds retournés et palmés (image 5), homme tenant un singe attaché par le cou (image 6), lions affrontés (image 8) , et probablement l’archange Saint Michel et la Pesée des Âmes (image 9). La scène de l'image 7 apparaît quant à elle plus énigmatique : à côté d’un personnage portant un masque grimaçant, un homme porte un âne sur ses épaules.

Datation envisagée pour l’église Saint-Jacques-le-Majeur de Lanobre : an 1050 avec un écart de 100 ans.
 


L’église Saint-Jacques-le-Majeur de Lanobre : Ajout d'informations, le 19 décembre 2024

Nous avons visité cette église début juin 2024, en compagnie d'Alain et Anne-Marie Le Stang, les 21 images suivantes ont été prises lors de cette visite.

Nous n'avons pas eu sur Internet, ou sur tout autre support, d'information concernant l'historique de cette église.

Par son aspect extérieur (image 10), avec son toit à deux pentes, elle a l'apparence d'une église à nef unique. Nous verrons qu'en fait, sa nef est triple. La façade Ouest (image 11) est percée d'un portail protégé par un arc brisé. Il s'agit là d'un témoignage gothique datant probablement du XIIIe siècle. Cela ne signifie pas cependant que toute l'église date de la même période : les façades Ouest destinées à accueillir les fidèles font partie des éléments de structure d'églises sujettes à des modifications ou même à de totales refontes.

Avant d'entrer dans l'église, il convient d'admirer les pentures de la porte (image 12). L'image 13 permet d'examiner en détail une de ces pentures. Nous sommes en présence d'une seule pièce de fer. L'ensemble des spirales et des volutes que nous avons ici a été construit à partir d'une seule bande de fer plat qui a été martelée et découpée en fines bandes qui ont été écartées et enroulées. Des têtes humaines ou animales viennent s'ajouter aux extrémités (images 14 et 15). Ces pentures constituent une véritable œuvre d'art que, malheureusement, on a tendance à négliger, estimant que la ferronnerie est un art mineur. Tout en s'étonnant que ces pièces n'aient pas subi les assauts du temps, et de la rouille, nous estimons qu'elles datent du XIIIe siècle, donc postérieures au cadre que nous nous sommes fixés. Cependant, nous estimons utile de les décrire car nous n'en connaissons pas d'antérieures à cette période.


Intérieur de la nef (images 16, 17, 18 et 19)

Comme il a été écrit en 2018, les piliers de la nef sont de type R1111. Mais contrairement à ce que nous avions écrit, les arcs reliant les piliers ne sont pas doubles mais simples (nous avons probablement commis une erreur en introduisant l'image 3 qui ne proviendrait pas de l'église de Lanobre). Bien que l'existence de piliers de type R1111 soit associée, dans la plupart des cas, à la présence d'arcs doubles, il existe des cas plus rares d'association avec des arcs simples, comme ici. Nous avons cherché à savoir si avant d'être voûtée, la nef avait été auparavant charpentée. Nous n'avons pas trouvé d'indice suffisamment probant mais quelques présomptions : l'absence de chapiteaux à décor sculpté dans le vaisseau central de la nef (cela pourrait signifier que ce vaisseau central a été complètent repris durant une période plus tardive), l'absence de fenêtres supérieures dans ce vaisseau central (celui-ci aurait été abaissé lors de l'installation des voûtes).


Les chapiteaux historiés (images de 20 à 30)

Nous avons eu l'occasion d'en décrire quelques uns d'une façon assez succincte dans le texte de 2018.

Image 20 : Chapiteau à feuilles dressées (feuilles de blettes). Le décor est dérivé du corinthien. Mais il s'en écarte beaucoup avec les têtes humaines s'extrayant des angles.

Image 21 : Chapiteau à feuilles dressées avec, au milieu, un masque humain portant une capuche à oreilles de lapin et tirant la langue. Décor observé pour la première fois.

Image 22 : Autre masque humain encadré par deux serpents qui le mordent. Décor observé pour la première fois. Une question : ce chapiteau ainsi que le précédent sont-ils bien romans ?

Image 23 : Chapiteau à feuilles dressées, imité du corinthien, avec au milieu, un personnage en attitude d'orant.

Image 24 : Ce chapiteau a été vu précédemment (image 7) et rapidement décrit dans le texte de 2018. Nous avions alors dit que le thème était énigmatique : un homme portant un âne. Nous n'avions pas vu que le personnage de gauche était un « singe cordé », tenu, grâce à une laisse accrochée au cou, par un homme situé sur l'autre face du chapiteau (image 6). Nous avons eu l'occasion de voir la scène du « singe cordé » sur d'autres chapiteaux mais pas associée à celle de l'homme portant un âne (ou un veau).

Image 25 : Ensemble de deux chapiteaux décrits ci-après.

Image 26 : Chapiteau à feuilles dressées, avec au-dessus, une scène apparentée à celle des « oiseaux au canthare ».

Image 27.  Chapiteau à décor énigmatique : un mammifère désarticulé, un oiseau, avec entre les deux une sorte de triskel à entrelacs.

Image 28 : Deux scènes de la Vie de Jésus, avec, à gauche, l'Annonciation, et, à droite, la Nativité.

Image 29. Scène de la Vie de Jésus : Jésus tend les clés à Pierre situé sur la face gauche du chapiteau.

Image 30 : Scène énigmatique qui doit avoir un sens symbolique, car même en période romane au cours de laquelle les proportions ne sont pas respectées, les têtes des personnages situés dans les angles apparaissent démesurées par rapport au reste du corps.


Datation envisagée pour l’église Saint-Jacques-le-Majeur de Lanobre

En ce qui concerne la datation, nous conservons celle énoncée précédemment :  an 1050 avec un écart de 100 ans.