La chapelle Saint-Blaise au hameau de Marcilleux, Saint-Vulbas
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Nous avons étudié cet édifice en juillet 2018 et rédigé la
notice suivante sur l’actuel site Internet :
«Pour cette église aussi la datation se révèle délicate.
Ainsi l'image 1 fait
penser à une basilique romaine primitive à trois vaisseaux.
Mais l'image 2 montre
que s’il existait un collatéral côté Sud, ce collatéral a
été supprimé. On peut voir sur cette image
2 une porte à linteau monolithe surmonté d’un arc
de décharge. Nous n’avons pas encore étudié ce type de porte
mais il pourrait être antérieur à l’an 1000.
Nous n’avons malheureusement pas vu d’image de l’intérieur
de l’édifice. Il serait intéressant de voir de plus près le
mur de séparation entre le vaisseau central et le collatéral
Nord. Avec un peu de chance, la connaissance de cette
séparation pourrait permettre de dater l’édifice.
Datation estimée :
an 900 avec un écart de 200 ans.»
Nous n'avions pas auparavant visité cet
édifice et nous ne disposions que de trois images extraites
d’Internet. Grâce à une visite récente de notre collègue
Dominique Robert, nous disposons à présent d’’un plus grand
nombre de photos et de meilleure qualité, ce qui nous permet
de réétudier cette église.
Les photographies de 1 à
18 sont de Dominique Robert : http://www.drobert-photo.com.
Nous remarquons tout d’abord la présence sur les murs de
très gros blocs parallélépipédiques en pierre. Ces blocs
sont principalement utilisés dans les angles de murs ou pour
les contreforts (images
1, 2, 5 , 6, 7). Mais surtout, on les trouve
assemblés pour constituer la partie inférieure du mur de la
façade Ouest (image 4).
De tels blocs (chacun doit peser plus de 200 kg) ne sont en
général pas fabriqués pour des ouvrages d’architecture
romane. Ils proviennent très certainement de monuments
antiques.
Sur la même façade, on observe, à la base sous les blocs, et
au-dessus des blocs, un parement constitué d’une alternance
de lits de moellons arrondis et de briques.
Nous avons été un peu déçus par l’image de l’intérieur (image 8). Au vu du
chevet extérieur, nous espérions qu’à l’intérieur, on
découvrirait un bel arc triomphal en plein cintre. Ce n’est
pas le cas, l’arc triomphal est brisé. Ce qui fait envisager
une construction de cet arc en pleine période gothique. Il
est cependant possible que cet arc ait été construit en même
temps que l’arc absidal postérieurement à la construction
primitive (image 11).
On constate en effet que ces deux arcs soutiennent la tour
médiane de l’édifice. Et la construction des piliers
porteurs a été faite en rétrécissement de la nef.
L'image
8 nous révèle un détail très intéressant : on y
découvre deux pilastres adossés aux murs latéraux de la nef
et en avant de l’arc triomphal. Ces pilastres ne sont pas
des contreforts, ils sont posés à l’intérieur des murs et
non à l’extérieur comme le sont les contreforts. De plus,
ils portent des impostes. Ces pilastres devaient porter un
arc doubleau destiné à son tour à supporter une voûte. Et
cette voûte, on en voit la naissance à l’extrême gauche et à
l’extrême droite de l'image
9, détail de l'image
8.
On retrouve la naissance de la voûte à l’extrême gauche et à
l’extrême droite de l'image
12, détail de l'image
11. L'image 10 permet
d’avoir une autre vue du pilastre Sud, porteur de l’arc
doubleau.
On observe sur l'image 14
la porte Sud côté intérieur. L'image
15 permet de réaliser qu’il existe une porte
symétrique côté Nord. Nous pensons que ce type de porte, à
linteau monolithe surmonté d’un arc de décharge et dépourvue
de tympan, a été très répandu durant le premier millénaire.
Sa construction a pu même être poursuivie postérieurement,
si bien que ces portes, en général privées de toute
décoration ou inscription, sont très difficiles à dater.
Nous pensons que la table d’autel (en marbre?) de l'image
16 est préromane. Nous n’avons pas d’information
nous permettant de préciser la datation. Tout au plus le
fait qu’elle soit légèrement surcreusée nous fait envisager
qu’elle a pu être utilisée pour des célébrations liturgiques
au cours desquelles le vin est versé sur le pain.
Les piliers représentés sur les images
17 et 18 font partie de la colonnade de fond
d’abside.
Ces piliers ainsi que les chapiteaux qu’ils portent ne nous
semblent pas romans. Ils appartiendraient à la période
Renaissance ou Baroque. Mais bien sûr, il ne s’agit là que
d’une opinion susceptible d’être révisée par des arguments
sérieux.
Datation
Après ce nouvel examen de la chapelle Saint-Blaise, les
questions la concernant n’ont pas trouvé de solution
définitive. Certes, des éléments nouveaux ont été apportés :
la présence de restes antiques dans la maçonnerie, les
restes d’une voûte dans la nef. Mais ces éléments ne sont
pas suffisants pour justifier une datation, voire même
l’existence d’une construction effective. Ainsi le mur
occidental qui contient des éléments antiques n’est pas
forcément lui-même antique. De même, les restes d’une voûte
ne suffisent pas pour affirmer qu’une voûte a été réellement
installée : il a pu y avoir tentative avortée de voûtement.
Datation envisagée :
an 1050 avec un écart de 150 ans.