L'église paroissiale de Sainte-Colombe 

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Nous n'avons pas visité cette église. La plupart des images de cette page sont extraites de galeries d'Internet.

La page du site Internet Wikipédia relative à cette église nous apprend ceci : « L'église date du XIIe siècle, la nef est ornée de colonnes et de chapiteaux avec sainte Colombe et saint Pierre sculptés. L'édifice est classé au titre des monuments historiques en 1973. »

Ces informations sont très succinctes. Celle concernant la datation du XIIe siècle n'est pas nouvelle : toutes les églises dites « romanes » le sont ; affirmation très commode pour cacher une ignorance totale de la question.

Comme pour les églises de Charente étudiées précédemment, la série d'arcades placées contre les murs extérieurs, côté Sud (images 1 et 4) et côté Nord, (image 5), pose question. Sommes-nous en présence d'une église qui était, à l'origine, à nef unique ? Ou bien s'agit-il d'une église à nef triple qui, par la suite, a été transformée en nef unique par suppression des collatéraux ? Dans ce dernier cas, l'examen de la nef peut être concluant si les mêmes arcades sont visibles à l'intérieur de la nef. Ce n'est pas le cas ici (images 6 et 7), mais les murs peuvent avoir été doublés côté intérieur lors d'une tentative de voûtement. Cette tentative de voûtement est identifiable sur les images 6 et 7. Les colonnes demi-cylindriques engagées dans le mur portent des chapiteaux. Ceux-ci étaient destinés à porter des arcs doubleaux (sinon quel aurait été leur usage ?). Les arcs doubleaux étaient eux destinés à porter une voûte.

Nous n'avons aucune preuve que le scénario évoqué précédemment (nef triple transformée ultérieurement en nef unique par suppression des collatéraux) ait été réalisé mais de fortes présomptions (piliers à section angulaire et impostes pour la première étape de travaux, colonnes demi-cylindriques et chapiteaux pour la seconde étape).


Les sculptures de la façade Ouest

Sur la façade Ouest (image 2), on peut voir sur la ligne médiane horizontale de l'image à l'extrême gauche et à l'extrême droite des sortes de fenêtres géminées. Les tympans surmontant ces fenêtres sont représentés sur les images 9 et 10. Un ange décore l'image 9. Pour l'image 10, c'est un peu plus complexe. Deux lions à queue feuillue encadrent un homme (un moine ?) en prières. Nous avons eu l'occasion de voir cette image de deux lions encadrant un homme à plusieurs reprises. Nous l’interprétons comme étant le symbole du pouvoir protecteur des princes vis-à-vis des hommes d'Église. Nous pensons que ce type de décor, peu fréquent, est de peu antérieur à l'an mille.

La partie centrale de la façade Ouest est représentée sur l'image 11. De part et d'autre d'une fenêtre, deux statues-colonnes portent, par l'intermédiaire d'une corniche, un grand arc en plein cintre. Cet arc est entouré de diverses scènes.

Ainsi, à droite de cet arc, on peut voir le lion, symbole de l'évangéliste Saint Marc (image 12). Le lion est surmonté sur la droite par un personnage ailé qui pourrait symboliser le Soleil. À remarquer que le cadre des deux sculptures a été réalisé en vue d'un emboîtement.

À gauche de cet arc, on peut voir le taureau, symbole de l'évangéliste Saint Luc (image 13). Il est surmonté par un personnage ailé portant un croissant de Lune. Il manque à ces scènes deux autres évangélistes. L'aigle de Saint Jean est situé à un autre endroit de la façade (image 14). Quant à l'homme de Saint Mathieu, il y est peut-être, mais nous ne l'avons pas repéré sur les images à notre disposition.

Le pignon de cette façade (image 15) est quant à lui décoré de deux représentations sculptées. Tout en haut, une scène de Crucifixion. Nous ne sommes pas certains qu'il s'agit de la Crucifixion du Christ : les bras perpendiculaires au corps sont signe d'ancienneté, mais le corps du Christ devrait être vêtu d'une longue robe. Entre les deux baies, une autre sculpture représente un quadrupède posant sa patte sur un livre. C'est peut-être l'Agnus Dei (image 16).

Il apparaît que l'ensemble de la façade a fait l’objet d'une reconstitution. Les évangélistes Marc et Luc devaient faire partie d'un ensemble unique comprenant, outre ces évangélistes, le Soleil et la Lune, les deux autres évangélistes et surtout une scène centrale. Dans la plupart des cas, cette scène centrale représente le Christ en Gloire mais dans le cas présent, l'Agnus Dei pourrait être l'élément principal de cette scène centrale.


Chapiteaux de la nef

Les images de 17 à 20 sont celles de chapiteaux de la nef. Celle de l'image 17 est classique : deux lions affrontés réunis en une seule tête dans les coins. On retrouve dans l'image 18 la scène de l'homme priant encadré par deux monstres hybrides. La scène de l'homme enlaçant un coq (image 19) est toute nouvelle pour nous. Il en est de même pour celle de l'ange inscrit d'une mandorle apparaissant dans les coins (image 20).

Les fonts baptismaux de l'image 21 sont très probablement antérieurs à l'an mille, mais nous sommes incapables de les dater avec une certaine précision.


Datation

De nombreux indices nous incitent à envisager une datation de l'édifice primitif antérieure à l'an mille.  Ces indices sont les suivants : arcs en plein cintre des façades Nord et Sud extérieures, façade Ouest reprise à l'époque romane avec réemploi de sculptures antérieures.

Datation proposée pour l'église paroissiale de Sainte-Colombe (en attendant mieux) : an 1075 avec un écart de 75 ans.