Les églises de la commune de Saint-Michel-l’Observatoire 

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Il y aurait sur le territoire de la commune plusieurs églises anciennes. Nous en décrivons ci-dessous - très partiellement - trois. Il en existerait au moins deux autres non décrites ci-dessous.

Tout d’abord, l’église paroissiale Saint-Pierre, que nous n’avons pas eu l’occasion de visiter. Elle serait de style roman mais d’une époque difficile à identifier.

L’église Sainte-Marie-Madeleine de Lincel daterait du XIIeou du XIIIesiècle.



L’église Saint-Michel ou Église Haute


Les divers spécialistes qui ont étudié cette église la datent du XIIesiècle et ils notent des ajouts ou des modifications aux siècles suivants (voir à ce sujet les légendes du plan de l'image 1). Ces divers points de vue ne résistent pourtant pas à une analyse plus ciblée.


Observons en effet le plan de l'image 1. On y voit, en noir, les parties supposées dater du XIIesiècle. On constate une symétrie presque parfaite par rapport à l’axe vertical passant par le sommet de l’arc de cercle de l’abside disparue. Or, dans la phrase précédente c’est le mot « presque » qui pose problème. Il faut bien comprendre que, au Moyen-Âge, et, tout particulièrement, à l’époque romane, les maîtres maçons étaient partisans d’une symétrie parfaite. Il suffit de regarder les nombreux plans d’églises romanes pour réaliser cet état d’esprit des architectes romans. Bien sûr, il existe dans les plans des verrues ou des adjonctions, mais elles sont dûes aux travaux effectués durant les époques suivantes.

Quel est donc le « presque » qui pose problème ? Essentiellement, c’est l’ouverture entre les deux nefs (en bas, à droite de la nef romane).

Si on veut retrouver la nef primitive, il faut rétablir la symétrie initiale. En conséquence, deux possibilités s’offrent à nous : soit il n’y avait pas d’ouverture à droite (au Sud), soit il y avait deux ouvertures (au Nord et au Sud). Dans le premier cas, la nef primitive est à un seul vaisseau. Dans le second cas, la nef primitive est à trois vaisseaux. Dans ce dernier cas, on n’est pas certain que le collatéral Sud soit la deuxième nef. Il est possible que le collatéral ait été entièrement détruit.


Examinons à présent les images 8 et 9. On y voit par delà l’arc triomphal, sur l'image 8 , le mur Nord de la nef, et sur l'image 9 , l’ouverture sous arcade séparant les deux nefs.

Essayons à présent de nous mettre en situation. Imaginons que la nef primitive ait été à un seul vaisseau. En conséquence, là où, sur l'image 9, on voit une ouverture, c’était fermé : il y avait un mur à cet emplacement. Aucune grande ouverture n’était prévue. Demandons maintenant à un maçon de créer une ouverture. Certes, il arrivera sans doute en déplaçant des pierres à créer un arc de moindres dimensions que l’arc actuel. Mais certainement pas l’arc actuel d’une telle portée. Comme on le voit, l’exercice un peu délicat.

Imaginons à présent la situation inverse : la nef primitive est à trois vaisseaux. Comment arriver à une nef à deux vaisseaux ? C’est beaucoup plus facile : on supprime le collatéral Nord et on bouche par un mur l’ouverture Nord. Quant au côté Sud, on laisse l’ouverture inchangée.


En fait, c’est sans doute un peu plus compliqué. La nef centrale était sans doute primitivement charpentée. On a procédé à un voûtement. Et ce, avant les modifications précédemment décrites.

Si l’hypothèse d’une nef primitive triple s’avère juste, alors cet édifice est nettement plus ancien que le XIIesiècle. Il serait à comparer à des édifices comme Saint-Aphrodise ou la Madeleine de Béziers (datés vers le VIesiècle de notre ère).


Un problème est à présent définitivement réglé. C’est celui concernant les colonnettes situées à l’angle des constructions (image 4). On avait rencontré ce problème à Carluc et on s’était posé la question de la datation de ces colonnettes. A l’église Saint-Michel, on retrouve ces colonnettes à l’extérieur (image 4), mais aussi à l’intérieur
(images 6, 7, 8 et 9) où elles ont une utilité : soutenir les arcs Est et Ouest situés à l’intérieur de la croisée du transept (les arcs Sud et Nord existaient sans doute auparavant et on n’avait pas jugé utile d’y mettre des colonnettes). Ces arcs ont servi à supporter les trompes de la coupole de croisée. En résumé, ces colonnettes auraient été posées pour installer la coupole. Ce qui correspondrait à une dernière étape dans l’art roman (XIeou XIIesiècle).

Les diverses sculptures sont aussi des témoins d’ancienneté. Ainsi les chapiteaux (images 11 et 13), la table d’autel (image 10), la cuve baptismale (image 12) pourraient être antérieurs à l’an 1000 (nous n’avons pas encore les clés d’une évaluation).


La chapelle Saint-Paul

Le plan de cette chapelle (image 14) montre que l’abside semi-circulaire est insérée dans un chevet quadrangulaire. Ce qui caractérise certains édifices du premier millénaire.

Une autre remarque à faire. Elle concerne la colonnade située sur la façade Ouest (image 16). On ne comprend pas ce que vient faire cette colonnade sur cette façade. En examinant de plus près, on réalise que les murs très épais ont été peut être doublés extérieurement. Si on enlève une épaisseur de mur, on imagine que, primitivement, la colonnade était peut-être séparée du mur. Sur la photographie de l'image 15 on voit que, il y a une cinquantaine d’années, la colonnade n’était pas réduite à deux colonnes. Six sont visibles sur la photographie. Il semblerait que ces colonnes dessineraient une figure quadrangulaire. Il est possible qu’on ait là, non pas un cloître, mais un atrium situé en avant du portail occidental.



Chapelle Saint-Jean-des-Fuzils


Le plan de cette chapelle (image 20) montre une unique entrée à l’Ouest et de rares et étroites ouvertures. Une datation aux alentours de l’an 1000 est envisagée. Mais avec une très large fourchette d’évaluation.



Datation

En résumé, de grandes inconnues demeurent concernant les édifices de Saint-Michel-l’Observatoire. Concernant l’église Saint-Michel, de nouvelles observations devraient être faites sur certaines parties non visitées. Cependant, l’espoir est grand de montrer que cette église est antérieure à l’an 1000 (dans sa partie romane). Datation envisagée : an 650 avec un écart estimé de 200 ans.

Concernant l’église Saint-Paul, nous espérons que l’étude d ‘édifices de même plan permettra de lever certains énigmes. Datation envisagée : an 800 avec un écart estimé de 200 ans.

L’étude des autres édifices peut réserver des surprises.