L’église paroissiale Saint-Vincent de Cornillon-Confoux 

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Dès le premier abord, cette église (image 1) formée de deux bâtiments, l’un surmonté d’un toit à deux pentes, l’autre, accoté au premier portant un toit à une pente, donne l’idée d’une petite basilique à nef à trois vaisseaux. Le portail Ouest (image 2) ne confirme pas cette impression : il est nettement plus récent.

À l’intérieur (image 3), on a plutôt l’impression d’être en présence d’une église à nef unique dotée de chapelles latérales. La voûte massive, en plein cintre sur doubleaux, donne quant à elle une impression d’écrasement.

L’appareil de l’abside (image 4) est plus irrégulier que celui des murs latéraux de la nef. Cette abside pourrait être plus récente que la nef. En tout cas, sa voûte soutenue par des ogives s’appuyant sur des consoles est postérieure au XIVesiècle.


La question se pose de savoir si, primitivement, la nef était bien à trois vaisseaux. Et si, par ailleurs, il existe d’autres détails permettant d’évaluer une datation.

Notons d’abord que les arcs d’entrée des chapelles sont dotés d’impostes (images 5, 6, 8, 9, 10). Ces impostes sont à chanfrein tourné vers l’intrados. Nous avons noté que l’emploi de ce type d’imposte se retrouvait dans des monuments antérieurs à l’an 1000. Cependant, il ne s’agit pas d’un marqueur spécifique, la rusticité du modèle pouvant avoir été copiée à des époques beaucoup plus tardives.

Constatons aussi que ces impostes ont une largeur d’environ 30 cm inférieure à la largeur du pilier. C’est particulièrement visible sur les images 10 et 11. On voit même sur l'image 10 que l’arc qui fait face à l’objectif n‘est pas formé d’un mur, mais de deux accolés.

Nous émettons l’hypothèse suivante : la nef primitive était à trois vaisseaux. Ces vaisseaux étaient séparés par des piliers portant des arcs en plein cintre. Le vaisseau central était charpenté. Il a été décidé de le voûter. Mais afin de permettre ce voûtement, on a décidé de renforcer les piliers et de réduire la portée des voûtes. Pour cela, on a plaqué, côté intérieur, contre les piliers et arcs précédents, d’autres piliers et d’autres arcs destinés à porter la voûtes, les nouveaux piliers portant des impostes. Par ailleurs, toujours pour une meilleure stabilité, les murs ont été abaissés. Ce sont toutes ces transformations qui donnent à l’ensemble une impression d‘écrasement.

Toujours pour faciliter le voûtement, on a décidé de faire porter la voûte par des arcs doubleaux. Lesquels devaient être portés par des pilastres (piliers adossés) partant du sol. Plus tard, l’inutilité de ces pilastres est apparue et il a été décidé de les supprimer pour assurer une meilleure visibilité. Le résultat se voit sur les images 6, 7 et 11. Le mur y apparaît très déformé. Il ne faut pas pour autant s’étonner d’un manque de soin des artisans qui ont supprimé ces pilastres. Il ont très certainement recouvert le tout d’un enduit permettant de cacher les irrégularités.

Ceci étant, la datation reste difficile à établir. Nous pensons qu’un plan de l’ensemble permettrait de répondre à certaines questions. En particulier celle d’une église à trois nefs. Et aussi celle concernant la dimension des collatéraux.

En attendant d’avoir eu connaissance de ce plan, nous proposons la date suivante : an 900 avec un écart de 200 ans.

On ne peut quitter cette église sans avoir au préalable admiré ses beaux vitraux modernes (image 12).