Quatre autres églises d’Arles susceptibles de dater du Premier Millénaire
Disons-le tout de suite : nous n’avons pas visité ces quatre églises. De plus les documents les concernant sont rares et insuffisamment détaillés.
C’est en consultant le livre « Provence Romane 1 », de la collection Zodiaque (pages 348 et 349), que nous avons envisagé l’intérêt qu’elles pourraient présenter.
L’église
Saint-Blaise
C’était l‘église du couvent des religieuses de
Saint-Césaire. Selon le livre
« Provence Romane 1 » : « elle
a vraisemblablement succédé à la basilique où fut inhumé
le fondateur du monastère : une fouille a mis au jour un
énorme sarcophage du VIe siècle qui pourrait
être celui de Saint Césaire ou d’une des premières
abbesses du couvent. »
Il existait donc probablement en cet emplacement une église
au VIesiècle. L’église actuelle
contiendrait-elle des restes de cette ancienne église ?
La façade Ouest (image 1) ne présente aucun intérêt. Du moins pour la période
qui nous motive. Le plan de l'image
2 qui daterait de 1789 semble en contradiction
avec celui de l'image 3. Et
aussi en contradiction avec l'image
1. Cependant, il faut noter que certaines parties
de l’église ont pu disparaître après 1789. Il reste à
étudier de plus près le plan de l'image
3. On constate sur ce plan l’existence d’une très
étroite travée. De plus, certaines précisions apportées par
le livre « Provence Romane
1 » : « Un
transept non saillant comprenant deux étroits croisillons
avec minuscules absidioles », « Une
courte travée de nef voûtée en plein cintre est épaulée
par des collatéraux fort exigus », font envisager
qu’on est en présence d’une église ayant subi bon nombre de
transformations dont l’histoire n’a pas encore été décrite.
Enfin, la page du site Internet « Patrimoine de la ville
d’Arles » nous apprend, d’une part qu’elle a été «
édifiée à partir du XIIesiècle », et,
d’autre part, qu’elle « est
reconnue comme un lieu d’intérêt considérable ».
Deux remarques qui demandent à être précisées. On sait en
effet que les « églises romanes du XIIesiècle
» abondent en France et on ne voit pas en quoi l’une d’elles
pourrait être « d’un intérêt considérable ». La réponse
viendrait peut être du fait que cette église, ou plutôt une
partie de cette église (le transept ? la travée étroite ?)
pourrait dater du temps de Saint Césaire, et, en
conséquence, présenter un intérêt considérable.
Datation envisagée
pour Saint-Blaise : an 950 avec un écart de 200 ans.
L’église
Notre-Dame-la-Major
Tout d’abord notons que la façade Ouest (image
5) est semblable à celle d’une basilique
paléochrétienne. Avec cependant deux réserves. D’une part,
les basiliques paléochrétiennes ont une silhouette plus
élancée. Celle-ci apparaît plus ramassée sur elle-même.
Cependant, il est possible qu‘elle était en partie enfouie
par les alluvions du Rhône. D’autre part, le collatéral Sud
a été probablement refait à la période baroque.
À l’intérieur (images 6
et 7), il semblerait que la nef primitive ait été
à trois vaisseaux. Elle est établie sur des piliers de type
R1112. Les arcs
entre piliers seraient doubles. Nous envisageons qu’elle
pourrait être semblable à Saint-Trophime, de peu antérieure
à l’an 1000. Mais une visite approfondie est nécessaire pour
s’en assurer.
Datation envisagée
pour Notre-Dame-la-Major : an 950 avec un écart de 200 ans.
La
chapelle Saint-Jean-de-Moustiers
L’église est située à proximité de l’église Saint-Blaise
précédemment citée. Selon le site Internet « Patrimoine de
la ville d’Arles », son abside serait à demi enterrée.
Toujours selon le même site, elle daterait du XIIesiècle.
Nous sommes beaucoup plus circonspects quant à ces datations
: quelles sont les églises qui ne datent pas du
XIIesiècle ? Pour mieux évaluer la datation de
Saint-Jean-de-Moustiers, il faudrait d’abord connaître les
parties enterrées. Une image du site Internet « Patrimoine
de la ville d’Arles » montrant la partie enterrée du chevet
met en évidence une étroite fenêtre axiale surmontée d’un
linteau travaillé en forme d’arc. Ce type de fenêtre est
« ancien » ce qui signifie pour nous : antérieur à l’an
mille. On retrouve cette fenêtre à l’intérieur de l’abside (image 9).
L’arcature plaquée au fond de l’abside (image
10) est typiquement romane (XIeou
XIIesiècle). Mais une telle dation ne signifie
rien. De telles arcatures ont parfois été installées dans
des absides plus anciennes afin de porter des voûtes en
cul-de-four. Notons enfin, à l’extérieur côté Nord, le grand
arc double (image 11).
Il a ceci de particulier ... qu’il ne sert à rien : il n’y a
pas de mur au-dessus de lui. Pourtant il a dû servir à
quelque chose. Soit il a servi à contrebuter un mur, le mur
extérieur d’une église à nef unique. Soit cet arc séparait
deux vaisseaux d’une nef. Dans ce cas, il protégeait une
grande ouverture. En conséquence, on peut envisager que la
nef ait été primitivement à trois vaisseaux.
Datation envisagée
pour Saint-Jean-de-Moustiers : an 950 avec un écart de 200
ans.
La
chapelle Saint-Genest de Trinquetaille
L'image 12 est la
seule que nous possédons ce cette église qui « possède
une nef à deux travées voûtées en berceau et un chevet en
petits moellons, comprenant une abside couverte d’un
cul-de-four, une sacristie et une galerie semi-circulaire
ouvrant sur le sanctuaire... ». Nous ne pouvons
nous prononcer à partir de cette image.
Datation envisagée
pour Saint-Genest de Trinquetaille : an 1000 avec un écart
de 200 ans.