Les sarcophages du Musée Antique d’Arles
On connaît la réputation du Musée
Antique d’Arles qui abrite deux œuvres d’importance : un
buste de romain attribué à Jules César et une grande barque
antique. On connaît moins sa collection de sarcophages qui
serait, par le nombre d’œuvres exposées, la seconde après
celle de Rome. Les photographies ci-dessous, prises par
Anne-Marie Le Stang, en montrent une partie. Elles
permettent d’apprécier la qualité des sculptures ainsi que
la variété des représentations.
Les scènes ont été étudiées et identifiées par divers
spécialistes. Ayant visité ce musée peu avant sa fermeture
journalière, nous n’avons pas eu le temps de relever toutes
les informations. Nous avons néanmoins essayé de fournir des
explications en fonction de nos propres connaissances qui,
en ce qui concerne ces sculptures, ne peuvent être que
rudimentaires.
Préambule
De nombreuses scènes représentées ici, plus
particulièrement les scènes des sarcophages païens, sont
énigmatiques. Parfois, comme dans les scènes de chasse,
l’identification est facile et le commentaire semble tout
aussi facile à établir : « C’est une scène de chasse ! », en
ajoutant des précisions sur la façon de procéder des
chasseurs (à courre, avec des filets, etc.). Il ne faut
pourtant pas se leurrer. Un sarcophage est destiné à un
défunt. Un homme (ou une femme) qui n’a pas passé toute sa
vie à faire de la chasse. Et qui, en passant dans l’autre
monde, n’est pas censé faire de la chasse. Certes, on peut
voir, dans nos cimetières actuels, des représentations très
profanes de chasseurs. Mais, dans les premiers siècles de
notre ère, le caractère « profane » n’existait pas. Les
hommes étaient profondément religieux. En conséquence, une
représentation aussi simple qu’une « scène de chasse » peut
(doit) avoir une signification symbolique cachée, que, par
méconnaissance des mythes attachés au symbole, nous pouvons
difficilement interprêter.
Image 1 : Ce
premier sarcophage présente des amours portant des bandeaux
de fleurs tressées. Comme cela a été dit plus haut, il doit
y avoir un symbole dans cette représentation. Quel était
donc ce symbole ? Quelle est la religion qui l’a inventé ?
Image 2 : Ici,
l’épitaphe sur laquelle étaient sans doute gravés les noms
des défunts est portée par deux personnages ailés se
dirigeant vers le ciel. Il est probable que la religion qui
a inspiré ce type de représentation croyait à la
résurrection. Mais de quelle religion s’agissait-il ?
Image 3 : Sur
cette cuve de sarcophage, les deux personnages représentés
dans les parties centrales sont probablement le mari et la
femme, lors de leur mariage, à gauche, plus âgés, à droite.
De part et d’autre, on peut voir deux hommes accompagnés
chacun d’un cheval. Ce sont les Dioscures, Castor et Pollux,
des divinités psychopompes censées accompagner le défunt
dans son passage vers l’au-delà.
L'image
4 et l'image 5 qui
représentent des scènes de chasse doivent avoir, comme il
l’a été dit un peu plus haut, un sens symbolique. Quel est
donc ce sens ? Pour d’autres scènes de chasse, comme les
chasses aux lions de Saint-Aphrodise de Béziers ou
Saint-Félix de Gérone, nous avons envisagé qu’elles
pourraient être liées aux persécutions de chrétiens, les
lions représentant les chrétiens pourchassés. Cependant,
nous ne voyons pas dans ces deux scènes les mêmes codes
représentatifs que pour les chasses aux lions. Les deux
bas-reliefs, bien que différents entre eux par la technique
et sans doute produits à des époques différentes (différence
des vêtements des chasseurs), reproduisent des schémas
identiques : même dynamisme des figures orientées de gauche
à droite, même sanglier sacrifié à gauche, mêmes cerfs
pourchassés vers un filet à droite. Il semblerait que ces
deux scènes racontent la même histoire ou légende dont le
déroulé chronologique s’effectue de gauche à droite. On
pense ici à la mythologie celte du Dieu Esus qui, représenté
par un loup, est métamorphosé en cerf, mythologie qui aurait
donné naissance à la légende de Saint Hubert. Ici le
sacrifice de la divinité-sanglier (autre divinité celte)
symboliserait la mort qui transforme le dieu-sanglier en une
autre entité, le dieu-cerf, lequel est capturé dans le filet
qui représenterait l’Autre Monde. Il ne s’agit là de notre
part que d’un essai d’interprétation. Et de toute façon,
même si nous sommes proches de la vérité, le mythe doit être
beaucoup plus complexe que ce qui vient d’être décrit.
Image 6 : Revers
du Sarcophage aux Centaures. Cette scène de deux sphinx
encadrant un vase montre bien que nous ne sommes pas en
présence d’une représentation esthétique, mais symbolique.
En effet, nous avons déjà vu à de multiples reprises la même
scène. Nous lui avons d’ailleurs donné un nom : les «
oiseaux au canthare ». Les oiseaux, ou plus exactement les
êtres ailés, sont censés être proches du Ciel, du Domaine
des Dieux. Ce sont eux qui amènent l’âme du défunt contenue
dans le vase qu’ils encadrent (auparavant l’urne contenant
les cendres). La représentation d’oiseaux au canthare sur
des objets funéraires se serait poursuivie durant le premier
millénaire, y compris chez les chrétiens, en diminuant
progressivement et en changeant de nature pour devenir une
image commune dont le caractère symbolique a disparu.
Image
7 : La face avant du sarcophage précédent
représente deux centaures poursuivant un lion. Cette image a
très probablement un sens symbolique en lien avec un mythe
dont nous n’avons pas connaissance. Toujours est-il qu’on
retrouve le centaure dans les siècles qui suivent. Il est
représenté comme chasseur à l’arc. C’est le
« sagittaire » du zodiaque. Mais on le voit aussi dans des
scènes isolées indépendantes des autres signes zodiacaux.
C’est le cas à Serrabone (Pyrénées-Orientales). Il est
représenté plus rarement que les « oiseaux aux canthares »
auxquels il est pourtant lié comme le prouve l’actuel
sarcophage.
Image 8 : Les
deux faces latérales du même sarcophage sont ornées d’un
sphinx. L’une des deux faces est représentée ici. On
retrouve la même idée que celle des
« oiseaux au canthare » : les deux sphinx symétriques
encadrent un vase qui n’est autre que le sarcophage lui-même
contenant les corps du défunt.
Image 9 : Le
revers du sarcophage d’Hippolyte et Phèdre décrit ci-dessous
(image 10)
représente là encore une scène de chasse (difficilement
lisible).
Image
10 : Un panonceau explicatif nous décrit ce
sarcophage : « Sarcophage
de Phèdre et Hippolyte : marbre, milieu du IIIesiècle.
Ce sarcophage est exceptionnel tant par sa qualité
plastique que par sa région d’origine, l’Attique, en
Grèce. La production de ces sarcophages, importante dès le
IIesiècle, était en effet plutôt destinée
aux côtes orientales de la Méditerranée. Les sarcophages
étaient transportés inachevés et finis sur place, peut
être par un sculpteur qui accompagnait l’œuvre.
L’exemplaire d’Arles a conservé son couvercle en forme de
lit où le défunt est représenté allongé. À l’origine, un
couple y était figuré mais le deuxième personnage a été
bûché. Le bandeau du matelas a été retravaillé, des
reliefs ont été ainsi arasés afin de créer un cartouche.
Sur la cuve est développée l’histoire de Phèdre, épouse de
Thésée et de son amour impossible pour le fils de ce
dernier et de la reine des Amazones : Hippolyte.
L’histoire commence sur la face avant, avec, à gauche, une
entrevue entre Phèdre et Hippolyte. L’Amour s’appuie sur
les genoux de Phèdre et la nourrice joue l’entremetteuse.
Au centre, occupant la place principale, Thésée, nu, se
tourne vers deux compagnons de son fils et refuse de voir
celui-ci, à sa gauche. Thésée est alors convaincu que
Hippolyte a violenté Phèdre. La scène de droite représente
Hippolyte chassé de Trézène par son père.
Sur le petit côté droit (image
11), Hippolyte apparaît à cheval, chassant des
biches ; à l’arrière il poursuit un sanglier. Il est suivi
de ses compagnons et de ses chiens.
Le petit côté gauche (image
12) contient, en un raccourci de l’histoire,
tous les protagonistes (Phèdre, la nourrice, une servante,
Hippolyte au centre, Thésée, un personnage indéterminé,
et, figuré comme un atlante, un compagnon d’Hippolyte).
Les deux lacunes visibles sur la face avant correspondent
au pillage de la sépulture dans l’Antiquité. »
Image 11 : Cette
scène, apparemment une scène de chasse, est exactement
analogue aux scènes de chasse auparavant décrites et doit
être interprétée dans le même sens.
Image 12 : La
légende de Phèdre, Thésée et Hippolyte n’a semble-t-il aucun
rapport avec la mort et apparaît dans ce contexte tout à
fait incompréhensible. Rappelons ici que les images
funéraires ont très probablement un sens. Quel pourrait être
ce sens dans le cas présent ? En fait, l’histoire de Phèdre
et d’Hippolyte est celle d’une trahison familiale, une sorte
de conflit des générations. Il est possible que ce
sarcophage traduise un de ces conflits. Par exemple, la
conversion d’un membre de la famille à une religion
différente de celle du chef de famille. On songe bien sûr
aux persécutions de chrétiens qui avaient lieu au même
moment et qui ont pu diviser des familles entières. Mais ce
n’est certainement pas la seule hypothèse possible.
Remarquer sur ce bas-relief la représentation d’un taureau
au-dessus de Thésée. Le taureau est associé au culte de
Mithra.
Image
13 : Nous n’avons pas recueilli d’information sur
cette mosaïque ainsi que pour les suivantes. Celle-ci nous
semble associée à des cultes de type solaire. Le cerceau
tenu par le Dieu du centre de la mosaïque est en réalité le
cercle du zodiaque.
Image 14 : Ici
aussi la mosaïque est probablement associée à un culte
solaire,. Dans toutes ces religions, qui ont d’ailleurs
partiellement imprégné les croyances chrétiennes, les astres
sont emportés dans le ciel par un quadrupède (en général un
cheval) ou un char. Ici, l’animal est un taureau. Ce qui
ferait penser au culte de Mithra. Mais ce sans certitude,
car nous ne sommes pas suffisamment informés sur ce point.
Le voile qui flotte au dessus de la déesse pourrait
représenter le Ciel.
Image 15 : La
mosaïque à la tête de méduse (détail dans l'image
16) contient une série de petites croix dont des
svastikas. Ces croix pourraient être les symboles d’une
religion. Peut être la religion chrétienne ? On sait en
effet que durant toute une période, les chrétiens avaient
l’obligation de cacher leur appartenance à la foi
chrétienne.
Image
16 : La Méduse dont la tête est couverte de
serpents est présente dans les monuments de la Grèce
Antique. Cependant, les représentations ont beaucoup évolué
entre cette période et la période romaine (IIe
- IIIesiècle) et il est possible que le mythe
ait lui aussi évolué en parallèle.
Image 17 : Nous
n’avons pas recueilli d’information sur ce sarcophage
chrétien. L’absence du Christ et de l’Orante pourrait
signifier une époque tardive (Vesiècle ?).
Mais les traits des personnages représentant les apôtres,
très habilement dessinés, font penser à des modèles romains
du IIeou IIIesiècle. Il en est de
même pour les couronnes de lauriers qui surmontent les
têtes. Les traditionnelles auréoles sont apparues plus tard.
Nous sommes donc dans l’expectative.
Image 18 : Autre
mosaïque contenant en son centre un personnage portant le
cercle zodiacal. On y découvre des croix à entrelacs
rencontrées sur d’autres mosaïques. Ce pourrait être un
symbole chrétien caché. Mais nous ne sommes pas suffisamment
compétents sur la question. Dans le cas présent, on ne peut
se contenter d’hypothèses. Il existe dans le monde romain un
nombre suffisamment grand de mosaïques pour réaliser des
études statistiques poussées. Ces études ont d’ailleurs été
peut être déjà réalisées.
Image
19 : Un panonceau nous a fourni l’information
suivante :
« Sarcophage à l’Orante
: marbre, vers 330 . Ce sarcophage dont il ne reste que la
face avant, servait au XVIIIesiècle de
balustrade au chevet de Saint-Honorat.
Il est décoré d’une frise relatant essentiellement des
épisodes du Nouveau Testament. En partant de la gauche,
nous trouvons tout d’abord la résurrection de Lazare.
Celui-ci est entouré de bandelettes et placé dans un
édicule décoré. Sur la base du bâtiment, est représenté
Daniel empoisonnant le dragon des Babyloniens. Puis nous
avons la Cananéenne, conduite par Saint Pierre qui baise
le manteau du Christ, et entre eux, une femme voilée, la
sœur de Lazare. Vient ensuite la guérison de l’aveugle-né.
Au centre de la composition, prend place l’Orante faisant
le geste de la prière et entourée de deux apôtres. À
droite, sont figurés les noces de Cana et le reniement de
Saint Pierre, symbolisé par le coq situé aux pieds des
personnages. Enfin dans la dernière scène, Saint Pierre,
sous les traits de Moïse fait jaillir la source
miraculeuse à laquelle s’abreuve le centurion Corneille,
alors qu’un soldat s’apprête à arrêter l’apôtre. »
Image 20 : Un
panonceau nous a fourni l’information suivante : « Sarcophage
du passage de la Mer Rouge : marbre, fin du IVesiècle.
Le passage de la Mer Rouge par les Hébreux est un thème
qui revient souvent sur les sarcophages d’Arles. La scène
est ici traitée en frise continue et il est ainsi possible
de voir, de droite à gauche, Marie la Prophétesse, sœur de
Moïse, jouant du tympanon, précédée de la colonne
lumineuse, et suivie du peuple d’Israël. Fermant la
marche, Moïse, à l’aide de son bâton, fait se refermer les
flots sur l’armée du roi d’Égypte. Sous les chevaux, trois
petits personnages allongés symbolisent la Mer Rouge, la
Terre et l’Égypte. »
Image 21 : Un
panonceau nous a fourni l’information suivante : « Sarcophage
du Bon Pasteur : sarcophage, première moitié du IVesiècle.
Fragment d’un sarcophage montrant au centre le Bon Pasteur
à côté d’une Orante. À gauche, les scènes de la Source
Miraculeuse, servant de « motif d’arrêt » et l’arrestation
de Saint Pierre.
À droite de l'Orante, figurent deux miracles du Christ,
les Noces de Cana, et la Multiplication des pains et des
poissons (incomplet). »
Image
22 : Nous n’avons pas eu d’information
supplémentaire sur cette image, mais grâce aux commentaires
des images 19, 20 et 21
on peut reconstituer le schéma suivant : « Au centre
l’Orante accompagnée d’un homme âgé (peut-être le défunt).
Puis, de gauche à droite, la Source Miraculeuse, la
Cananéenne, la Multiplication des Pains, les Noces de Cana,
la Guérison de l’Aveugle-né, autre miracle. À chaque fois,
le Christ est représenté sous les traits du jeune homme
imberbe aux cheveux longs et bouclés.
Image 23 : Nous
n’avons pas eu d’information supplémentaire sur cette image,
mais certaines scènes sont clairement identifiables. Ainsi,
au centre du couvercle, Adam et Eve, au Paradis Terrestre.
Nous pensons que la scène sur la cuve en haut à gauche
représente Jésus Christ, nouvel Adam, présentant Adam et Eve
à Dieu le Père. Toujours en haut, mais à droite, on a la
scène du reniement de Pierre.
On peut voir ensuite, en bas à gauche, l’Adoration des Mages
(il y en a trois mais ils ne sont pas encore rois) puis
les scènes, devenues classiques, des Noces de Cana, de la
Multiplication des Pains et de la Source Miraculeuse.
Image 24 : On
retrouve ici les mêmes scènes que précédemment.
Image
25 : En absence d’explications, nous avons eu
plus de difficultés à dentifier les scènes représentées sur
ce sarcophage. En haut à gauche, pourrait être représentée
la lapidation de Saint Etienne. Le personnage tout nu en bas
au centre pourrait être le prophète Daniel encadré par deux
lions. A l’inverse, d’autres scènes qu’on n’a pas l’occasion
de voir dans les siècles suivants, celle du prophète Daniel,
aurait subsisté au moins jusqu’au huitième siècle. Sur la
droite, on retrouve le Passage de la Mer Rouge par les
Hébreux.
Image 26 : Sur ce
sarcophage « à strigiles » on reconnaît, au centre, la
Nativité, avec, en-dessous, l’Adoration des Mages et, à
droite, le sacrifice d’Abraham. Remarquer que, ici aussi,
les Mages sont au nombre de trois, et que, concernant la
Nativié, l’âne et le bœuf sont représentés montrant
l’ancienneté de la légende de l’âne et du bœuf, non cités
dans la Bible.
Image 27 : Autre
sarcophage à strigiles. Le personnage central est une
Orante. Celui de gauche pourrait être Saint Pierre.
Image
28 : Sur la cuve de ce sarcophage, le Christ est
représenté au centre, entouré de ses apôtres et de 4 autres
personnages qui pourraient être, à gauche, Saint Pierre ou
Saint Paul, soutenant le défunt, et, à droite, la Vierge
Marie soutenant la défunte. Mais, ce qui semble le plus
intéressant est le cadre dans lequel ils se situent : une
colonnade. On sait que, aux premiers siècles de notre ère,
les évêques étaient assis sur un trône, au fond de l’abside
de la cathédrale, entourés de leur auxiliaires (voir
prochainement sur ce site la cathédrale de Vaison-la-Romaine
; la colonnade ici figurée pourrait être celle d’une abside
représentée en aplati. La symbolique est différente des
précédentes : le Christ, barbu, est montré comme le
magistrat suprême.
Image 29 : On
retrouve dans cette image le Christ barbu à l’intérieur d’un
décor imitant (probablement) le fond d’une abside (qui n’est
pas en cul-de-four). Le Christ est représenté comme le Bon
Pasteur. Quatre personnages (des apôtres) l’entourent avec
immédiatement à sa droite Saint Pierre reconnaissable à son
coq. À l’extrême gauche, on reconnaît le Lavement des Pieds
et à l’extrême droite, le jugement de Pilate (lavement des
mains). Ici encore la représentation semble concerner la
magistrature suprême, le Christ apparaissant à la fois comme
le Bon Pasteur et comme le Bon Magistrat.
Image 30 : Ce
dernier sarcophage est tout à fait différent des précédents.
Il pourrait être d’inspiration gothique (croix pattée au
centre), motif à entrelacs à gauche, arbre de vie et rameaux
à larges feuilles étalées à droite.
Datation
Nous n’avons pu recueillir toutes les informations
et, en particulier, les datations attribuées par les divers
spécialistes. Il semblerait que ces datations ne soient pas
basées sur des données épigraphiques précises. Autant qu’on
le sache, les diverses inscriptions trouvées sur des plaques
funéraires de cette époque peuvent donner le nom des
défunts, celui de membres de leurs familles, voire l’âge du
défunt mais, en règle générale, pas la date du décès.
L’évaluation de datation se fait donc à partir de données
indirectes qui peuvent être subjectives. Ici, les dates
principales concernent l’avènement et les principales
réformes de Constantin le Grand. Ce qui pourrait fournir les
datations du deuxième-troisième siècle pour les sarcophages
païens (images de 1 à 12),
du début ou moitié du IVesiècle pour les
sarcophages des images 19
à 25 qui expriment les sentiments d’un peuple
ayant été exposé à des persécutions (reniement de Saint
Pierre, Passage de la Mer Rouge, espérance de miracles), fin
du
IVesiècle et début du Vesiècle
pour les sarcophages des images
28 et 29 lorsque,
grâce à Constantin, les chrétiens ont pu accéder aux
magistratures suprêmes au détriment des païens.
Cependant, une telle chronologie, aussi logique soit-elle,
peut achopper dans la réalité. On sait en effet que les
dernières persécutions de chrétiens par Dioclétien à la fin
du IIIesiècle ont eu lieu en Orient et non en
Occident. Il est fort possible qu’elles aient cessé en
Occident bien avant l’an 300, vers l’an 250 (dernière
persécution de Dace). Et que les chrétiens d’Occident aient
pu jouir d’une paix durable bien avant l’avènement de
Constantin. Inversement, les édits de Constantin n’ont
certainement pas eu un effet immédiat. En admettant même
qu’ils aient été brutalement imposés, ils ont très
certainement provoqué des tensions et une chaîne de
réactions peu propice à la sérénité des débats. Et la
fabrication de sarcophages montrant des chrétiens accédant à
la magistrature a pu être retardée.
En conséquence, et bien que les datations avancées ci-dessus
de ces sarcophages soient probables, elles doivent être
confrontées à d’autres évaluations : autres sarcophages
comme ceux de Rome, mosaïques diverses (en particulier
celles de Ravenne).
Ajout postérieur
Moins d’une semaine après avoir mis la présente page en
ligne, nous avons découvert qu’il existait une page du site
Internet Wikipedia intitulée « sarcophages d’Arles » et
dédiée aux sarcophages que nous venons de décrire. Cette
page est très bien faite et donne des précisions que nous
n’avons pas apportées ci-dessus par manque de connaissance.
Nous pourrions modifier cette page en fonction des
informations obtenues. Néanmoins, nous avons décidé de ne
rien changer. C’est un peu pour suivre un principe initié
dès la création du site : essayer dans la mesure du possible
de découvrir les informations par soi-même. Un tel principe
peut se révéler contre-performant dans la mesure où il n’est
pas possible d’avoir une connaissance universelle. Et ceci
est particulièrement vrai en ce qui concerne les sarcophages
paléochrétiens qui ont été dans le passé très bien étudiés.
La démarche que nous avons adoptée consiste à obtenir le
maximum d’informations sur tout l’ensemble des données
concernant le premier millénaire. Et ce, le plus rapidement
possible. Nous ne pouvons pas nous appesantir sur un sujet
quelconque et il nous faut très rapidement passer à autre
chose.
Cependant, nous conseillons vivement au lecteur intéressé de
consulter la page du site Internet Wikipedia. Il constatera
que, malgré notre absence de connaissances en la matière,
nos estimations sont voisines de celles de la page de
Wikipedia.