Autres églises des Alpes-Maritimes : page 2/2
Grasse
: cathédrale Notre-Dame-du-Puy
Extérieurement, la cathédrale de Grasse semble dépourvue
d’intérêt (image 1).
Nous ne l’avons pas visitée, mais les images
2 et 3 extraites d’Internet, nous montrent une nef
apparemment fruste. Elle est de type basilical à trois
vaisseaux. Les piliers semblent être cylindriques. Les arcs
entre piliers sont doublés et brisés. Ils semblent dater de
la fin du XIIesiècle, début XIIIesiècle.
Le système de voûtes sur croisée d’ogives est, quand à lui,
postérieur : du XIVe, voire XVesiècle.
On peut donc envisager que la nef était primitivement
charpentée. Si l’on se fie seulement aux arcs entre piliers,
cette nef pourrait dater du XIIesiècle. Un détail
remet cette idée en question : le fait que les piliers
soient cylindriques. Si la nef avait été imaginée au XIIesiècle,
le constructeur aurait prévu de poser les arcs doublés sur
des piliers rectangulaires de type R1010
et non sur des piliers cylindriques.
Datation envisagée : l’an 1000, avec un écart de 200 ans.
Isola :
clocher de l’ancienne église Saint-Pierre
Ce clocher s’apparente à d’autres situés dans les Pyrénées.
Des clochers dits à « arcatures lombardes », datés de l’an
1000, avec un écart de 100 ans.
Levens :
église de la Madone-des-Prés
Peu de chose à dire sur cette église dont l’abside est à «
arcatures lombardes ».
Datation : an 1000, avec un écart de 100 ans.
Nice :
basilique en ruines de Cimiez
Les ruines de Cimiez (nous ne les avons pas encore visitées)
sont difficiles à interpréter (images
10, 11 et 12). S’agit-il d’une basilique au sens
chrétien du mot ? ou de thermes ?
Toujours est-il que le plan de l'image
9 nous montre bien une basilique à trois vaisseaux
avec des absides semi-circulaires en prolongement des
vaisseaux. Ce qui confirme l’ancienneté de ce type de plan.
Datation envisagée
: an 300 avec un écart de 100 ans ?
Dans un courrier reçu récemment, Monsieur Marc Tanzi nous apprend l'existence de deux cathédrales, l'une à Nice, l'autre à Cimiez et apporte les compléments d'information suivants :
« Sur le site nice.catholique.fr, vous pouvez trouver un bref historique des églises paléochrétiennes de Nice, celle du château et celle de Cimiez : “ La christianisation du diocèse de Nice est attestée dès le IVe siècle par la coexistence de communautés chrétiennes structurées, l’une sur l’acropole de Nice (actuelle colline du château) et l’autre dans l’ancienne cité romaine de Cimiez (Cemenelum). La présence du diacre Innocentius, ex portu Nicaensi, lors du concile d’Arles en 314, et celle de l’évêque Amantius, au concile d’Aquilée en 381, apparaissent comme les premières mentions de l’Église de Nice. À l’intérieur des terres, l’évêché de Cimiez semble se constituer quelques années plus tard sous l’épiscopat de Valérien (439-455). Appartenant à une famille de la noblesse gallo-romaine, saint Valérien est connu grâce à un ensemble de vingt homélies. De plus, l’archéologie a permis de mettre à jour un groupe épiscopal comprenant une basilique, un baptistère, des thermes et la demeure de l’évêque. C’est vers la fin de l’épiscopat de Valérien que les évêchés de Nice et de Cimiez sont unis par décision pontificale. Seul le diocèse de Nice est maintenu autour du site défensif de la colline du château, seul lieu adapté pour résister aux invasions que va connaître le pays niçois au cours du Moyen-Âge ”. »
Concernant la basilique de Cimiez, Monsieur Tanzi nous a fait parvenir deux photographies de sculptures découvertes lors de fouilles : un chrisme (image 13), et une colonne du baptistère (image 14). Nous avons essayé de retrouver les restes de cette basilique sur l'image par satellite du site de Cimiez (image 15). Nous pensons que ces restes apparaissent sur l'image 16. C'est la seule ayant une abside semi-circulaire située à l'Est.
Par ailleurs, Monsieur Tanzi nous a aussi transmis des images de la cathédrale primitive de Nice (images 17 et 18). De même que pour Cimiez, nous avons essayé d'identifier ces restes sur l'image par satellite (image 19). Cette vue par satellite correspond au plan de l'image 9 que nous avions auparavant insérée sur la page actuelle sans savoir que c'était l'église du château de Nice et non l'église de Cimiez. Monsieur Tanzi nous a également transmis des photographies de pièces de mobilier trouvées lors de fouilles : un chapiteau composite (image 18) et un bénitier (image 19). La datation du chapiteau en marbre est délicate. D'autant que nous ne connaissons pas ses dimensions. Il est possible qu'il ait fait partie d'un ciborium. Le décor du bénitier est antique, il aurait été creusé au Moyen-Âge, peut-être pour former d'abord un reliquaire puis un bénitier.
Remarque : Nous estimons que la démarche de Marc Tanzi nous informant de l'existence de deux églises est non seulement légitime mais nécessaire. Nous savons par avance qu'au vu de son extension et de l'ambition du projet, notre site doit contenir des erreurs ou des omissions. Ces erreurs ou ces omissions, nous les assumons pour pouvoir continuer à avancer dans notre démarche globale. Cela bien sûr ne doit pas nous empêcher de les corriger lorsque nous en avons connaissance.
Nous remercions Monsieur Tanzi pour ses photographies (images 13, 14, 17, 18, 20, 21).
Saorge
: chapelle de la Madone del Poggio
Le clocher et les absides de cette église sont à « arcatures
lombardes ». Tout comme deux des précédentes, Isola et
Levens. Datation : an 1000 avec un écart de 100 ans. Un
détail pourrait cependant faire remonter la datation :
l’église est à plan basilical à trois vaisseaux. Qui plus
est, avec absides en prolongement des vaisseaux. Une visite
de l’intérieur pourrait peut être permettre la réévaluation
de l’édifice. En attendant cete visite, nous proposons une
autre datation : an 900 avec un écart de 200 ans.
Valbonne
: ancienne abbatiale
Peu de choses à dire sur l’abbatiale de Valbonne, de
datation très difficile au vu du petit nombre d’indices. L'image 25 fait
apparaître les différences d’appareil des murs. Et donc,
apporte la preuve que cette église a subi des restaurations.
La partie située en bas à droite avec les restes de trois
baies pourrait être antérieure à l’an 1000.
En attendant confirmation, nous datons cette église de l’an
1100 avec un écart de 100 ans.
Valdeblore
: église de l’Invention-de-la-Sainte-Croix de Saint-Dalmas
Nous n’avons pas visité cette église. L’existence de trois
absides permet d’envisager que cette église pourrait avoir
été une basilique à trois vaisseaux. Actuellement, il n’y a
qu’un seul toit. En conséquence, une visite de l’intérieur
s’impose pour vérifier s’il subsiste les piliers séparant
les vaisseaux. Sur l'image
29, des restes d’arcatures lombardes apparaissent
sur les murs des absides. En particulier celle de droite.
En attendant de plus amples informations, nous datons cet
édifice de l’an 900 avec un écart de 200 ans.