L’église Sainte-Hélène d’Orval-sur-Sienne 

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Nous n’avons que peu de choses à dire sur cette église Sainte-Hélène d’Orval-sur-Sienne. La page du site Internet Wikipedia qui traite de cet édifice est très peu prolixe et mentionne seulement qu’il s'agit d’un édifice du XIesiècle, sans préciser quelles sont les parties qui remontent à cette époque.


La partie la plus intéressante et, semble-t-il, la plus ancienne, n’est autre que le massif clocher de croisée du transept (images 1 et 2). Mais avant d’étudier ce clocher, remarquons que le transept en question est un transept bas. Nous appelons « transept haut » un transept tel que le faîte du toit des croisillons est de même hauteur que celui du transept. Et « transept bas », de hauteur inférieure. Nous estimons que lorsque le transept est bas, il y a de fortes chances que les croisillons aient été installés ultérieurement. Si on fait abstraction de ces croisillons, on se trouve en présence d’une église de type « anglo-normande ». Le mot « anglo-normande » ne traduit pas une localisation, car on trouve des églises de ce type dans le Sud de la France. Elles ont la particularité d’être composées de trois corps alignés : une nef unique, suivie d’un grand clocher, lequel est suivi d’un chevet à abside unique.


De quand date ce clocher? Les massifs piliers qui le supportent ne permettent pas de l’identifier (images 9, 10, 12). Par contre, les fenêtres géminées du premier étage
(images 4, 5 et 6 ) se révèlent plus instructives. Le décor des chapiteaux de forme trapézoïdale est géométrique, à stries et spirales. On note aussi une tête humaine. Nous pensons, mais sans preuve, que ce type de décor est de peu antérieur à l’an 1000. Nous attendons, pour en être plus sûrs, d’avoir examiné d’autres chapiteaux du même type.


Il existe une crypte (images 14, 15, 16, 17). Cette crypte est divisée en deux parties (voir le plan de l'image 7). La première partie est de forme rectangulaire avec un pilier en son centre (images 14, 15 et 16). La deuxième partie (image 17) contient un petit musée lapidaire avec en particulier une belle cuve baptismale (images 18 et 19). Les deux parties épousent la forme du chevet (image 7). Nous pensons que cette crypte est une fausse crypte. C’est-à-dire une pièce réalisée à l’intérieur de l’édifice primitif par séparation en deux par un plancher horizontal. Le sol primitif devait donc se situer au niveau actuel de la crypte.


Existait-il primitivement une nef triple comme on le voit dans d’autres endroits ? C’est peu probable. Si tel avait été le cas, les arcades auraient été visibles sur les murs extérieurs (image 21). On voit bien les traces d’anciens arcs, mais il ne s’agit que de restes d’une porte. Les fenêtres sont plus révélatrices d’une ancienneté (images 20, 22, 23, 24). Les baies semblent protégées par des arcs. Cependant une observation plus attentive (image 23) permet de constater que ce ne sont pas des arcs mais des linteaux imitant la forme d’arcs. Ces linteaux gravés en forme d’arcs peuvent être récents. Il n’en demeure pas moins que l’étroitesse des fenêtres est signe de l’ancienneté de ces fenêtres : à partir du XIIesiècle, les ouvertures sont élargies.

Datation envisagée pour cet édifice : an 1000 avec un écart de 100 ans.


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