Les ruines de basiliques de Solin 

• Balkans    • Article précédent    • Article suivant


Nous n'avons pas visité les sites archéologiques de Solin (en français Salone). Les images de cette page sont extraites de galeries d'Internet.

La page du site Internet Wikipédia consacrée à la ville de Solin nous apprend ceci :

« Salone est une ancienne cité romaine, autrefois capitale de la Dalmatie, aujourd'hui champ de ruines situé dans la municipalité de Solin (Croatie), à environ 5 km de Split. Bien que le nom nous soit connu par les Grecs, on estime qu'il est d'une origine dalmate antérieure.

La ville fut détruite par les Avars en 615 puis à nouveau par les Slaves, et ses habitants se réfugièrent alors dans le palais de Dioclétien, créant ainsi la ville de Split.

Histoire

D’abord modeste port d'une tribu locale illyrienne, les Grecs y établirent un comptoir.


Salone prit de l’importance en 48 av. J.-C. lorsque Jules César y installa des vétérans romains démobilisés et en fit la colonie romaine de Colonia Martia Julia Salona. Les Romains l'établirent en 10 apr. J.-C. comme capitale de la province romaine de Dalmatie.

L'empereur Julius Nepos fut assassiné à proximité de la ville en 480.

La ville resta une cité importante jusqu’à sa dévastation par les Avars et les Slaves en 630. Ses habitants se réfugièrent alors dans le palais de Dioclétien, créant ainsi la ville de Split.


Description

Salone avait une forme trapézoïdale et s'étendait sur 1600 mètres d’est en ouest et sur 700 mètres du nord au sud. La ville atteignit 60 000 habitants à son développement maximum.
»


Nos remarques

Nous avons tous tendance à simplifier l'histoire. Oh ! bien sûr ! Pas l'histoire récente. On a des souvenirs de ce que nous avons vécu ou des événements que nous ont racontés parents ou grands-parents. Mais plus on remonte dans le temps, plus ces souvenirs s'estompent et on cherche à tout unifier : croire que nos ancêtres parlaient la même langue que nous, avaient les mêmes mœurs, les mêmes règles de vie. Concernant les romains, on s'imagine qu'ils vivaient « au temps de Jésus ». Intervalle de temps d'une cinquantaine d'années. Jusqu'à une période récente, les historiens dataient les débuts de la civilisation romaine de la fondation de Rome le 21 avril 753 av. J.-C . Mais cette date est fictive. Les débuts de la civilisation romaine sont très probablement plus récents mais antérieurs de plusieurs siècles à l'an 1 de notre ère. Concernant la fin de la civilisation romaine, les avis des historiens sont plus partagés, certains la situant aux débuts de la période dite de décadence (fin du IIe siècle). Mais la plupart s'accordent pour la dater de la prise de Rome par Allaric vers l'an 410. Nous pensons que cette fin de la romanité est plus tardive : la civilisation romaine a continué à subsister et à se développer . Et Salone est un exemple de ces cités. Cette ville aurait été détruite par les Avars en 615 puis les Croates en 630. Soit 200 ans après la chute de Rome. Et comme on le verra, les vestiges ne sont ni Avars, ni Croates, mais Romains. C'est bien une ville romaine qui a été détruite en 615.

Selon Anne-Marie Sessa, notre guide touristique de Split : à la suite de la prise de Salone, les habitants de cette ville se seraient réfugiés dans le palais de Dioclétien. Ce palais de Dioclétien situé sur une presqu'île occupait une position défensive. Ses habitants pouvaient espérer des secours venus par la mer. Protégée par la citadelle de Klis située sur un éperon rocheux, à huit kilomètres de là, la ville de Split a pu se développer.

Dernière remarque : nous n'avons pas obtenu de description de chacun des vestiges exposés dans cette page et les suivantes sur Solin. Nous essaierons d'analyser les images.


La vue par satellite de l'image 1 donne la position (en lettres rouges) de plusieurs sites archéologiques de la ville de Salone décrits dans cette page :

  A : Amphithéâtre non commenté.

  B : Basilique de Kapljuč (images de 2 à 6).

  C : Fosse contenant des sarcophages (images de 7 à 9).

  D : Les deux basiliques, le baptistère et les thermes du quartier Est de Salone (images de 10 à 18).


La basilique des Cinq Martyrs de Kapljuč (images de 2 à 6)

La vue par satellite ainsi que le plan (images 2 et 3) montrent que l'on est en présence d'un édifice à plan basilical à nef à 3 vaisseaux et chevet semi-circulaire. On constate cependant une anomalie. Alors que le vaisseau central et le collatéral Nord ont un plan rectangulaire sur six travées, pour le collatéral Sud, le plan n'est pas rectangulaire : il est plus large côté Ouest que côté Est. Nous pensons qu'initialement le plan était régulier. Par la suite, le collatéral Sud a été modifié. Peut-être pour accueillir des sarcophages (images 4 et 5) ?. On constate sur l'image 4 que les piliers sont à section rectangulaire. Nous pensons, sans certitude avérée, que les nefs à piliers à section rectangulaire sont postérieures aux nefs à colonnes cylindriques. Une remarque : nous ne voyons pas ici de restes de claveaux d'arcs. Il est possible qu'il n'y ait pas eu dans cette basilique d'arcs reliant les piliers mais des linteaux en bois.

Image 6. Nous ne sommes pas certains que ce sarcophage à décor de griffons s'abreuvant à un canthare soit en cet emplacement, car nous avons vu la même image en d'autres endroits. Cette scène, avatar de celle des « oiseaux au canthare », est devenue désormais classique.

Datation envisagée pour la basilique des Cinq Martyrs de Kapljuč : an 525 avec un écart de 75 ans.



Fosse rectiligne contenant des sarcophages (images de 7 à 9)

Les images 4 et 5 ainsi que celles-ci, de 7 à 9, sont surprenantes et incompréhensibles. En effet, comment se fait-il qu'un sarcophage soit placé à l'intérieur d'une fosse convenablement bâtie ? À l'époque, dans la pratique habituelle d'ensevelissement des corps, il n'y avait qu'un choix : le sarcophage ou la fosse. Mais pas les deux. Et ce d'autant que durant la période romaine (mais les premiers siècles) les sarcophages étaient exposés à l'air libre, à la vue de tous. Une hypothèse liée à l'état de ces sarcophages : pour la plupart d'entre eux, le couvercle est endommagé. Nous pensons que ces couvercles ont été volontairement brisés. Sans doute pour enlever des trésors (bijoux ou reliques) contenus dans ces sarcophages. Les fosses auraient été construites pour protéger les sarcophages.



Les deux basiliques, le baptistère et les thermes du quartier Est de Salone
(images de 10 à 18)

Image 10 : Vue par satellite. On identifie facilement, grâce au drapeau rouge, la basilique principale. Elle possède une nef à trois vaisseaux et un chevet composé d'une abside semi-circulaire. À remarquer que cette abside n'est pas insérée dans une structure rectangulaire. À l'intérieur du sanctuaire, on peut voir le demi-cercle d'un synthronon.

Au Nord de cette basilique, la forme circulaire est celle d'un baptistère. Il est en fait octogonal et contient une piscine baptismale en forme de croix (image 14).

Au Sud de la basilique, on constate la présence d'une autre basilique un peu plus petite et moins bien conservée.

Enfin le grand ensemble situé à l'Est était un établissement thermal.

Nous pensons que l'ensemble formé par le baptistère, la grande basilique et la petite basilique, et peut-être les thermes, constituait un groupe épiscopal.

Image 13 : on constate sur cette image que le vaisseau central de la grande basilique était porté par des colonnes cylindriques.

Les images 15 et 16 représentent des vues intérieures de la grande basilique. Mais quelles preuves a-t-on que des arcs en plein-cintre reliaient les piliers ?

Image 18 : Cerfs s'abreuvant à un canthare. La légende de la scène (écrite en latin) peut être ainsi traduite : « De même que le cerf a désiré l'eau de la fontaine, de même je désire que mon âme soit aujourd'hui à Dieu ».

La scène picturale nous apparaît bien équilibrée, même s'il existe quelques petits défauts au niveau de la symétrie axiale. Par contre, il existe un certain désordre au niveau de la légende écrite. On s'attendrait à ce qu'elle soit disposée sur une bande au-dessus ou au-dessous. Tout se passe comme si cette phrase avait été écrite après la pose de la scène picturale. Il est donc possible que l'interprétation postérieure qui a été donnée de cette scène ne reflète pas totalement le symbolisme initial : le canthare est symbole d'immortalité, le cerf est représenté dans les religions ou mythes celtiques.

Datation envisagée pour la grande basilique du quartier Est de Solin : an 425 avec un écart de 75 ans.