Le musée archéologique de Nin
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Nous avons visité ce musée en septembre 2011. Les images de
cette page ont été prises lors de cette visite.
Ce musée rassemble des collections archéologiques provenant
de Nin ou de sa proche région. Ces pièces diverses
concernent principalement les périodes hellénistique et
romaine (images de 1 à 9)
et le Haut Moyen-Âge (images
de 10 à 36). Le tout est accompagné de schémas et
d'explications, malheureusement écrites en croate, langue
que nous ne maîtrisons pas.
Image 1 : Pierre
déposée sur un terrain situé entre l'église Sainte-Croix et
le musée archéologique. Il s'agit de l'entablement d'un
temple romain, peut-être celui décrit dans une des pages
précédentes .
Image 2 : Statue
d'une déesse grecque (IIIe-IIe siècle
av. J.-C.).
Image 3 : Statue
de Vénus accompagnée de Priape (IIIe-IIe
siècle av. J.-C.).
Images 4, 5 et 6 :
Trois lampes à huile romaines. La datation est délicate, les
lampes à huile ayant été utilisées pendant plusieurs
siècles. La plupart de ces lampes, d'usage courant, ont un
décor peu évolué. Nous pensons cependant que certaines de
ces lampes devaient avoir une importance particulière pour
certaines cérémonies civiles ou religieuses (on songe en
particulier à la Parabole des Vierges Sages et des Vierges
Folles des Évangiles où l'on apprend l'importance de tenir
la lampe allumée lors de la venue du marié : une lampe
éteinte devait être un très mauvais présage pour le futur
couple). Nous pensons donc que certaines de ces lampes
devaient avoir un décor particulier reflétant les idées et
les croyances de leurs utilisateurs. Ainsi, on peut voir sur
l'image 4 un fauve
bondissant, symbole de la force. Le fauve, tantôt représenté
comme un lion, tantôt un ours ou un loup, est présent dans
certaines religions antiques, voire même la religion
chrétienne ; exemple : le lion de Saint-Marc. Un gladiateur
orne la lampe de l'image 5.
Nous pensons qu'à l'origine, les Jeux du Cirque avaient une
dimension religieuse qui a été perdue (combat contre la
Mort). On sait enfin que le poisson (image
6) a été un symbole chrétien.
Images 7, 8 et 9 :
Stèles funéraires. Nous ne connaissons pas leurs datations
respectives. Nous ignorons même s'il en existe que l'on ait
pu dater avec précision, car, pour celles que nous
connaissons, la date n'est pas mentionnée. Nous pensons que,
pour celles-ci,la date se situe aux alentours du IVe
siècle (coiffure de la dame de l'image
8). Il est remarquable que l'on trouve des stèles
analogues à plus de 1000 km de Nin. Cela démontre une
certaine unicité du monde romain. Unicité qui n'était
peut-être que fictive car si le propriétaire était romain,
ses esclaves ne l'étaient probablement pas. Mais eux
n'avaient pas les moyens de faire construire des monuments
funéraires.
Image
10 : Bijou trouvé dans une sépulture féminine.
Image 11 :
Traduction, par traducteur automatique, du texte
accompagnant cette image : « Dans
la zone du port de l’ancienne Enona à Zaton, les
vestiges de bâtiments profanes ont été découverts. Au VIe
siècle, une église dédiée à l’apôtre André a été
construite dans cette région. Des fragments
architecturaux de mobilier d’église et de sarcophages
appartiennent également à la période paléochrétienne.
». Nous avons donc ici le plan de l'église Saint André.
C'est une église à nef à trois vaisseaux avec trois absides
en prolongement des vaisseaux. Ce plan est surprenant. On
n'a pas ici la forme rectangle mais d'un parallélogramme :
le mur Ouest fait un angle de 70° par rapport au mur Sud
alors que cet angle devrait être de 90°. Nous ne pensons pas
que cette déformation est due à une erreur dans la prise de
vue photographique ou à une maladresse de l'architecte. Nous
sommes obligés de nous poser la question : pourquoi un tel
plan ? Qu'est-ce qui a motivé ce type de construction,
apparemment incohérente ? En fait, nous avons auparavant eu
l'occasion de rencontrer des églises « désaxées » pour
lesquelles l'axe de la nef et l'axe du chevet forment un
angle. Nous avons envisagé que cette disposition pouvait
être liée à une dualité. Dans les premiers temps de l'ère
chrétienne, les églises étaient souvent dédiées, non à un
seul saint mais à deux saints : Saint Pierre et Saint Paul,
Saint Nazaire et Saint Celse, Saint Cyr et Sainte Julitte,
etc. Et très souvent, la dualité se manifestait ainsi : le
maître et le disciple, le vieux et le jeune, le prêtre et le
laïc converti. D'où l'idée est venue que le chœur pouvait
être dédicacé à l'un des deux saints et la nef, à l'autre.
Ce qui pouvait expliquer les différences d'orientation des
deux parties de l'église. Nous ignorons si cette explication
peut être reproduite pour cette église dédiée à Saint André.
Image 12 :
Fragment de la poutre de la clôture de chœur de l'église
Saint-André.
Image 13 :
Fragment des demi-colonnes de la clôture de chœur de
l'église Saint-André.
Image 14 : Plan de
l'église Saint-Anselme et de son église voisine.
Image 15 :
Fragment de pilastre de la clôture de chœur de l'église
Saint-Anselme.
Image 16 : Détail
du fragment précédent. On distingue dans la partie
inférieure un quadrupède dressé devant une sorte de canthare
très effilé. Le quadrupède mange une grappe de raisin. Il
s'agit là d'une des multiples modifications de la scène des
« oiseaux au canthare ».
Image 17 : Croix
pectorale en métal. On pourrait penser que le Christ avec
les bras en croix y est représenté. L'image est plus
complexe. Il y a bien un personnage mais il est placé sur la
partie verticale. On peut voir sa tête dans la branche
supérieure. Elle est ronde mais ne semble pas auréolée.
Au-dessous de la tête, on devine le thorax avec, peut-être,
des bras stylisés. Au centre du thorax qui est aussi le
centre de la croix, on découvre une autre tête. Mais
celle-ci, auréolée, porte le nimbe crucifère. C'est la
représentation du Christ. Cette tête de Christ est placée
au-dessus d'une grande cape. Sur chaque branche latérale de
la croix, est gravée une tête auréolée de saint. Notre idée
est que l'homme dont la tête occupe la branche supérieure
est probablement l'évêque du lieu. Il porte un vêtement sur
lequel est brodé le corps du Christ, la tête du Christ étant
située à l'emplacement du cœur de l'évêque. Dans son
ensemble, cette représentation semble être unique et
archaïque (elle ne sera pas reprise ultérieurement, du moins
à notre connaissance).
Image 18 : Croix
pectorale en métal. Cette fois-ci, le personnage a les bras
en croix. Ce ne serait pourtant pas le Christ (il ne porte
pas le nimbe crucifère). Ces deux croix remontent selon nous
à une période très ancienne (Ve ou VIe
siècle). Elles ont sans doute été inspirées par une
influence barbare.
Image
19 : Divers fragments de poutres ou pilastres
d'une clôture de chœur. Nous n'en connaissons pas la
provenance.
Image 20 :
Fragments d'une balustrade d'une clôture de chœur.
Provenance inconnue. La pierre de gauche est datée du IXe
siècle. On ne sait pour quelles raisons d'autres, exactement
semblables, sont datées du Xe ou XIe
siècle.
Image 21 : Dessin
représentant une clôture de chœur dont nous n'avons pas noté
la provenance. Certains éléments de cette clôture ont été
conservés et sont représentés ici en traits gras. Plusieurs
observations peuvent être faites au sujet de cette
représentation. En premier, le faible pourcentage des
éléments conservés (entre 10 et 15%). On retrouve ce faible
pourcentage des restes de clôtures de chœur à plusieurs
reprises en Croatie. Y aurait-il eu là des destructions
systématiques et quel en serait le motif ? Il y a aussi un
autre problème : la symétrie - dissymétrie. Il y a symétrie
du schéma d'ensemble. On s'attendrait à ce qu'il y ait une
symétrie équivalente dans les détails. Observons sur cette image 21 les fragments
sculptés désignés par les lettres a
et d.
Ces fragments sont issus de panneaux symétriques. Leurs
décors faits d'entrelacs à imitation de cannages (il est
possible qu'à l'origine de ce décor, il y ait eu des
clôtures faites d'un cannage végétal) devraient être
identiques. Ils ne le sont pas ! Et il en est de même pour
les pilastres e
et
f de dimensions différentes. Nous ne connaissons
pas les raisons de ces dissymétries.
Image 22 :
Fragments d'une balustrade d'une clôture de chœur.
Provenance inconnue. Les objets sont datés du Xe
ou XIe siècle.
Image 23 :
Chapiteau préroman.
Image 24 : Plan
de l'église Sainte-Marie de Nin. Nous ne savons pas où elle
était localisée. Nous pensons que c'est l'ancienne
cathédrale de Nin car, à l'origine, beaucoup de cathédrales
(si ce n'est toutes les cathédrales) étaient dédiées à
Notre-Dame-de-l'Assomption. Son plan est celui d'une
basilique à nef à trois vaisseaux. Comme l'église
Saint-André étudiée précédemment, ce plan présente un
caractère désaxé difficilement interprétable.
Image 25 : Dessin
représentant la clôture du chœur de l'église Sainte-Marie.
On constate qu'il y a trois entrées correspondant aux trois
absides de cette église. Ici aussi, on vérifie le peu de ce
qui reste de cette clôture (moins de 5%) , autrefois très
riche en ornementations.
Image 26 :
Fragment d'un bas-relief d'une clôture de chœur. Le décor
représente un canthare d'où sort un pampre, symbole
d'immortalité.
Image 27 :
Chapiteau préroman.
Image
28 : Fragment d'un pilastre d'une clôture de
chœur. Le décor représente un pampre de vigne, symbole
d'immortalité. Une datation est indiquée sans justification
: le XIe siècle.
Images 29, 30 et 31
: Le baptistère du prince Višeslav.
Voici ce que nous apprend la page Internet du site Wikipédia
réservée à la ville de Nin : «
C'est une cuve baptismale de pierre hexagonale. Une copie
se trouve dans la collection archéologique de Nin tandis
que l'original est conservé au Musée archéologique de
Split. ».
Toujours selon le site Wikipédia, Višeslav « est
le premier souverain serbe dont nous connaissions le nom ;
il dirigea le pays vers 780. On ignore à peu près tout de
lui, sauf son nom. »
Nous ignorons pour quelles raisons ce baptistère a été
attribué à Višeslav. Peut être son nom est-il inscrit sur la
bordure supérieure du baptistère ? Peut-être cette
attribution est-elle purement artificielle, comme c'est
souvent le cas ? Il serait bon de le savoir car nous avons
ici un cas particulier de représentation qu'il serait
opportun de dater. Si vraiment ce baptistère est
contemporain de Višeslav, il date de la fin du VIIIe
siècle. On voit tout l'intérêt que cela peut représenter. En
particulier pour dater les croix à entrelacs (image
30) dont certaines sont représentées sur notre
site. Pas seulement les croix à entrelacs, mais aussi
d'autres types d'entrelacs.
Image 32 :
Fragment d'un pilastre d'une clôture de chœur. Un entrelacs
encercle un lion à queue feuillue.
Images 33, 34, 35 et 36
: Ensemble de chapiteaux provenant probablement d'une
basilique préromane à nef à trois vaisseaux (nous n'avons
pas d'information à ce sujet ; c'est nous-mêmes qui
interprétons les images).