Monuments musulmans du Maroc susceptibles de dater du premier millénaire
Dans cette page, on se situe en pleine
incertitude. D’une part, on ne trouve dans les guides sur le
Maroc aucun texte signalant l’existence d’un monument ou
d’un édifice religieux musulman antérieur à l’an 1000, voire
même antérieur à l’an 1200 (hormis la mosquée Hassan
construite vers 1196 par Yacoub-el-Mansour
(image 4). Et il en est de même pour les
monuments chrétiens antérieurs à l’arrivée des arabes.
D’autre part, rien ne justifie cette absence quasi totale de
vestiges du Haut Moyen-âge? soit une période de près de 800
ans, du début du Vesiècle à la fin du XIIe
siècle
Certes, on peut essayer d’avancer une explication analogue à
celle qui a été évoquée pour l’Europe, « les envahisseurs
barbares ont tout détruit ». Mais cette explication n’est
pas valable pour l’Afrique du Nord. Car il n’y a eu que deux
invasions : les Vandales et les Arabes. Et si les Vandales
ont été considérés comme des barbares, les Arabes ont été
quant à eux considérés comme un peuple civilisé. Peut-être
pas au VIIIesiècle lorsqu’ils ont envahi le
Maroc, mais beaucoup plus sûrement un ou deux siècles plus
tard. Ce qui laisse une certaine marge jusqu’au XIIe
siècle.
Par ailleurs, et c’est l’objet de toute notre recherche qui
a commencé dans le sud de la France, le nombre de vestiges
datables du premier millénaire serait beaucoup plus
important que ce qui était envisagé auparavant. (dix fois
plus).
En conséquence, dans tout le Maghreb, le nombre d’édifices
attribuables au premier millénaire devrait être beaucoup
plus important que celui envisagé actuellement..
D’où l’émergence de deux problèmes presque antinomiques.
Le premier problème est de rechercher ces édifices par des
méthodes analogues à celles proposées dans ce site.
Et si on n’en trouve pas ?
Eh bien ! on est confronté à un problème plus important :
expliquer les raisons de cette absence de vestiges (guerres
? épidémies ? famines ? sécheresse ?). C’est un peu le même
problème que pour les dinosaures : on ne cherche pas à
savoir s’ils ont existé car on trouve des restes. Par contre
on cherche les causes de leur disparition.
Image
1 : Vue de l’intérieur d’une mosquée non
identifiée de Fez. On pourrait être en présence d’un édifice
du premier millénaire. Les piliers sont rectangulaires. Ils
sont surmontés d’impostes (et non de chapiteaux) simplement
moulurées à chanfrein vers l’intrados. Si on était en France
l’hypothèse du premier millénaire serait favorisée (même en
absence d’arcs outrepassés et à plus forte raison s’il y en
a). Par ailleurs on trouve des édifices analogues en
Espagne.
Les images suivantes sont moins convaincantes. Ainsi l’image 2 représentant
le portail du mausolée du Marabout Sidi Amor El Mesnaoui.
Son emplacement se trouve à Chellah nécropole ancienne de
Rabat. L’arc brisé outrepassé ne peut appartenir qu’au 2e
millénaire. Par contre l’imposte qui est au-dessous de cet
arc (image 3)
pourrait lui être antérieure. Cette imposte est analogue à
des modèles français que nous estimons de la fin du premier
millénaire. Cependant il nous faut être très prudent. Le
modèle est relativement simple et il a pu être reproduit à
d’autres périodes beaucoup plus récentes.