La basilique San Simpliciano de Milan
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Nous n'avons pas visité cette basilique. Les images
ci-dessous ont pour source Internet.
Une page du site Internet Wikipedia est consacrée à cet
édifice. En voici des extraits :
« Historique
: Le site de l'église actuelle était occupé au IIIe
siècle par un cimetière païen. Là, saint Ambroise a
commencé la construction de la Basilique Virginum
(«Basilique des Vierges»), qui a été terminée par son
successeur Simplicianus, qui y est enterré. Une brique
avec la marque du roi lombard Agilulf montre que les
réparations ont été effectuées entre 590 et 615.
Au IXesiècle, les bénédictins clunisiens
prennent possession de l'église. En 1176, l'église est
devenue célèbre quand, selon la légende, les corps des
martyrs qui y sont se sont envolés sous la forme de
pigeons au champ de Legnano, atterrissant sur le
Carrroccio de la ville comme présage de la victoire
imminente contre l'armée de Frédéric Barberousse.
Lorsque le bâtiment a été modifié entre les XIIeet
XIIIesiècles, en lui donnant l'apparence
romane actuelle, les murs d'origine ont été conservés sur
une hauteur de 22 mètres. »
Cette église constitue pour nous une énigme. Les
explications données dans le texte ci-dessus sont
insuffisantes. Elles ne peuvent expliquer la complexité de
cet édifice qui ne ressemble à aucun autre. On peut certes
expliquer quelques parties comme le transept. Celui-ci ne
présente pas trop de problèmes. Il est formé de deux
vaisseaux, chose assez rare, mais que l'on retrouve dans
l'église des Jacobins de Toulouse. Bon nombre de transepts
ont été construits à une période relativement tardive à
l'intérieur d'églises plus anciennes en remplacement de
travées. Celui-ci pourrait en faire partie. La période de
construction serait à la charnière fin du roman - début du
gothique.
Mais pour la nef, c'est un peu plus compliqué. Observons le
plan de l'image 5 et
les images 6 et 8. Sur
le plan de l'image 5, on
identifie dans la partie de nef en dessous du transept une
zone colorée en bleu ; avec, à l'intérieur de cette zone, 8
piliers et les trois croisés révélateurs de voûtes en
croisées d'ogives. Et, de part et d'autre de cette zone, des
pièces carrées colorées en blanc, celles de droite étant
marquées par les lettres B, G, H, D. Très probablement, ces
pièces carrées sont réservées à des chapelles latérales.
Jusque là tout paraît normal ; dans de nombreux cas, des
chapelles latérales ont été ajoutées à une nef ancienne à
partir du XIVesiècle. Mais dans la totalité
des cas que nous connaissons, ces adjonctions ont été
effectuées dans le désordre ; des pièces de dimensions
différentes, des côtés privilégiés. Il semblerait que la
démarche soit la suivante : un nouveau curé arrive ; il crée
sa chapelle. Un autre lui succède : il crée une autre
chapelle. Et ainsi de suite.
Or on constate qu'ici la distribution des chapelles est
ordonnée. Comme si l'ensemble de ces chapelles latérales
constituait les deux collatéraux d'une église à trois nefs.
Les images 6 et 8 confirment
cette opinion. Ainsi on voit sur l'image
6, à l'extrême gauche et à l'extrême droite, les
arcs d'entrée de ces chapelles, arcs qu'on retrouve sur l'image 8 derrière les
grands piliers. Là encore, l'ensemble semble bien ordonné.
La succession de ces arcs portés par des piliers
rectangulaires fait penser à ceux de la nef de
Sainte-Madeleine de Béziers (voir sur ce site), église que
nous estimons antérieure à l'an 800.
En toute logique, nous devrions penser que la nef de
l'église primitive était à trois vaisseaux, le vaisseau
principal occupant la zone en bleu, les collatéraux, la zone
en blanc, les trois vaisseaux étant charpentés. Seulement
voilà : il y a un problème ! Le vaisseau principal est trop
large ! Si on veut qu'un toit soit solide, il faut le doter
d'une forte charpente. Et les pièces maîtresses de cette
charpente doivent respecter certaines dimensions. Nous
estimons que ces dimensions ne pouvaient excéder en longueur
13 mètres (correspondant à la largeur du vaisseau central).
Or, dans le cas présent, nous estimons ces dimensions à plus
de 17 mètres. En conséquence, l'hypothèse d'une nef à trois
vaisseaux semble écartée. L'idée nous est venue que la nef
d'origine pouvait être à 5 vaisseaux. Cette idée nous a paru
d'autant plus séduisante que les cinq vaisseaux, on les
découvre bien sur le plan de l'image
5 : trois vaisseaux dans la zone bleue, deux
vaisseaux dans la zone blanche. Qui plus est, les piliers
séparant le vaisseau central des deux vaisseaux les plus
proches (tous dans la zone bleue) ne seraient autres que les
piliers actuels «relookés» durant la période gothique.
Cependant cette idée qui nous semblait séduisante ne
convient pas, car il y a absence des arcs reliant les
piliers.
Dernière hypothèse qui pourrait être la bonne : la nef
primitive était bien à trois vaisseaux. Et le vaisseau
central occupait bien tout la zone bleue. Les piliers très
élancés existaient aussi. Mais ils remontaient jusqu'au
toit. Et ils aidaient à porter les poutres supportant la
charpente du toit ; comme on ne pouvait pas construire de
poutres de grande portée, on utilisait des poutres de plus
petite portée s'appuyant sur les piliers.
Datation
envisagée pour la basilique San Simpliciano de
Milan : an 750 avec un écart de 200 ans.