L'église San Pietro de Norchia  

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Nous n'avons pas visité ce site touristique. Les images ci-après sont extraites d'Internet.

La page du site Internet Wikipedia nous apprend ceci sur les ruines de Norchia : « Certaines sources identifient la cité de Norchia avec l'ancienne ville étrusque d'Orcla (ce nom n'est pas certain : en latin Orclae apparaît dans des sources médiévales datées de 775 ap. J.-C.. Le “N” apparaît sur une carte de 1638.

Déjà occupé à l'âge du bronze; la ville et la nécropole croissent après l'arrivée des Étrusques. La cité connaît son apogée entre le IVe et le IIIesiècle av. J.-C., et possédait un temple dédié à la déesse du destin et de la chance Norzia.


Les tombes de la nécropole sont généralement sculptées directement dans le tuf de la falaise, dotée d'escaliers sur leur façade. Originellement, les corps étaient placés à l'intérieur de sarcophages en tuf, encore présents en grand nombre.

Le site fut occupé durant le Moyen-Âge, jusqu'au XIVesiècle, et subsistent les vestiges d'un château et d'une église de cette époque. »

Une partie de la nécropole étrusque avec ses tombes à fronton est visible sur l'image 1. Sur l'image 2, une tombe (étrusque ? romaine ?) de cette nécropole.

Les quatre dernières images représentent l'église Saint-Pierre.

Ce monument a fait l'objet d'une monographie succincte écrite par Enrico Parlato dans le livre « Rome et Latium romans » de la Collection Zodiaque. En voici des extraits : « Sur un éperon rocheux étroit dominant la vallée du Bediano, se dressent les ruines de l'église dans une zone entièrement inhabitée, entourée seulement de la grande nécropole étrusque de l'antique Orcia. Avec le château, c'est tout ce qui reste de la « civitas » mentionnée dans la bulle de Leon IV (852), réduite ensuite à un
« castrum ». On mentionne le bourg comme étant dans un état d'abandon total au temps d'Hadrien IV (1154-1159).
[...] Le pontife le pourvut donc d'une fortification, ouvrage qu'il faut reconnaître dans les ruines du système défensif du château. Le repeuplement du village attesté par le Liber Pontificalis coïncide très probablement avec la construction de l'église commencée par conséquent au milieu du XIIesiècle. »

Ces explications ont l'air un peu compliquées : le village est désert en 1154. Mais le pape fait construire une fortification. Ce qui entraîne le repeuplement. Et permet la construction d'une église qui est donc construite au milieu du XIIesiècle. C'est-à-dire en 1150 ! On a l'impression d'avoir loupé quelque chose. Alors, bien sûr, le
«
milieu du XIIesiècle » est susceptible d'être estimé en tenant compte d'un certain écart par rapport à 1150. Mais cet écart ne doit pas être exagéré. Et il faut beaucoup de temps pour construire des fortifications, les rendre opérationnelles, attirer de nouveaux venus dans la région, et enfin, attendre leur enrichissement afin de permettre la construction d'une église. Le raisonnement le M. Parlato nous semble donc un peu court.

À cela s'ajoute une autre considération. Les deux auteurs du livre « Rome et Latium romans » nous ont décrit une centaine d'édifices. À chaque fois ou presque, la datation envisagée est le milieu du XIIesiècle. Nous voudrions bien le croire si toutes les églises étaient de même plan. Par exemple si toutes les églises étaient des basiliques à nefs triples avec des chevets à une seule abside (c'est le plan le plus fréquemment rencontré en Latium). Mais ici on a un chevet à trois absides. Donc de plan différent des autres. L'assemblage des pierres est aussi différent de ce que l'on voit ailleurs en Latium. Il y a aussi le fait que les absides sont percées de fenêtres.

Certes, il est possible qu'au cours d'une même période, on ait construit simultanément des chevets à une abside et des chevets à trois absides. Mais il doit y avoir une explication à cela : des peuples différents ? des religions différentes ?

En ce qui nous concerne, nous allons ignorer les écrits et nous fier à notre propre système d'évaluation. Les plan de cette église semble être celui d'une église à nef à trois vaisseaux, avec trois absides en prolongement des vaisseaux. Nous estimons que, concernant la France, ce plan a été développé durant plusieurs siècles et au cours du premier millénaire, avec empiétement sur le deuxième millénaire.


Datation envisagée pour l'église San Pietro de Norchia : an 950 avec un écart de 125 ans.