Le sanctuaire de Santa Vittoria de Monteleone 

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N'ayant pas visité cette église, les images ci-dessous sont extraites d'Internet.

Ce monument a fait l'objet d'une longue monographie écrite par Serena Romano dans le livre « Rome et Latium romans » de la Collection Zodiaque. En voici de courts extraits :  « Il s'agit de l'un des édifices les plus intéressants de toute la Sabine, résultat de plusieurs phases de construction et témoin de la riche vie culturelle que connut cette région. Actuellement, l'église montre une façade très élaborée, présentant beaucoup de sculptures et de morceaux de remploi (image 1), un atrium (ouvrage Ouest) fermé par une deuxième façade munie d'un seul portail d'entrée (images 2 et 3), par lequel on accède à l'église en descendant quelques marches, et l'église elle-même. Celle-ci est divisée en trois nefs comportant des piliers sur la gauche et trois colonnes remployées sur la droite (images 4, 5 et 6). Le chœur, complété par une abside voûtée en croisée d'ogives, donne entrée sur la droite à la chapelle et à la Catacombe de Sainte Victoire, noyaux antiques de l'établissement du culte ad corpus (images 7, 8 et 9). [...]

[...] La distinction des phases de construction n'est pas encore exempte d'incertitude. [...] Pour ce qui nous intéresse, le moment fondamental doit être celui durant lequel - au milieu du XIIesiècle - l'évêque Dodon réalisa une campagne de restructuration radicale dont témoignent encore aujourd'hui la pierre insérée dans le mur à l'entrée de la catacombe [...], et une autre placée dans le pilier à droite de l'arc triomphal. [...] »

L'auteure poursuit son étude avec une menue description des œuvres d'art (fresques ou sculptures), principalement situées sur la façade Ouest et l'ouvrage qui la précède. Nous ne disposons malheureusement pas des images correspondantes à son discours.


Il ressort de l'étude faite par Serena Romano que cette église recèlerait beaucoup de restes antiques : des vestiges en pierre, mais aussi des vestiges humains, des reliques de saints. Il est possible que l'on soit en présence d'une ancienne basilique sépulcrale principalement destinée à recevoir les sarcophages des personnages importants. Ultérieurement, vers le VIeou VIIesiècle, la pratique d'enterrer à l'intérieur des églises au plus près du sanctuaire a été interdite par les conciles.

Il nous est difficile d'abonder dans le sens de Mme Romano. Non qu'elle ait tort. Il est fort possible que la partie qui semble l'intéresser le plus, la façade Ouest, date du milieu du XIIesiècle. N'ayant pas les images, nous ne sommes pas en état d'émettre un jugement. Non!  C'est son raisonnement qui nous gêne un peu. De la traduction des deux pierres dont elle parle, l'une datée de 1156, l'autre de 1171, elle déduit une « restructuration radicale » effectuée entre ces deux dates. La déduction ne serait-elle pas un peu hâtive ? Les deux pierres concernées célèbrent une consécration d'autel pour la première et une dédicace de l'église pour la seconde, opérations qui ne nécessitent pas de lourdes constructions. En fait, on doit considérer ces poses de pierres de consécration ou de dédicaces d'églises un peu comme nos cérémonies actuelles de poses de plaques commémoratives : l'occasion pour un haut personnage de s'inscrire dans une action prestigieuse à laquelle lui-même n'a pas participé.

Nous pensons que la nef primitive était à trois vaisseaux. Les deux colonnades (de gauche et de droite) auraient remplacé les colonnades primitives. Celle de droite
(colonnade Sud) serait la plus ancienne.

Cette colonnade se développait jusqu'à l'abside. Il en reste une colonne insérée dans le mur gouttereau Sud du vaisseau principal (images 8 et 9).

Comment se présentait la colonnade primitivement ? Il est possible que cette olonnade primitive ait été faite en bois. Un peu comme pour les maisons à pans de bois du XVesiècle dont la partie supérieure est portée par des piliers de bois. Au fur et à mesure du temps, les piliers de bois auraient été remplacés par des colonnes de pierre. Ce qui expliquerait le fait que ces colonnes soient dépareillées.


Datation envisagée pour le sanctuaire de Santa Vittoria de Monteleone (édifice primitif) : an 600 avec un écart de 200 ans.