L'église Santa Maria Assunta de Fianello 

• Italie    • Latium    • Article précédent    • Article suivant    


Nous n'avons pas visité cette église. Les images ci-après sont extraites d'Internet.

Ce monument a fait l'objet d'une monographie succincte écrite par Enrico Parlato ou Serena Romano dans le livre « Rome et Latium romans » de la Collection Zodiaque. En voici un extrait :  « L'édifice ... semble un agglomérat de constructions et de phases non encore clarifié (image 1). Il s'agit d'une église à une seule nef
(image 2), avec abside et crypte (images 3 et 4), à laquelle, à l'Est, du côté droit, est adossée à un niveau plus élevé, une seconde nef plus courte prenant appui sur une structure peut-être destinée à constituer un ossuaire communiquant avec la crypte (images 10, 11 et 12). Il s'agit d'une bâtisse sans cohérence avec la nef voisine, fusionnée avec celle-ci d'une façon très anormale. Sans doute la nef gauche est-elle plus tardive. [...]

Le décor externe de l'abside - corniche sur modillons - et la crypte sont des parties que l'on peut; avec le plus de sécurité, dater du XIIesiècle. [...] »

La dernière phrase proposant une datation du XIIesiècle ne nous gêne absolument pas. Nous y sommes habitués : au jeu du lancer de 9 pions numérotés de 4 à 12 par les historiens de l'art du Moyen-Âge, c'est toujours le 12 qui sort.

Ne disposant pas d'un plan précis de cet ensemble, il nous est difficile d'émettre des hypothèses. Cependant, il en est une que nous envisageons sérieusement. Il est possible que la nef de l'église primitive ait été constituée de trois vaisseaux. De cette nef, ne subsisterait que le vaisseau principal et l'abside (image 2). Plusieurs considérations militent en faveur de cette hypothèse. Il y a d'abord la dédicace de l'église à la Vierge Marie qui fait envisager que cette église a pu être une cathédrale à l'époque paléochrétienne (les évêques étaient responsables de petites communautés donc nombreux, comme nos curés actuels,). De plus, il existe un trône épiscopal placé au fond de l'abside comme dans les premières églises chrétiennes (image 6). Jusqu'à présent, toutes les églises paléochrétiennes que nous connaissons sont à nefs triples ou quintuples. Et ce n'est qu'à une date relativement récente (,après l'an mille,) que l'on aurait commencé à construire des nefs uniques de dimensions analogues à celle-ci.

Deux autres indices liés à l'architecture doivent être aussi pris en compte. Toutes concernent l'image 2. On y voit sur le mur Nord, à gauche de l'abside, deux arcs en partie portés par un pilier intermédiaire. Bien que les baies protégées par ces deux arcs soient actuellement des fenêtres, elles sont trop proches l'une de l'autre pour avoir eu initialement cette fonction. On songe aussi à l'ouverture d'un bras de transept, mais dans un tel cas, il y aurait un seul arc de plus grandes dimesions que chacun des arcs précédents. Le pilier, les deux arcs et la cloison qu'ils portent pourraient être les restes du mur de séparation entre le vaisseau central et le collatéral Nord. Le deuxième indice se situerait dans la rupture de l'arc absidal, en haut et à droite de celui-ci. Le déplacement très net de la maçonnerie en cet endroit induit à envisager un incident majeur dans la construction, peut-être à la suite d'un tremblement de terre. Dans un tel cas, on réalise des travaux en urgence de façon à maintenir les structures encore debout. Ces mesures d'urgence pourraient être le remplacement du collatéral Sud effondré par le deuxième bâtiment dont il est ici question.


En conséquence, la partie la plus ancienne de l'édifice pourrait ne pas être la crypte mais l'abside. Commme nous l'avons constaté à de nombreuses reprises, les cryptes peuvent être des créations plus tardives que les édifices dans lesquels elles sont insérées (c'est ce qui arrive de nos jours quand, dans une pièce trop haute, on crée une mezzanine).

Dans le cas présent, le trône épiscopal qui devait primitivement se trouver dans la partie inférieure, aurait été installé dans la partie supérieure, sur la verticale de son emplacement primitif (image 6). La plaque de marbre formant accoudoir de ce trône est gravée de volutes de feuillages et d'une croix pattée. Le trône pourrait bien être une création ostrogothe (image 7).

Les chapiteaux de la crypte semblent bien être de remploi (images 3, 4 et 5). Cela étant, lorsqu'on a dit cela, on n'a rien dit car il faudrait normalement savoir d'où ils sont issus.

À noter sur l'image 5 un chapiteau « à feuilles dressées ». Le fait qu'il soit de remploi dans une crypte romane fait envisager que ce type de chapiteaux, fréquemment rencontré, pourrait être préroman.

Un fragment de dallage datant probablement de l'Antiquité porte une croix à entrelacs : le Sceau de Salomon (image 6).

Notons enfin que l'église est décorée de belles fresques malheureusement dégradées (images 8, 10, 11, 12).


Datation envisagée pour l'église Santa Maria Assunta de Fianello (église primitive réduite à l'abside, datation en fonction du trône épiscopal) : an 450 avec un écart de 200 ans.