La chiesa di San Nicolas di Trullas de Semestene
Nous n'avons pas visité cette église.
Les images ci-dessous sont extraites des galeries
d'Internet.
La page du site Internet Wikipédia relative à cette église
nous apprend ceci :
« Historique : L’église
a été construite par la famille des majorales de l’Athènes
de Pozzomaggior, appartenant à l'aristocratie judicale qui
en fit don aux moines bénédictins de la Congrégation des
Camaldules. L’acte de donation a été signé par Pietro de
Athen le 29 octobre 1113, [...]
L’église
dépendait du diocèse de Sorres, jusqu’au 8 décembre 1503,
date à laquelle elle a été supprimée. [...]
Hypothèses contredites :
Alberto Boscolo avait supposé à tort que l’église avait
été construite au Xe siècle et qu’elle
rappelait en particulier l'église de San Giovanni Battista
in Trullo, érigée à Constantinople entre 919 et 944 et
caractérisée par la forme du dôme et celle de l’abside (le
mot trulla était
utilisé pour indiquer le dôme et, en conséquence, l’église
en forme de dôme). De plus, il avait également interprété,
comme preuve de la préexistence d’un monastère lié à la
règle de l'Église orientale, la référence, présente dans
l’acte de donation, à une extension d’un droit d’usage de
certaines structures aux “donnos heremitas”
qui y étaient présents (ci vi sunt como in su eremu et
hibi habent essere a vestara).
Lors des campagnes de fouilles des années 2000, les ruines
du monastère camaldule rattaché à l’église ont été mises
au jour. Dans le même contexte, la préexistence d’un
édifice gréco-byzantin, antérieur à l’église romane
actuelle, et dont tant de choses ont été fantasmées, a été
complètement exclue. »
Grâce à la vue par satellite de l'image
1, on
peut voir les restes des murs du monastère camaldule. On y
décèle une sorte de cloître avec au milieu une fontaine.
L'auteur du texte de Wikipédia n'est pas tendre avec
certains de ses prédécesseurs (dont probablement Alberto
Boscolo) qui auraient « fantasmé » sur cet édifice. Il est
vrai qu'à première vue, elle ne présente que peu de
ressemblance avec l'église San Giovanni Battista in Trullo
de Constantinople, hormis l'homonymie Trullo-Trullas. Cette
homonymie est peut-être tout à fait accidentelle, l'origine
du mot pouvant avoir dans un cas une signification autre que
celle de dôme. En tout cas, en ce qui concerne cette église,
nous avons de la difficulté à voir deux dômes dans les
voûtes d'arêtes de l'image
12, voûtes que, par ailleurs, nous datons du XIIIe
siècle, c'est à dire 3 à 4 siècles après le Xe
siècle proposé par Alberto Boscolo (mais pour lui, il devait
s'agir d'une église antérieure à celle-ci et différente de
celle-ci... que les fouilles n'ont pas trouvée).
Cette remarque n'empêche pas que l'église puisse dater du Xe
siècle : les voûtes d'arêtes ont pu être installées
postérieurement à la construction primitive. C'est
d'ailleurs probablement ce qui s'est passé. Si l'église a
fait l'objet d'un don en 1113, cela signifie qu'elle
existait avant cette date. Et donc il y a de fortes chances
qu'elle remonte au XIe siècle ou avant.
L'auteur du texte de Wikipédia n'est
donc pas tendre avec Alberto Boscolo. Mais il est dommage
qu'il s'arrête à cette critique. Car on doit se poser la
question : qu'est-ce qui a pu inciter Alberto Boscolo à «
fantasmer » sur le sujet ? Car, à première vue, cette église
ressemble à beaucoup d'autres.
Nous pensons qu'il y a deux raisons à cela : le texte de la
donation et les bas-reliefs de la façade Ouest. Le texte de
la donation fait état de la présence d'ermites sur le site
et, si notre traduction est bonne, « qu'ils puissent s'y
installer ». En ce qui concerne les bas-reliefs de la façade
Ouest, que nous étudierons un peu plus loin, leur décor à
accents barbares apparaît préroman.
L'image 4 est
celle de la façade Ouest. Une arcature de 5 arcades occupe
l'étage supérieur (image 5).
Les trois arcades de droite se trouvent sur l'image
6. Sur l'image 7, on peut voir la
deuxième arcade (à partir de la gauche) de l'arcature. La
partie supérieure de cette arcade est visible sur l'image
8 (remarquer, au-dessus de l'intersection des
arcs, les cavités circulaires où on insère des coupelles).
Et sur l'image 9, on peut voir la
partie située au milieu de l'arcature. Un bloc
quadrangulaire surplombe une cavité. Il est recouvert d'un
dessin incisé que nous n'avons pas réussi à décrypter. À
droite, une pierre est recouverte d'inscriptions.
Image 10 : Cet
oculus se trouve au centre de la 3e arcade. Lui
aussi est recouvert de dessins étranges. Il en est de même
pour la pierre de droite.
Image 11 : Ce
linteau échancré se trouve sur une fenêtre de la façade
Nord. Il est décoré d'entrelacs. Il ne s'agit pas de
l'entrelacs dit « carolingien », structuré et répétitif,
mais d'un entrelacs formé d'un ensemble d'éléments
structurés mais non répétitif.
Ces décors sont selon nous préromans d'inspiration barbare.
Il ne faut cependant pas en déduire que toute l'église est
préromane, les pierres pouvant provenir d'un autre monument.
Il reste cependant une question : pourquoi ces pierres
trouées ? Nous avons peut-être la réponse. Une réponse que
nous avions envisagée pour une situation analogue dans
l'église de Saramon dans le Gers. L'étage supérieur de
l’église devait être occupé par des ermites, dont le seul
contact avec l'extérieur s'établissait à travers les trous
ménagés dans le mur.
Datation
envisagée pou la chiesa di San Nicolas di Trullas
de Semestene : an 1075 avec un écart de 75 ans.