La basilique paléochrétienne et la basilique Santa Maria Maggiore de Siponto  

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Nous avons effectué une visite rapide de cette basilique Santa Maria Maggiore en avril 2015, mais nous n'avons pas pu accéder à l'intérieur. Des images de cette page ont été prises lors de cette visite. Les autres images sont issues des galeries d'Internet.


Selon la page du site Internet Wikipédia relative à cette église (extraits) :

« La basilique de Siponto [...] est un édifice religieux situé sur la commune de Manfredonia (autrefois Siponto.). [...]

Ancienne cathédrale de Siponto, elle [...] est dédiée à la Vierge Marie de Siponto et est un bel exemple de l'art roman des Pouilles.

À gauche de l'édifice, ont été découverts en 1935-1937 les vestiges d'une basilique paléochrétienne à trois nefs avec une abside semi-circulaire et un sol en mosaïque
. »

Lors de notre visite trop rapide, nous n'avions pas eu connaissance de l'existence de ces vestiges archéologiques. Et la structure métallique destinée à les mettre en valeur n'avait pas encore été mise en place. Nous avons donc eu la surprise de la découvrir en rédigeant cet article.



La basilique paléochrétienne de Siponto (images de 1 à 7)

Lisons donc la suite de la page de Wikipédia :

« Reconstitution artistique de la basilique paléochrétienne

En 2016, s'est concrétisé un projet à la demande du Ministère Italien de la culture et du patrimoine et du Bureau archéologique des Pouilles, visant à édifier une structure en treillis métallique sur l'emplacement des ruines de la basilique de sorte que soit reconstituée la basilique paléochrétienne dans ses proportions d'origine. D'une hauteur de 14 mètres et pesant 7 tonnes, l’œuvre est une réalisation de l'artiste Edoardo Tresoldi, intitulée “
Dove l'arte ricostruisce il tempo” (“Où l'art reconstruit le temps”). Le résultat donne à voir aux visiteurs une œuvre architecturale hybride unissant ruine, site archéologique, et ouvrage artistique, inaugurée le 12 mars 2016. »

Cette œuvre est visible sur les images 2, 3, 4, 5 et 7. L'image 6 est une vue-satellite permettant de voir l'état des fouilles avant la construction du treillis métallique. Le plan obtenu est celui d'une église à nef à trois vaisseaux prolongée d'une seule abside semi-circulaire.

Nous remarquons sur l'image 5 que l'artiste a conçu sans doute avec l'accord des archéologues des piliers de type R1010. C'est à dire des piliers à plan rectangulaire sur lesquels ont été accolées sur les faces Est et Ouest des colonnes à plan demi-circulaire portant des chapiteaux. Ces chapiteaux devaient porter les arcs en plein cintre reliant les piliers. Nous pensons que si cette structure en treillis est bien à l'image de la réalité archéologique, alors nous ne sommes pas en présence d'une église paléochrétienne mais d'une époque un peu plus tardive (si on estime que la période paléochrétienne ne dépasse pas le IVe siècle). Quoiqu'il en soit, l'idée de construire une telle structure, à la fois éducative et artistique, est excellente.

Datation envisagée pour la basilique paléochrétienne de Siponto : an 500 avec un écart de 200 ans.




La basilique Santa Maria Maggiore de Siponto

Poursuivons la lecture de la page du site Internet Wikipédia :

« Description : L'édifice, constitué de deux églises superposées, de facture très sobre, est construit selon un plan carré d'environ 18 mètres de côté. L'église supérieure est la basilique ; elle est construite sur des fondations d'époque romaine, au XIe siècle, et fut profondément réaménagée au XIIIe siècle, en changeant, entre autres, l'orientation d'origine. [...] 

Intérieur : La basilique (église supérieure)

L'intérieur, restauré en 1975, présente au sol un quadrilatère avec une zone centrale délimitée par quatre piliers, associée à des arcs brisés sur lesquels s'élève une coupole à arc surbaissé, couronnée par un lanterneau à huit petites arcatures. Les parois conservent, sur trois côtés, la décoration originale d'arcades aveugles, selon des schémas similaires à ceux des églises arméniennes et d'Asie Mineure. Le maître-autel est composé d'un sarcophage byzantin. Au-dessus, figure une copie de la Maria Santissima di Siponto, du Ve siècle, dont l'original est conservé dans la cathédrale de Manfredonia
(image 14). »


L’orientation des églises

Nous avouons avoir été un peu désorientés en analysant les images de cette basilique. L'abside visible sur la façade de droite sur l'image 7 ne pouvait être selon nous qu'à l'Est et il a fallu un examen détaillé de la vue par satellite (image 2) et d'une vue aérienne (image 6) pour retrouver cette orientation. L'intérêt de disposer d'une vue par satellite est de fournir immédiatement une orientation de l'ensemble car le Nord est en haut de l'image. En conséquence, l'orientation principale des églises, l'Est, se situe à droite dans une vue-satellite. Mais cette orientation vers l'Est des églises n'est pas parfaite. Elle s'écarte souvent de plus d'un degré par rapport à la direction idéale.

En ce qui concerne la basilique paléochrétienne, nous avons pu mesurer cet écart sur l'image 2 : 44° par rapport à la direction de l'Est. Sachant que la direction Nord-Est est à 45°, nous en déduisons que la direction de cette basilique n'est pas Est mais Nord-Est. Ceci soulève déjà une question. Car nous sommes à peu près certains que cette orientation à mi-chemin entre le Nord et l'Est n'est pas le résultat d'une maladresse ou d'un pur hasard, mais qu'elle est intentionnelle. Quelle était donc cette intention ?

On déduit de cette observation que la façade de l'image est située au Nord-Ouest, la façade de droite de l'image 7 est située au Sud-Est, la façade de droite de l'image 8, au Sud-Ouest et la façade de l'image 9, au Nord-Ouest.

On constate que la basilique Santa Maria Maggiore est placée exactement dans l'axe de la basilique paléochrétienne, ce qui suggère un lien entre les deux. Le chevet de la basilique paléochrétienne étant au Nord-Est, il en a dû être de même pour celui de la basilique Santa Maria (dans sa forme primitive). Ultérieurement (selon le texte ci-dessus mais nous sommes convaincus que c'est bien ce qui s'est passé), l'orientation aurait été changée et un nouveau chevet aurait été construit au Sud-Est (image 7). Les orientations des images de l'intérieur sont donc les suivantes : Sud-Est pour l'image 11, Est pour l'image 12, Sud pour l'image 13.

Il est regrettable que nous n'ayons pas de plan au sol détaillé de la basilique Santa Maria. Les vues aériennes font envisager un édifice à plan centré de forme carrée. Mais on ne comprend pas la présence d'une abside sur la façade Sud-Ouest. Il en existe bien une sur la façade Sud-Est mais elle est différente. Si l'édifice était réellement à plan centré, il y aurait 4 absides identiques (ou à la limite, 3, l'entrée ne pouvant être située dans une abside).

Il existe une autre possibilité : c'est qu'à l'origine, la basilique paléochrétienne ait été plus longue et que l'église actuelle Santa Maria ait été une partie (la partie Sud-Ouest) de cette basilique. À l'occasion d'un événement (incendie ? tremblement de terre ? destruction délibérée ?), la partie Nord-Est aurait été détruite puis abandonnée. La partie Sud-Ouest préservée aurait été maladroitement restaurée et c'est alors qu'on aurait décidé le changement d'orientation.



L'église basse ou crypte


Selon la page du site Internet Wikipédia relative à cette église (extraits) :

« Intérieur : L'église basse ou crypte.  L'église basse, du Xe siècle, dite aussi crypte - à laquelle on accède depuis un escalier extérieur - est constituée de voûtes d'arêtes supportées par seize colonnes de marbre, ainsi que par quatre énormes piliers qui assurent la stabilité de la structure entière. Elle abrite aussi la copie (original conservé à la cathédrale) d'une statue en bois polychrome dite “La Sipontina” ou “Madonna dagli occhi sbarrati” (“Vierge aux yeux écarquillés”) du VIe siècle, d'origine byzantine et qui est la première Vierge vénérée à Siponto  (image 18). »

Les 4 énormes piliers cylindriques dont deux sont visibles sur les images 15, 16 et 17 supportent les piliers quadrangulaires de la nef (image 13). Ces piliers portent à leur tour des arcs brisés. On peut estimer que ces arcs brisés datent du XIIIe siècle, et à la même date, l'installation des énormes piliers de la crypte. Mais ceux-ci ont pu être édifiés dans une crypte déjà construite.

Remarquer les deux représentations de la vierge. Nous sommes seulement interrogatifs sur leurs datations, du Ve siècle pour la première (image 14), du VIe siècle pour la seconde (image 18).


Datation

Cette datation est délicate. Les façades et leurs ouvertures (images 7, 8, 9, 10) sont caractéristiques d'un art roman tardif (seconde moitié du XIIe siècle). La coupole centrale, d'un art gothique (XIIIe siècle). Mais tout cela a pu être réalisé dans un cadre construit longtemps auparavant (avant le changement d'orientation).

Datation envisagée pour la basilique Santa Maria Maggiore de Siponto : an 850 avec un écart de 200 ans.