L'église Santa Maria de San Nicola di Tremiti 

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Nous n'avons pas visité cette église. Les images de cette page proviennent d'Internet.

Selon la page du site Internet Wikipédia relative à cette église (extraits) :

« Le sanctuaire de Santa Maria a Mare [...]

L’abbaye est un monument du proto-roman adriatique, qui intègre les traits de la tradition du nord-ouest de l’Europe avec ceux de la culture byzantine et méditerranéenne.

Origines légendaires : Les origines de l’église se concentrent sur une légende dont il existe plusieurs versions, qui ont toutes, cependant, comme protagoniste un ermite débarqué sur l’île de San Nicola au IIIe siècle après J.-C
[...] ».

Le texte de Wikipédia décrit abondamment cette légende : la Vierge Marie est apparue à cet ermite qui venait de débarquer et lui a ordonné de construire une église à son nom. L'ermite étant trop pauvre pour construire cette église, la Vierge Marie lui a indiqué l'emplacement d''un trésor. Grâce à ce trésor, l'ermite a pu faire venir de Constantinople les matériaux pour construire l'église. La communauté de cénobites qui s'était créée autour de l'ermite s'est développée et a perduré. Elle a été remplacée plusieurs siècles après par une communauté de bénédictins : « La Chronique poursuit en disant qu’après environ six siècles, les quelques ermites restés sur l’île étaient tous très vieux, et les moines de l'Ordre de Saint-Benoît ont pris conscience des merveilles du lieu, et désireux d’ouvrir leur propre monastère dans un endroit si solitaire et propice à la vie ascétique, ont remplacé les quelques ermites restants avec l’approbation papale. »

Commençons par étudier cette légende. La plupart des spécialistes ont tendance à négliger les légendes, les jugeant fausses. Nous pensons le contraire ! La plupart des légendes racontent une histoire vraie. Mais une histoire qui ayant été répétée » de bouche à oreille » a fini par être déformée. Et parmi les diverses versions qui se sont succédé, on n'a retenu que celles qui sortaient de l'ordinaire, le merveilleux. Il est bien sûr difficile de savoir ce qui s'est réellement passé. Prenons le risque d'une hypothèse : les byzantins qui voulaient s'implanter sur la côte Est de l'Italie se sont installés sur l'île de Tremiti, peut-être après avoir négocié avec une communauté de moines premiers occupants du lieu. Ils auraient aidé cette communauté à développer le monastère et à construire l'église. Plus tard, cette aide des byzantins a pu passer pour de la collaboration avec un peuple détesté par les populations locales et ainsi devenir gênante. Il fallait donc une intervention miraculeuse pour expliquer la construction de l'église.

Le texte continue : « Ce qui est certain, c'est qu'au XIe siècle, le complexe abbatial a atteint son apogée, grâce à Saint Adam, abbé, qui s’est personnellement rendu au Concile de Melfi pour obtenir la reconnaissance papale de l’indépendance de Termiti vis-à-vis de Montecassino, ainsi que l’augmentation des possessions et des richesses, ce qui a conduit à la reconstruction par l’abbé lui-même de l’église avec consécration en 1045 effectuée par l'évêque de Dragonara. »

Comme on l'a vu en de nombreuses autres occasions, ce texte révèle une confusion entre consécration et inauguration. Une consécration ne correspond pas à l'inauguration de fin de travaux. Le mot « consécration » est issu des mots latins « cum » et « sacrare ». Le rite de consécration consiste à célébrer que quelque chose est
« aussi sacré » qu'une autre chose (en général des reliques). Le « quelque chose » peut être un reliquaire, ou un autel, ou une partie d'église (la crypte par exemple), ou l'église elle-même. En conséquence, il peut y avoir plusieurs consécrations pour une même église, parfois des ré-consécrations d'un même objet (après une destruction ou une profanation).

Passons à l'étude de l'édifice ; les principaux éléments qui le caractérisent sont les suivants :

1. Sa nef est formée de trois vaisseaux. Le vaisseau central est charpenté. Nous n'avons pas d'image des vaisseaux secondaires (images 7 et 8).

2. Le vaisseau central est porté par des piliers rectangulaires de type R1011. Cependant, il semblerait bien qu'à l'origine les piliers étaient de type R1010. On leur aurait plus tard accolé, côté vaisseau central, des colonnes demi-cylindriques afin de porter des arcs permettant de renforcer les murs gouttereaux Nord et Sud. Le profil ainsi obtenu des piliers serait donc devenu de type R1011.

3. Les arcs reliant les piliers sont à un seul rouleau.

4. Le vaisseau central est haut et une galerie (ou triforium) court au-dessus des collatéraux.

5. Il existe un transept haut, non débordant.

6. Le chevet est plat. Les absides, non apparentes, sont insérées dans le bâtiment, à plan rectangulaire (image 6).

Ces éléments sont caractéristiques d'un modèle spécifique à la région des Pouilles. Il semblerait cependant que cet édifice soit antérieur à San Nicola de Bari (arcs à un seul rouleau).

Remarquer la très belle mosaïque de la nef (images 7, 8 et 9).


Datation envisagée pour l'église Santa Maria de San Nicola di Tremiti : an 850 avec un écart de 150 ans.