Le prieuré de Marcevol à Arboussols 

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Au sujet de ce prieuré, voici ce que nous apprend la page du site Internet Wikipedia qui lui est consacrée : « Historique : En 1129, l'église Sainte Marie de Marcevol est donnée à l'ordre canonial régulier du Saint-Sépulcre par l'évêque d'Elne. Le prieuré est la seule dépendance de cet ordre en Roussillon. Il est alors reconstruit, comme l'atteste un testament en date de 1142 qui mentionne les travaux alors en cours sur l'édifice.

Le séisme de 1428, qui fit de nombreux dégâts en Catalogne, endommagea une grande partie des bâtiments monastiques, dont la reconstruction fut entreprise dans les années qui suivirent.


Architecture : L'église priorale, construite au cours du XIIesiècle, a été gravement endommagée lors du tremblement de terre de 1428. Des réparations furent réalisées à la toute fin du XVesiècle (1496), avec la reconstruction de la voûte de la nef et du collatéral nord.

L'édifice s'organise donc aujourd'hui en trois vaisseaux : le collatéral sud et la nef centrale d'une part, et le collatéral nord d'autre part. Celui-ci, reconstruit en 1496, fut subdivisé en chapelles communiquant entre elles par des ouvertures ménagées à cet effet. Il a perdu son absidiole, ce qui fait que le chevet ne compte plus que l'absidiole méridionale et l'abside majeure. Du décor intérieur, il ne reste qu'un bénitier roman monolithe, un fragment sculpté d'un autre, et la fresque représentant le Christ en Majesté dans l'absidiole sud. La petite chapelle (romane) du hameau, Sainte-Marie-des-Grades, conserve des éléments du retable du maître autel d'époque gothique du prieuré, remontés dans son abside. La façade occidentale est remarquable par sa sobriété et sa « muralité », toutes deux brisées par le portail principal (linteau fissuré par le tremblement de terre de 1428) et la fenêtre centrale en marbre rose. Elle est dominée par un clocher-mur asymétrique comprenant 4 baies (il en comportait sans doute 6 à l'origine, même si rien ne permet de l'affirmer). La partie supérieure gauche de la façade est partiellement effondrée. Également, on peut observer des peintures romanes sur le portail
. »


Le texte précédent est susceptible de nous induire en erreur. En effet, nous apprenons d'une part qu'une église Sainte-Marie existait en 1129. D'autre part, que le prieuré (dont fait partie l'église) a été reconstruit à partir de cette date « comme l'atteste un testament en date de 1142 qui mentionne les travaux alors en cours sur l'édifice. ».
On sait donc qu'une église existait en 1129 et que des travaux sont en cours en 1142. Mais qu'est ce qui prouve que l'église a été reconstruite entre 1129 et 1142 ? Les travaux effectués peuvent être des simples travaux de maintenance. Ou de construction d'un autre bâtiment que l'église. Entendons-nous bien ! Il est possible que l'église et le reste du prieuré aient été détruits en 1129 pour être reconstruits après entre 1129 et 1142. Il est même possible que l'acte de 1142 fasse état de cette opération de destruction-reconstruction. Mais ce qui nous gêne dans ce discours, c'est son côté récurrent. Car on le retrouve en de nombreuses occasions. : une église existe à telle date. Cinquante ans plus tard, un acte mentionne des travaux sur cette église. On en déduit aussitôt qu'entre-temps l'église a été détruite et remplacée par une autre. Et il ne vient à l'idée de personne que l'église a été préservée.

Venons-en à l'étude de cette église. La façade occidentale (image 1) a visiblement été récemment restaurée. Le chevet (image 2) présente un décor d'arcatures. Nous estimons que les arcatures lombardes ont perduré pendant plusieurs siècles. Il y aurait au moins deux générations d'arcatures. Le modèle que nous avons ici serait à la jonction des deux. Nous pensons qu'il est bien antérieur à 1142.

Le site Internet nous apprend que la nef est à trois vaisseaux. Nous ne disposons que d'une image pour le vérifier (image 3). Malheureusement, cette image ne donne pas suffisamment d'informations sur le type de piliers ou d'arcs. Cette nef nous semble archaïque. Du moins à sa base car les voûtes ont été probablement installées à une période relativement récente. Datation envisagée, mais en attente de vérifications : an 800 avec une écart de 200 ans.

La seule datation que nous pouvons proposer est celle des arcatures lombardes du chevet : an 1025 avec un écart de plus de 100 ans.

Remarquer la belle fresque de l'abside (images 4 et 5). Nous pensons que cette fresque est préromane. Elle s'apparente à d'autres fresques situées de l'autre côté des Pyrénées. Mais nous n'avons pour le moment aucun document permettant de prouver qu'elle est bien préromane.