La chapelle San Quilico de Cambia (Haute-Corse) 

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Petite information concernant les églises de Corse

La Corse est une des régions de France que nous ne connaissons que très peu : un seul séjour d'une semaine, principalement consacré à des occupations familiales. En conséquence, les principaux renseignements ou images que nous avons sur les monuments de cette région sont issus de sites Internet. Lire la suite...



La chapelle San Quilico de Cambia

Nous n'avons pas visité cette église. Les images ci-après sont extraites de la galerie d'images de Google, composée à partir de divers sites Internet.

Selon une page de l'un d'entre eux, isula.corsica :  « L’église San Quilico se situe en aval du hameau éponyme de la commune de Cambia.
Réalisée au cours de la première moitié du XIIIe siècle, elle est à rapprocher de l’église Santa-Maria-de-Corsoli (autre hameau de Cambia), vraisemblablement édifiée à la même période.
»

La même datation de la première moitié du XIIIe siècle est proposée par la plupart des autres sites. Cette datation entre en léger conflit avec la datation de la seconde moitié du XIIe siècle proposée par les mêmes sites Internet pour l'église de La Trinita d'Aregno, étudiée dans la page précédente.

Une église qui pourtant ressemble par bien des aspects à celle-ci : nef unique charpentée prolongée par une abside semi-circulaire voûtée en cul-de-four, arcatures
« lombardes » de deuxième génération, appareillage en blocs rectangulaires très soigneusement taillés, sculpture d'homme nu accroupi (image 9).

En ce qui concerne La Trinita d'Aregno, nous avions émis l'hypothèse d'une construction en deux temps. Est-ce le cas concernant la présente église ? Certains détails de l'architecture posent question. Ainsi, examinons de plus près l'image 6 : le panneau central est occupé par un homme tenant dans sa main gauche un serpent et, dans sa main droite, un glaive. Il est surmonté par un arc décoré d'entrelacs. Remarquons tout d'abord que cet arc semble un peu trop neuf pour une sculpture exposée aux intempéries depuis le XIIIe siècle. Sans-doute est-il le résultat d'une restauration. Mais ce n'est pas trop gênant si la restauration est à l'identique. Plus important est, pour nous, le fait que l'arc est détaché au-dessus du linteau de la porte alors qu'il devrait être directement en contact avec ce linteau, comme c'est le cas pour tous les portails analogues à celui-ci. Ajoutons à cela que le bas-relief du tympan est une pierre rectangulaire qui ne couvre pas l'ensemble du demi-disque du tympan. Tout se passe comme si on avait voulu introduire ce bas-relief à l'intérieur d'un espace plus réduit, compris entre l'arc et le linteau. Dans ce cas, on a deux solutions : soit on remonte l'arc, soit on abaisse le linteau de façon à agrandir l'espace. Le linteau étant d'un style différent, c'est la seconde solution que nous proposons.

Une autre anomalie est détectée cette fois-ci sur l'image 7. Sur l'arc de décharge, le claveau situé à l’extrême gauche repose sur une pierre qui est directement en contact avec le linteau. Il devrait normalement reposer à plat ou avec un léger biseau orienté vers le centre de l'arc. Or, c'est le contraire : le net biseau est en sens inverse. Tout permet de penser que cette pierre est le reste d'un linteau en bâtière.

Voilà donc des indices qui permettent d'envisager que cette église pourrait être plus ancienne que le XIIIe siècle. Et, en conséquence, que les bas-reliefs de l'homme saisissant un serpent (image 6) et du Péché originel (image 7) pourraient aussi être plus anciens. Cependant, ces indices sont trop ténus pour forger une opinion.


Datation envisagée pour l 'église San Quilico de Cambia : an 1200 avec un écart de 50 ans.

Les indices relevés plus haut ainsi que d'autres à rechercher pourraient remettre en question cette datation.


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