La chapelle de Saint-Cado à Belz (Morbihan) 

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Le petit port de Saint Cado occupe un site très agréable (image 1). À marée haute, le village se transforme en une île accessible seulement par un pont étroit.


Étude architecturale


A priori son église ne devrait susciter qu’un médiocre intérêt (images 2 et 3). La façade occidentale est simplement décorée d’une porte Renaissance et le crépi qui couvre les murs empêche une lecture de l’édifice. Extérieurement elle s’apparente à beaucoup d’autres églises bretonnes construites du XVe au XVIIe siècle.


L’intérieur se révèle beaucoup plus intéressant. La nef se révèle être à trois vaisseaux. Ceux-ci sont charpentés (le vaisseau central est en forme de carène de bateau) sur piliers quadrangulaires. Les arcades reposent sur les piliers par l’intermédiaire d’impostes à chanfrein biseauté, débordant seulement en direction de l’intrados de l’arcade (voir l’image 8).

L’arc triomphal (image 4) est à double rouleau. Le rouleau inférieur semble légèrement outrepassé. Il repose sur deux chapiteaux au décor difficilement lisible. Celui de gauche (image 5) semble être décoré de chevrons. Mais c’est sa forme, presque cylindrique qui est intéressante. Elle apparaît en effet comme archaïque.

L’image 4 nous montre aussi l’abside (principale). Sa voûte en cul de four est en bois et non en pierre comme la plupart des voûtes du Moyen âge. La fenêtre axiale est entourée d’un cordon torique. L’abside est « allongée ». C’est-à-dire que la partie demi circulaire du chœur est précédée d’un avant chœur rectangulaire.



Les images 7 et 9 montrent qu’il existait des arcades à l’est des collatéraux. Bien qu’elles aient été retaillées en portes ou fenêtres, il est peu probable que c’était là leur usage primitif. Il y avait probablement deux absidioles de petite taille de part et d’autre de l’abside principale comme le montre le plan reconstitué de l’image 10. On voit sur le même plan que l’église primitive devait se prolonger à l’ouest : le mur actuel de la façade ouest a dû être installé au XVe ou XVIe siècle.



 Essai de datation


L’étude architecturale de cet édifice a permis de détecter un certains nombres d’éléments caractérisant une église du haut Moyen-âge : C’est une église à 3 vaisseaux charpentés. Les piliers sont rectangulaires à impostes à chanfrein orienté vers l’intrados. Il y a une forte probabilité d’existence d’absidioles. Tous ces éléments militent en faveur d’une grande ancienneté. Cependant, à l’inverse d’autres éléments militent en faveur d’une moins grande ancienneté. C’est le cas en particulier de la grande fenêtre axiale de l’abside. Mais cette fenêtre aurait pu avoir été percée ultérieurement en remplacement d’une autre fenêtre plus étroite.



Un panneau à l’entrée de l’édifice mentionne la légende de Saint Cado, moine irlandais venu s’installer dans ce pays au VIe siècle de notre ère. 

Cette légende est peut être vraie. La présence de moines celtes venus évangéliser les populations de l’ancienne Gaule est mentionnée par des textes  contemporains.

Cette église serait-elle l’ancien oratoire fondé par Saint Cado ? Cela est beaucoup moins sûr. En effet on doit pouvoir la dater de l’an 800 avec  un écart  estimé de 150 ans.  Ce qui donne la « fourchette » :  [650 ; 950], postérieure à la  mort  présumée de Saint Cado. La dite « fourchette » est très importante (susceptible d’ailleurs d’être erronée car il s’agit d’une fourchette de plus grande probabilité), mais, actuellement, il nous est difficile de faire mieux.


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