L'église Saint-Martin de Cinqueux 

• France    • Hauts-de-France    • Article précédent    • Article suivant   


Cette église était fermée au moment de notre visite. Seules les images de 1 à 5 ont été réalisées lors de cette visite. Les autres images sont extraites d'Internet.

La page du site Wikipédia relative à cette église est très complète. En voici des extraits en ce qui concerne la datation des parties les plus anciennes.

« Les origines : L'église de Cinqueux est placée sous le patronage de saint Martin. [...] Le village de Cinqueux entre dans l'histoire en 1060, quand le roi Philippe Ier donne tout ce qu'il possède à Cinqueux, Rosy et Verderonne à l'abbaye Saint-Lucien de Beauvais, et quand Anselin, fils de Foulcoie de Beauvais, donne les deux tiers des dîmes de Cinqueux au prieuré de Villiers-Saint-Sépulcre, qu'il vient de fonder en cette année. Amédée Beaudry (chanoine en 1910) ne croit pas que la paroisse de Cinqueux existe déjà en ce milieu du XI e siècle. Cependant, la construction de l'église commence une vingtaine d'années plus tard (voir le chapitre suivant). [...]

Les campagnes de construction de l'église. [...] En 1910, le chanoine Amédée Beaudry est le premier archéologue amateur à publier une étude plus détaillée sur l'église de Cinqueux. Il ne s'attarde toutefois pas sur les détails de la modénature, de la décoration et de la sculpture qui permettraient de dater les différentes parties de l'édifice, en faisant des rapprochements avec d'autres églises de la région qui présentent les mêmes particularités. Pour la nef et les bas-côtés, Beaudry envisage la période comprise entre 1090 et 1110, sans toutefois étayer cette hypothèse par des arguments. L'absence de chapiteaux au niveau des grandes arcades parle effectivement en faveur d'une date assez reculée, et comme il sera démontré plus tard, les ressemblances avec la nef de Rhuis, que Dominique Vermand date du milieu du XI e siècle, sont non négligeables. En même temps, des colonnettes à chapiteaux flanquent au moins une fenêtre, celle en haut du portail occidental, ce qui n'est pas le cas à Rhuis. La sculpture des chapiteaux rend possible une datation pour les années 1070, comme Danielle Valin-Johnson l'a établi pour des chapiteaux analogues du clocher-porche de Morienval. D'autres caractéristiques sont à prendre en compte pour la datation, comme les portails ou les cordons de billettes qui forment l'essentiel du décor extérieur. La façade de l'église de Rhuis en montre déjà une forme précurseur. Rien ne s'oppose donc, à la première vue, à un avancement de la date de construction jusqu'aux alentours de 1080. Selon Dominique Vermand, la dernière nef aux grandes arcades retombant sur de simples impostes moulurées serait celle de l'église de Trucy (Aisne), qui date du début du XII e siècle. »

Notre commentaire sur ce texte : Ami lecteur, nous vous invitons à cliquer à deux reprises sur le lien  « Article précédent » situé juste au dessus. Vous atteindrez sans problème la page consacrée à l'église Saint-Étienne de Beauvais. Regardez rapidement les images de l'intérieur de cette église, puis revenez sur la présente page pour vérifier la comparaison avec les images de l'intérieur de l'église Saint-Martin de Cinqueux. Est-ce que c'est la même chose ? Nous vous posons cette question parce que nous voyons des différences entre les deux nefs. En est-il de même pour vous ? Et il nous semble bien (mais surtout n'allez pas vous imaginer que nous sommes des spécialistes de la question) que la nef de Cinqueux pourrait être plus ancienne que celle de Saint-Étienne de Beauvais. Or nous apprenons par les commentaires issus de Wikipédia qu'elles seraient contemporaines : toutes deux aux alentours de l'an 1100. Et, qui plus est, à en croire la phrase « C'est donc non sans raison qu'Amédée Beaudry indique l'année 1110 comme date extrême de fin de la construction, mais globalement, il rajeunit trop l'église. », la nef de Cinqueux serait plus récente que le chœur de Saint-Étienne de Beauvais !

Mais faisons trêve de plaisanterie. À l'occasion de notre étude sur Saint-Étienne de Beauvais, nous avons émis des doutes sur une datation autour de l'an 1100 et préféré retarder cette date d'au moins 50 ans. Dans le cas présent, nous anticiperons de plusieurs siècles. Nous estimons en effet que la nef de Cinqueux est nettement moins évoluée que celle de Saint-Étienne, ne serait-ce que du fait de l'absence des voûtes.

Une autre phrase est aussi surprenante : « Pour la nef et les bas-côtés, Beaudry envisage la période comprise entre 1090 et 1110, sans toutefois étayer cette hypothèse par des arguments. ». La surprise vient du fait que, d'un simple coup d’œil, on soit capable de dater une architecture dans un intervalle de largeur 20 ans … et une architecture du Moyen-Âge. Ami lecteur, vous qui connaissez bien votre ville pour l’avoir traversée à de nombreuses reprises, seriez-vous capable de nous montrer toutes les maisons construites entre 1990 et 2010 ? Puis celles construites en 1890 et 1910 ?


Examinons à présent ce monument. Il est à plan basilical avec une nef à trois vaisseaux. Le vaisseau central est charpenté. Nous ignorons ce qu'il en est des deux autres. Les piliers porteurs du vaisseau central sont à section rectangulaire de type R0000. Les arcs reliant ces piliers sont simples (images 7, 8, 9, 10 ci-dessous).




Les impostes qui supportent ces arcs sont à chanfrein tourné vers l'intrados des arcs (images 11, 12, 13, 14, 15). Nous estimons que le pilier de type R0000 est marqueur du premier stade d'évolution des piliers à section rectangulaire (viendraient ensuite R1010, R1110 et enfin R1111). Les piliers de type R0000 peuvent être porteurs ou non d'impostes. Nous estimons que les impostes à chanfrein vers l’intrados font partie du dernier stade d'évolution d'impostes des piliers de type R0000.

Le motif sculpté des impostes est aussi signe d'une possible ancienneté : pointes de diamants pour les images 11 et 13, stries en zigzags pour l'image 12. Le motif d'ondulation (serpent ?) est nouveau pour nous (image 13). Bien que peu lisible, l'image 15 serait pour nous la plus intéressante : on y voit des oiseaux s'abreuvant à un vase. Est-ce la scène désormais classique dites des « oiseaux au canthare » ? Dans le cas présent, les oiseaux ne sont pas face à face mais successifs.


Datation envisagée pour l'église Saint-Martin de Cinqueux : an 900 avec un écart de 150 ans.