Autres monuments du Portugal susceptibles de dater du premier millénaire
Outre quelques restes romains (voir
ci-dessous le temple d’Evora), il existe au Portugal au
moins deux autres monuments signalés comme étant des
monuments préromans : São Pedro de Lourosa et São Gião de
Nazaré. Nous n’avons pas eu l’occasion de visiter ces deux
édifices et les images ont été recueillies sur Internet. En
conséquence, il ne nous a pas été possible de réaliser une
analyse détaillée et les renseignements que nous pouvons en
tirer ne peuvent être que parcellaires.
L’église
São Pedro de Lourosa
Ce serait la seule église « mozarabe » du Portugal.
Rappelons l’interprétation donnée au mot « mozarabe ». Selon
les historiens espagnols, à la suite de la Reconquista, des
chrétiens venus d’Andalousie imprégnés de culture arabe se
seraient installés dans les régions reprises aux arabes et y
auraient construit des églises ayant des caractères arabes
très distinctifs. Ces caractères distinctifs sont
principalement les arcs nettement outrepassés.
L’église São Pedro présente les mêmes caractères distinctifs
: c’est une basilique à trois nefs. La nef centrale est
portée par des piliers cylindriques soutenant des arcs en
plein cintre nettement outrepassés. Elle s’apparente à
d’autres églises situées en Castille-León, comme San Cebrián
de Mazote et San Miguel de Escalada, ou en Castille-La
Mancha avec bon nombre d’églises de Tolède.
Nous sommes partisans de ne pas appeler
« mozarabe » ce type d’église. Du moins pas dans le sens
qu’en donnent les historiens espagnols : des édifices ayant
subi l’influence de la culture arabe. Nous pensons que ce
sont des édifices wisigothiques dont la construction a dû
commencer avant la conquête arabe (et après l’abandon de
l’hérésie arienne par Reccarède) pour se poursuivre durant
les premiers siècles de l’occupation arabe, principalement à
Tolède. Nous pensons que la véritable influence se serait
faite en sens inverse. Ce serait le second âge de
l’architecture wisigothique manifesté dans les églises «
mozarabes » qui aurait inspiré l’architecture arabe. À moins
bien sûr qu’il y ait eu des influences réciproques. À cette
époque, la ville de Tolède devait être un véritable bouillon
de culture propice aux innovations.
Il faut noter que cette partie de la Péninsule Ibérique a
bien été sous contrôle des wisigoths jusqu’à la conquête
arabe du début du VIIIesiècle.
Datation estimée
: an 800 avec un écart de plus de 100 ans.
L’église
São Gião de Nazaré
Nous avons très peu d’informations sur cette église. Les
images ne permettent pas de préciser si elle est ou non
wisigothique. Il n’y a pas d’arc fortement outrepassé. Nous
aurions tendance à la considérer plutôt de la fin du Premier
Millénaire.
Le temple
romain d’Evora
Rappelons que nous avons prévu de ne pas inclure de monument
romain autre que les basiliques dans notre étude. Nous avons
dérogé à cette règle. Il y a deux raisons à cela. La
première était de montrer la grande diffusion à travers
l’Europe du modèle architectural romain. La seconde de faire
apparaître les différences entre d’un côté le modèle romain
et de l’autre le modèle roman. Ainsi, on constate dans les images 19 et 20 que la
largeur de l’architrave est plus petite que la largeur de la
partie supérieure du chapiteau qui la soutient. Dans le cas
roman, les largeurs sont égales. On constate aussi sur les
mêmes images qu’il n’y a pas de tailloir au-dessus des
chapiteaux. Les bases d’un temple romain (image
21) sont aussi très différentes des bases des
églises romanes. Les temples romains sont installés sur de
grandes terrasses aménagées. Ce n’est pas le cas des églises
romanes : murs et piliers sont installés sur de grandes
fondations non reliées entre elles.