L'ensemble épiscopal d'Osor et l'église Sainte-Marie
• Balkans • Article
précédent • Article
suivant
Nous n'avons pas visité le site de l'église Sainte-Marie. La
plupart des images de cette page sont extraites de galeries
d'Internet.
La page du site Internet Wikipédia consacrée au village
d'Osor nous apprend ceci :
« Histoire
Les premiers établissements de la région datent de la
préhistoire. À l’époque romaine, Osor, alors appelée
Apsoros,
désignait également l’ensemble de l’île de Lošinj, et
était un important centre commercial sur la route des
ports du nord de l’Adriatique. Après la chute de l'Empire
romain, Osor est devenu une partie de l'Empire byzantin et
a été le siège d'un diocèse depuis le VIe
siècle.
En 840, elle a été incendiée par les
Sarrasins; au Xe siècle, elle est
passée sous domination croate. Au XIVe
siècle, elle était sous la domination de la République
de Venise. À partir du XVe siècle, Osor a
perdu son importance stratégique et commerciale. En
raison de la malaria, elle a finalement été abandonnée
comme centre administratif de l’île au profit de la
ville de Cres.
Histoire
ecclésiastique
Évêché résidentiel
: L'évêché de ce qu’on appelait en latin
Absorus a
été fondé vers 600, peut-être dès le VIe
siècle, en tant que suffragant de l’archevêché
métropolitain de la province romaine tardive de Dalmatie
inférieure, de capitale Salona (plus tard de Split), mais
le premier évêque du siège dont le nom est connu était Dominicus
dans
le dernier tiers du IXe siècle. Il a également
été appelé Absor et Lusin.
Le
diocèse a été à partir de 1146 suffragant de
l’archidiocèse métropolitain de Zadar/Zara. Sa cathédrale,
l'église de l'Assomption, a été construite de 1463 à 1497.
La région a été prise par l'Empire Ottoman en 1621 et
tenue pendant une courte période, au cours de laquelle ses
chrétiens se sont rendus à Sibenik pour accomplir leur
devoir de confession et de communion pascale. Absorus
cessa
en 1828 d’être un siège résidentiel, lorsque son
territoire fut ajouté à celui du diocèse croate de Krk. »
Commentaires en rapport
avec ce texte
Il faut tout d'abord remarquer qu'actuellement,
l'agglomération d'Osor regrouperait environ 25 habitants.
Soit un tout petit village, alors que durant le premier
millénaire, ce devait être une ville assez importante. Il
reste de cette ville des témoins importants. Examinons la
carte de l'image 1.
Nous avons tout d'abord, en haut et à droite, les restes
d'une église dédiée à Sainte Catherine. Puis, toujours à
droite et au milieu, les vestiges d'un groupe épiscopal
paléochrétien. On distingue cinq absides dont celle de
l'église Sainte-Marie. Cet ensemble est étudié sue cette
page. Encore à droite et en bas, les restes d'une tour de
fortification de l'antiquité tardive. À l'extrême gauche et
le long du rivage, un trait noir continu marque les restes
de la muraille visible sur l'image
3. Un
autre trait noir, passant par le centre de l'image
représente la muraille vénitienne du XVe siècle.
Entre les deux traits, on peut voir dessiné en bleu et vert
le plan du monastère Saint-Pierre étudié dans une des pages
suivantes. À la verticale de ce monastère et en bas de
l'image, on repère la cathédrale Notre-Dame de l’Assomption
étudiée dans la page suivante. Enfin toujours en bas et à
l'extrême gauche, se trouvent les restes d'une autre église
dédiée à Sainte-Marie-des-Anges.
On peut tirer plusieurs conclusions de cette description. La
première met l'accent sur un nombre d'églises relativement
important pour un espace restreint. Le deuxième constat est
l'existence de trois églises dédiées à la Vierge Marie. On
pourrait en effet penser qu'il y a là un manque
d'inventivité au vu du nombre important de saints pouvant
assurer une dédicace. Le troisième constat est celui de la
présence de deux cathédrales. En effet, le groupe cathédral
signalé autour de l'église Sainte-Marie est un groupe
d'églises situées autour d'une cathédrale. Et cette
cathédrale est probablement l'église Sainte-Marie elle-même
ou l'église à l'emplacement même de l'église Sainte-Marie
bâtie ultérieurement sur ses fondations (comme nous le
verrons en ce qui concerne l'église Saint-Pierre). Nous
disons celà parce que nous avons constaté que de très
nombreuses cathédrales primitives étaient dédiées à
l'Assomption de Notre-Dame. C’est le cas de celle que nous
étudierons dans la page suivante. Ce pourrait être le cas de
celle-ci.
Comment expliquer qu'il ait pu y avoir deux cathédrales (et
peut-être même trois si on considère que l'église
Saint-Pierre a pu être elle-même une cathédrale) ? Il est
possible qu'il y ait eu une succession de cathédrales, une
cathédrale trop vétuste ou endommagée étant remplacée par
une autre construite en un autre lieu. Mais il est aussi
possible qu'il y ait eu plusieurs cathédrales fonctionnant
simultanément, chaque cathédrale étant adaptée à un public
différent (chrétien orthodoxe, hérétique arien, fidèle
latin, fidèle croate). La double appellation, « Absor
et Lusin
», pourrait donc traduire la dualité suivante, «
cathédrale de Absor » , et « cathédrale de Lusin ».
Les vestiges
paléochrétiens autour de l'église-Sainte Marie
On peut voir sur l'image 3
que les nefs et absides sont insérées dans un espace
rectangulaire. Le sanctuaire séparé de la nef par un grand
mur devait être surélevé. L'abside semi-circulaire devait
comme à la basilique pré-euphrasienne de Porec servir de
synthronon.
Datation
envisagée pour les vestiges paléochrétiens de
l'église Sainte-Marie : an 425 avec un écart de 75 ans.