La cathédrale Santa Maria Assunta de Melfi
Nous avons effectué une visite rapide de
ce monument. La majorité des images de cette page ont été
réalisées lors de cette visite.
Le campanile (images 1,
2, 3) se révèle d'un grand intérêt à cause des
décors des parties hautes des façades, en marquèterie
polychrome blanc et noir. Ces décors sont épurés. Ils sont
là pour souligner la séparation des étages et l'encadrement
des fenêtres. Deux représentations animales donnent un
caractère « figuratif » à ce décor autrement « abstrait » (image 3). À
gauche, un lion (image 4) fait face à un griffon (animal à corps de lion, bec
d'aigle et ailes d'oiseau : image
5). Ce type de représentation surprend. On ne le
retrouve pas dans l'art roman traditionnel que l'on peut
voir en France. Examinons de plus près le lion. On découvre
que ce n'est pas un lion mais un animal hybride dont la
queue est en fait un serpent. Les deux têtes, du serpent et
du lion, sont tournées l'une vers l'autre. La queue du
serpent se prolonge vers la queue du lion puis vers son
corps. Quant au griffon, on le retrouve plus fréquemment
dans l'art romain que dans l'art roman. Celui_ci porte une
sorte de crinière analogue à la coiffe d'un pharaon.
Il s'agit là d'un décor polychrome inusité inspiré sans
doute de l'art musulman. Les décorations polychromes sont
relativement fréquentes dans le Sud de la France jusqu'en
Auvergne (Velay). Mais ces décors polychromes ne sont pas
figuratifs. Nous les datons du XIeou XIIesiècle.
On en retrouve aussi en Sicile. Ces décors sont typiques
d'un art « barbare ». Il est difficile de définir lequel. Le
Sud de l'Italie a été occupé par les Goths. Peut-être aussi,
par les Vandales. Et de toute façon, il a dû y avoir des
peuples fédérés attirés par les Romains ou leurs successeurs
dans le territoire du Basilicate. On ne dispose pas de texte
racontant l'histoire de cette région avant l'an mill,e mais
cela ne signifie pas qu'elle n'a pas eu d'histoire.
Examinons à présent l'intérieur de
l'église. Il s'agit d'une église à nef triple. Les trois
vaisseaux sont charpentés. Les piliers porteurs du vaisseau
central sont à section rectangulaire de type R0000.
Les arcs reliant ces piliers sont simples. Cette église a
été récemment restaurée mais les maçons ont fait apparaître
les restes des anciens arcs (images
8 et 9). Nous pensons que les impostes ont été
refaites au cours de la restauration. Y avait-il des
impostes à l'origine ? Le modèle de référence est l'église
Sainte-Madeleine (ou bien Saint-Aphrodise) de Béziers,
estimée antérieure à l'an 800.
Datation
envisagée pour la cathédrale Santa Maria Assunta de
Melfi : an 750 avec un écart de 200 ans.